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Toutes les images présentes sur le site Groboz sont la propriété de leurs auteurs et éditeurs. Toutes ces reproductions sont présentées dans les buts d'informer, de partager et non dans un but commercial.
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JOURNAL

Le 27/11/17 à 14h00

Cheval et agriculture biologique !

Certes l’action de vermifuger garantit l’état physiologique de nos chevaux. Mais quelles sont les conséquences sur leurs capacités à lutter par eux-mêmes contre les infestations ? Notre désir louable de protéger nos chevaux nous dédouane-t-il de nos responsabilités à laisser à nos enfants des souches de chevaux résistants ? Ainsi, nous avons décidé de réaliser un protocole de deux ans de vermifugation bio (Symbiopole) dès le printemps 2016.

Conformément au protocole, nous venons de pratiquer plusieurs coproscopies avec la méthode quantitative à l’iodomercurate (numération au gramme). Les résultats sont mitigés et laissent apparaître dans un des groupe, un cheval « excréteur » avec un résultat positif (391 OPG) supérieur aux 200 OPG correspondant au seuil d’infestation déterminant la nécessité de traiter (Œufs de strongles digestifs).

L’œil de l’éleveur nous indique un état général du cheval « excréteur » identique à celui des chevaux « sains ». Le cheval « excréteur » est un cheval ayant une faible immunité naturelle contre les parasites internes. Il est intéressant de noter que cette jument destinée à la reproduction, a quitté Groboz pour une valorisation sur la discipline endurance (qualifiée sur 90 kms) entre janvier 2013 et janvier 2016.

Suite aux avis experts du laboratoire et de Symbiopole, il est décidé de vermifuger à nouveau l’ensemble des chevaux de tous les groupes et non le seul cheval « excréteur » positif. Nous mettons sur le compte d’un traitement différent de celui pratiqué à Groboz du cheval « excréteur » durant trois ans et du bon résultat du vermifuge BIO (Symbiopole) sur l’ensemble des autres chevaux, et nous décidons donc de ne pas changer de protocole en 2018 !

Nous ne manquerons pas de vous tenir informé de la suite du travail effectué à Groboz… Notre rapport de confiance avec les chevaux ne dépend que du respect à ne jamais trahir leur évolution millénaire. Cette sagesse nous permettra de transmettre à nos enfants cet idéal de cheval immergé dans son écosystème…

Coût et temps passé par an et par cheval :
Vermifuge classique (PANACURE/FUREXEL/STRONGID) : 30,00 € et 10 minutes
Vermifuge BIO (EQUINATURA) : 99,00 € et 40 minutes
Vermifuge BIO (SYMBIOPOLE) : 26,00 € et 50 minutes (évaluation revue)

 

Le 27/10/17 à 14h00

Le cheval et l’intégration dans un nouveau groupe !

A Groboz, nous reproduisons un écosystème autour du cheval. Ce laboratoire naturel nous permet de répondre à certains enjeux de société et de valoriser les qualités retrouvées du cheval sur les disciplines équestres. Pour autant, dans l’activité pensions, il nous est parfois demandé d’intégrer un cheval extérieur à l’élevage. Quel éleveur ne s’est pas posé la question : Comment vais-je procéder avec un cheval dont les conditions de vie ont été très éloignées de celles qu’il va vivre à présent ?

La nouvelle ponette a vécu en centre équestre, seule avec un poney Shetland. Elle doit intégrer un groupe structuré de quatre chevaux : une jument et un hongre en retraite et deux chevaux hongres dont les activités équestres les éloignent le temps d’un weekend du groupe et leurs confèrent un leadership alternatif durant l’absence de l’autre. Pour l’intégration de la ponette, Nadine reproduit le cas du groupe où le leader 2 est sorti pour une activité extérieure…

La ponette qui n’a jamais vécu dans un groupe de plusieurs chevaux fuit le groupe et provoque l’agacement du leader 1 qui perçoit cette fuite comme l’absence de codes hiérarchiques. Le leader 1 ne se contente pas d’ignorer l’intruse, mais la pourchasse à travers la prairie. Nadine expérimente alors un programme d’insertion sur quinze jours : La ponette et le leader 1 seront isolés durant une semaine, puis ce sera au leader 2 de séjourné avec la ponette, avant que les cinq chevaux soient réunis…

Après une demi-journée, le leader et la ponette deviennent inséparables dans une complicité de destin, vitale pour l’un et pour l’autre. Nadine tente de constituer le groupe final... Trop tôt ! le leader 1 regroupe nos deux retraités et laisse le leader 2 pourchasser notre ponette. Retour à la case départ, leader 1 plus ponette seront isolés durant une semaine dans la même prairie. Au bout d’une semaine, c’est au tour du leader 2 de séjourner avec la ponette et au leader 1 de retourner avec nos deux retraités.

Voilà ! au bout de deux semaine nous mélangeons les deux groupes… La ponette s’éloigne quelques heures puis se rapproche imperceptiblement dans l’indifférence générale. Le lendemain, les chevaux vivent dans une harmonie qui ne semble jamais les avoir quitté. Nous pouvons et devons laisser libre cours à la créativité du cheval et surtout lui permettre de se développer là où des directives sans libre choix et des pratiques d’élevage trop précautionneuses, l’auraient affaibli.

La question est de savoir si notre responsabilité d’acteur du monde du cheval, nous autorise à transmettre à nos enfants des chevaux fragilisés par des conditions de vie que nous leurs imposons ? Les rapports de confiance entre nous et les chevaux ne dépendent que du respect à ne jamais trahir leur évolution millénaire. Cette éducation que nous aurons eu la sagesse de nous imposer, n’aura d’égal que les succès communs qu’elle nous permettra d’obtenir…

 

Le 27/09/17 à 14h00

Leçon de cheval !

A Groboz, nous avons reconstitué un écosystème autour du cheval, un écosystème dont il fait pleinement partie. Nous lui permettons de vivre comme ses ancêtres ont toujours vécu. Accessoirement, nous nous procurons le bonheur de l’observer dans son milieu naturel et l’opportunité pour nous d’évoluer à son contact. Cette après-midi, Nadine poursuit le programme destiné à amener les poulains vers une carrière équestre ou d’élevage.

Ce programme est la prolongation de leur curiosité naturelle dans leur activité quotidienne et les jeux qu’ils pratiquent au sein du harem. Nadine suggère plus qu’elle n’impose. Cette après-midi, les chevaux se sont positionnés spontanément dans la stabulation qui est aussi leur lieu habituel de travail. Nous pouvons et devons laisser libre cours à la créativité du cheval et surtout lui permettre de se développer là où des directives sans libre choix et des pratiques d’élevage trop précautionneuses, l’auraient affaibli.

La question est de savoir si notre responsabilité d’acteur du monde du cheval, nous autorise à transmettre à nos enfants des chevaux fragilisés par des conditions de vie que nous leurs imposons ? Les rapports de confiance entre nous et les chevaux ne dépendent que du respect à ne jamais trahir leur évolution millénaire. Cette éducation que nous aurons eu la sagesse de nous imposer, n’aura d’égal que les succès communs qu’elle nous permettra d’obtenir…

 

Le 27/08/17 à 14h00

Leçon de cheval !

L’autre jour, l’embarquement des chevaux c’est mal passé ! Cà fait rager tout le monde… Car en plus du moment épidermique où rangé derrière ses certitudes, on voit toutes les erreurs de son voisin d’infortune, on se sent frustré de ne pas avoir tous les éléments de compréhension de la situation. Quel éleveur n’a pas rencontré cette situation et ne s’est pas posé la question : Pourquoi un cheval refuse-t-il de monter dans un van ? Ce n’est pas durant l’exploitation des chevaux avec ses contraintes de timing que l’on peut apporter des solutions. Par contre, c’est avec le recul qu’une équipe mise en difficulté, peut tenter d’analyser froidement la situation et d’y apporter des solutions durables.

Marie rappelle les trois cas qui peuvent générer chez le cheval un refus : l’incompréhension à cause de l’absence de leadership du demandeur, la peur vis-à-vis de l’absence de possibilité de fuite d’un environnement clos et inconnu, l’assimilation d’une action à une souffrance. Nadine note que Chakir qui était réticent à monter à l’aller ne l’était plus au retour et Ussam qui est monté à l’aller ne voulait plus monter au retour. Nous excluons d’emblée l’incompréhension vis-à-vis de la demande.

Pour Chakir, nous constatons que l’apprentissage d’un chargement à plusieurs chevaux n’a pas été anticiper. La règle d’or est de se servir de l’instinct de curiosité du cheval au cours des moments privilégiés de son apprentissage pour lui faire découvrir un maximum d’environnements différents. Pour Ussam, nous nous souvenons que les blocages à monter se produisent tout de suite après un épisode de souffrance, en l’occurrence ici avec l’utilisation d’un mors inadapté sur la première partie de l’Equirando. Marie nous fait remarquer que le barbe pardonne trop ! à nous de le mériter et de nous imposer en contrepartie une plus grande exigence vis-à-vis de nous-même pour penser comme un cheval…

 

Le 27/07/17 à 14h00

Vivre ensemble !

Au tout début de l’automne 2010, nous étions réunis à Groboz pour donner forme au festival des équitations du monde. Une idée m’était venue, j’avais demandé : pourquoi un festival des équitations du monde ? Je me souviens d’une des réponses, une réponse qui claqua comme une évidence : « Apporter une alternative aux enjeux de société par le brassage culturel ». Faut dire que nous venions de vivre un moment inoubliable dans les rues de Bourg, Ghafel harnaché en Fantasia avait évoqué cette culture au point d’attirer jusque sur le champ de foire des jeunes gens en quête d’identité…

Un projet professionnel m’a mis récemment en contact avec la fondation « VINCI pour la cité ». Je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec le rôle que nous devons donner au cheval : « Apporter une alternative aux enjeux de société par le brassage culturel ». Je ne sais pas si l’histoire se réécrit, le lendemain où je propose à l’AFCB le projet de mettre nos chevaux dans un quartier sensible d’Avignon, pour éveiller et drainer les consciences oubliées vers le salon « Cheval passion ». Une fusillade blesse huit personnes devant la mosquée Arrahma dans le quartier de la Grange d’Orel.

 

Le 27/06/17 à 14h00

Cheval et agriculture biologique !

Certes l’action de vermifuger garantit l’état physiologique de nos chevaux ! mais ne dégradons-nous pas leur capacité de lutter contre les infestations par eux-mêmes ? Notre désir louable de protéger nos chevaux, nous dédouane-t-il pour autant de notre responsabilité sur l’évolution des futures générations de chevaux ?

Au printemps 2016, nous avons décidé de partir sur un protocole de deux ans de vermifugation bio (Symbiopole) avec des tests de coproculture qui seront réalisés après dix-huit mois de traitement, soit pour nous à l’automne 2017.

Aujourd’hui après quinze mois de traitement, l’œil de l’éleveur observe un état général de tous les chevaux identique à celui que nous avions auparavant en traitement vermifuge classique issu de l’industrie chimique ! Nous ne manquerons pas de vous tenir informé des résultats de la coproculture…

Notre rapport de confiance avec les chevaux ne dépend que du respect à ne jamais trahir leur évolution millénaire. Cette sagesse nous permettra de transmettre à nos enfants ce bonheur issu de cette conception du cheval idéal…

Coût et temps passé par an et par cheval :
Vermifuge classique (PANACURE/FUREXEL/STRONGID) : 30,00 € et 10 minutes
Vermifuge BIO (EQUINATURA) : 99,00 € et 40 minutes
Vermifuge BIO (SYMBIOPOLE) : 26,00 € et 40 minutes

 

Le 27/05/17 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition du dimanche 21 mai 2017

ACTU BRESSE
VILLEMOTIER PATRIMOINE
L’Elevage de Groboz
fête ses 25 ans

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L’élevage de chevaux barbes à Groboz.
Photo Isabelle Gaillard

Ce que l’on fait n’a du sens que si on le transmet », estime Edmond Rovidati.
Jeudi prochain, le 25 mai 2017 marque les vingt-cinq ans de la naissance de El Feres, le premier poulain de l’élevage bressan de chevaux barbes. Edmond Rovidati à l’origine de l’élevage de Groboz, revient sur son histoire.
Pourquoi avoir créé cet élevage, il y maintenant un quart de siècle ?
« Petit, j’étais fasciné par les chevaux Comtois qui travaillaient la terre avec les hommes. Plus tard, je les ai moi-même utilisé. Puis je me suis intéressé aux chevaux barbes parce que je savais qu’ils auraient un rôle à jouer dans l’expansion du cheval de loisir. Et puis comme le cheval Comtois, le cheval barbe est un cheval rustique correspondant à ma conception de l’élevage »
Aujourd’hui quel est votre regard sur l’évolution du cheval ?
« En 1988, avec Jean Devaux et une poignée de passionnés, nous avons créé le premier Stud Book du cheval barbe avec l’Organisation Mondiale du Cheval Barbe et les Haras Nationaux. Il fallait institutionnaliser dès le début cette aventure pour mettre en lumière ce fantastique cheval. Nous avons recherché et formalisé les meilleurs juments à titre initiale, puis fait venir en France une sélection d’étalons Algériens. Etincelle la mère de El Feres fût la première championne de France à Paris devant une jument du chanteur Hugo Fray… »
Comment voyez-vous l’avenir du cheval barbe et de l’élevage de Groboz ?
« Le cheval barbe répondra aux enjeux de société dans la solidarité de destin avec l’homme, comme le cheval l’a toujours fait. Aujourd’hui l’élevage de Groboz continue de progressé dans la qualité de ses chevaux grâce au soucis permanant de conserver sa rusticité. D’ailleurs, Baligh de Groboz a remporté la troisième place aux championnats du monde en 2015 sur ce type de qualités. Et puis ce que l’on fait n’a du sens que si on le transmet… »

 

Le 27/04/17 à 14h00

Leçon de cheval !

La période s’annonce aventureuse à Groboz. Le groupe d’élevage est constitué de trois jeunes juments qui n’ont jamais pouliné. Dans un élevage en pleine nature, c’est l’occasion rêvée de découvrir le comportement du cheval à ce stade de sa vie.

Le matin, Camilla a fait un splendide poulain. L’attention qu’elle lui porte est palpable, mais va atteindre un paroxysme que nous n’aurions jamais imaginé… Il est l’heure de se mettre à table pour dîner, Nadine et Martin regardent les prairies depuis la maison, quand soudain…

Les trois juments dont Camilla remontent au galop, sans le poulain… Nous filons tous à leur rencontre… Camilla nous aperçoit, fait demi-tour et repart dans l’autre sens au galop… L’angoisse peu à peu nous gagne, nous accélérons le pas à sa poursuite…

Nous passons dans l’autre prairie et trouvons Camilla qui attend impuissante, le nez dans la haie qui surplombe un fossé… Nous nous approchons pour trouver le poulain en contre bas et enchevêtré dans les ronces… Nadine file chercher le matériel pour le dégager…

Je saute dans le fossé et parviens à atteindre les deux antérieurs que je pose sur le bord supérieur du fossé, en un bond le poulain s’extirpe de sa fâcheuse position… L’instinct maternel d’une jument la pousse-t-elle à développer des comportements autrement plus évolués que de veiller à ce que son poulain ne s’éloigne pas ?

 

Le 27/03/17 à 14h00

Chevaux sauvages et poulinage biannuel !

La nature généreuse de nos juments semble nous accorder la faveur de donner naissance à un poulain par an. Le printemps qui est aussi la saison du poulinage, est l’occasion pour l’éleveur de chevaux, de se poser la question : est-ce bien raisonnable de faire pouliner nos juments tous les ans ?

Il y a quelques années, pour préserver les juments, nous avons évoqué la possibilité de les faire pouliner un an sur deux. Dans un élevage « classique », les choix sont le résultat de considérations purement économiques. A Groboz, on s’est accordé la liberté de donner du sens à notre activité.

Nous permettons au cheval de développer les qualités propres aux chevaux sauvages, en respectant leur milieu naturel et en établissant des choix agronomiques innovants. Dans un élevage conduit en semi-liberté, nous reproduisons cette organisation fondamentale pour le développement du cheval, en nous inspirant de l’étude d’Emmanuel Théret sur les chevaux sauvages du Namib…

A l’état naturel, la moyenne se situe pour la jument à un poulinage tous les trois à cinq ans. Sachant que les juments portent en général le poulain de l’année suivante, le seul levier que nous activons jusqu’à présent, est le sevrage en décembre pour l’ensemble des poulains. Nous vous donnons rendez-vous en décembre pour connaître la nouvelle période ou non pour provoquer un sevrage artificiel ?

 

Le 27/01/17 à 14h00

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L’ACTU DE LA SEMAINE 
Hebdomadaire n°3677 – 13 janvier 2017

Des pionniers s’engagent dans
la responsabilité sociétale


La RSE est un bon moyen d’améliorer l’image de sa ferme et d’en tirer des bénéfices financiers

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Une dizaine d’agriculteurs aspire à améliorer la performance globale de leurs exploitations. Ils se lancent dans la RSE. A.DELEST
Quel est l’impact de mon exploitation et de mes produits sur l’environnement et sur mon territoire ? De ma gestion sur les salariés ? De mon image sur mes clients et mes fournisseurs ? Une poignée d’agriculteurs ont été réunis fin décembre par le cabinet comptable Exco Fiduciaire, membre du réseau AgirAgri, pour s’interroger sur leurs pratiques. Ces dirigeants cherchent à atteindre la « performance globale » de leur exploitation dont la responsabilité sociétale.
Et la RSE est un bon moyen d’y parvenir. Ce n’est pas une nouvelle certification avec un cahier des charges à respecter, mais une évaluation certifiée par une norme internationale : l’ISO 26 000. Elle évalue la démarche des entreprises autour de sept enjeux : la gouvernance, les droits de l’homme, les relations et les conditions de travail, l’environnement, la loyauté des pratiques, les consommateurs et le développement local.
« Chacun y vient pour des motivations différentes, relate Yann Chabin, docteur en gestion et expert RSE. Améliorer l’image de ses produits, fidéliser ses salariés, transmettre son entreprise, convaincre le banquier de financer un projet innovant, ou encore se faire connaître auprès des collectivités pour promouvoir un nouveau plan d’urbanisme.
Un avantage compétitif
« Une entreprise qui sait communiquer sur sa RSE attire de nouveaux partenaires commerciaux, des clients, des salariés, mais aussi réduit ses charges », constate Yann Chablin, qui vient de s’associer avec Exco FSO pour créer M’RSE, une société dédiée à l’accompagnement en RSE. Ainsi la démarche a déjà convaincu des agro fournisseurs ou encore des viticulteurs. Les agriculteurs, quant à eux, ne se sont pas encore lancés, mais le mouvement est en marche.
Coopératives et chambres d’agriculture s’y intéressent. Mais, ce jour-là, ce sont des agriculteurs indépendants qui s’engagent personnellement. Pionniers, ils comptent bien ouvrir le chemin à leurs collègues. Jean-Marc Mussot résume leur philosophie : « Aller dans cette démarche, c’est démontrer des valeurs et pouvoir prétendre à être récompensé à la hauteur de l’intérêt qu’elles ont pour la société.»
Arielle Delest

 

Le 27/12/16 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition du dimanche 6 novemre 2016

ACTU BRESSE
VILLEMOTIER ENVIRONNEMENT
Mireille et Gérard Berthet
ont aimé la maison
basse consommation

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Pauline Le Baron a accompagné Mireille et Gérard Berthet dans la visite de la maison.
Photo Isabelle Gaillard

« La visite était très intéressante et grâce aux professionnels présents, on a une meilleur vision des travaux », estime le couple.
Samedi matin, une dizaine de personnes sont venues découvrir la maison basse consommation de Nadine et Jean-Marc Mussot, guidés par les propriétaires mais aussi par Pauline Le Baron d’Hélianthe et Laurent Rimbert, du bureau d’études. Mireille et Gérard Berthet ont fait la visite, ils viennent de Servignat.
Pourquoi avez-vous décidé de découvrir cette maison ?
« Nous venons d’acheter une maison pour la mettre à la location. Elle est à rénover, on ne sait pas encore ce qu’on va faire. On est venu prendre des idées. Par exemple, nous avons construit notre maison en 1979, nous avons des doubles vitrages et une chaudière fioul basse consommation, mais aujourd’hui, çà a beaucoup évolué.»
Qu’est-ce que cette visite vous a apporté ? Avez-vous trouvé des idées pour votre maison ?
« La visite était très intéressante et grâce aux professionnels présents, on a une meilleure vision des travaux. Comme nous, les Mussot sont partis avec une maison à faire entièrement. Avoir une qualité de rénovation en passant par les économies d’énergie, c’est aussi plus écologique. Il faut vivre avec son temps et voir ce qui se fait de nouveau. En revanche, il faut se faire accompagner d’un professionnel. On pense être plus modeste dans nos investissements car ce ne sera pas la maison familiale mais nous sommes toujours très tentés. On ne sait pas si on ira jusqu’au label Promotélec mais on va essayer d’utiliser des matériaux de qualité et faire des économies d’énergie.»

 

Le 27/11/16 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition du jeudi 3 novembre 2016

ACTU BRESSE
VILLEMOTIER ENVIRONNEMENT
Ils obtiennent le label
Efinergie rénovation
pour leur maison

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« Notre but était surtout de faire travailler des artisans locaux »,
expliquent Nadine et Jean-Marc Mussot, les propriétaires.

Photo Isabelle Gaillard

Nadine et Jean-Marc ont réussi leur pari : avoir une maison lumineuse et économique.
Tout démarre il y a deux ans. Nadine et Jean-Marc Mussot, propriétaires de Haras de Groboz, décident de rénover le bâtiment de four pour le transformer en habitation principale car il se prête plus facilement à la rénovation que le corps de ferme principal. Aujourd'hui la maison est sortie de terre et a reçu le label Efinergie rénovation.
Pourquoi avoir opté pour une maison basse consommation d'énergie ?
« Au départ, nous sommes déjà une ferme écologique avec des chevaux qui ont des conditions de vie très proches de leur vie originelle, des races rustiques qui vivent en groupe en pleine nature. Le pas n’a donc pas été difficile à franchir. Mais au départ notre but était surtout de faire travailler des artisans locaux avec des matériaux traditionnels de qualité. »
Des difficultés dans les travaux ?
« On s’est tourné vers Hélianthe pour savoir ce qui pouvait se faire en basse consommation, puis on a choisi des artisans locaux pour tous les corps de métiers : Marboz, Saint-Etienne-du-Bois, Viriat et Saint-Didier-d'Aussiat. Ces artisans ont une belle qualité de travail mais sont trop petits pour être reconnus et avoir une norme Iso comme les grosses structures. On n'était donc pas dans les normes. Lors d'une réunion de travaux avec eux on a eu l'idée de prendre un bureau d'études. Dès lors, les contraintes ont été importantes pour les artisans car le bureau a chassé tout ce qui pouvait être susceptible d'optimiser les récupérations d'énergie. Il a suivi de près le choix des matériaux et a retouché les options. C'est devenu une aventure qu'on a partagé tous ensemble. »
Quel est le résultat ?
C'est un investissement lourd financièrement car nous avons opté pour le bouquet de travaux le plus complet. On a maximisé l'effort pour la planète, on a décroché le label Efinergie rénovation. Le conseil régional nous a versé la subvention maximale de 8 000 €. On a atteint notre objectif car on récupérera notre investissement sur le très long terme avec de belles économies d'énergie et on laissera à nos enfants et petits-enfants un vrai patrimoine. »

NOTE Vous pouvez visiter la maison samedi 6 novembre de 10 à 12 h. Tél.04.74.45.16.49.

 

Le 27/10/16 à 14h00

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LE FORUM DES LECTEURS REDAC8CHEVAL@EDITIONS-LARIVIERE.COM
…Vos questions   NOVEMBRE 2016 – CHEVAL PRATIQUE – N° 320

Barbe français

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Nous voulons rebondir sur l’une de vos actualités parues dans votre numéro d’octobre concernant le salon du cheval d’El Jadida. Vous mentionnez que l’on peut y voir les plus beaux chevaux arabes, barbes et arabes-barbes du royaume. Or, lors de l’édition 2015 de ce salon marocain, l’étalon Baligh de Groboz (photo), 4 ans, né et élevé chez Nadine et Jean-Marc Mussot à Villemotier, dans l’Ain, a été 3ème du championnat du monde du cheval barbe. Ce cheval qui vit chez sa propriétaire, Marie Rabatel, à Virieu-le-Grand (01), concourrait parmi les vingt meilleurs chevaux barbes du monde. Il est important de souligner la qualité du travail de nos éleveurs. www.groboz.fr
@ Valérie Chaboz


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Le 27/09/16 à 14h00

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Bresse Revermont 
VIE LOCALE 6 2nd cahier du vendredi 16 septembre 2016 – n°3725

VILLEMOTIER
Groboz,
le parfum des audaces,
de la liberté


Patrimoine: A Groboz, sur la commune de Villemotier, Nadine et Jean-Marc Mussot ont su explorer toute la finesse et la complexité de l’élevage au naturel.

Ici ! Ici ! C’est… Le haras de Groboz. Pour cet fin d’été, nous sommes partis à la rencontre d’éleveurs, amoureux d’un cheval en particulier. Pour quelles raisons ces passionnés en ont-ils fait leur vocation ? Quels en sont les points forts, les points faibles ? Qu’apporte-t-il dans le monde du cheval ? Comment exprime-t-il le patrimoine Bressan dans lequel il se nourrit ? Le cheval que tous les cavaliers de plus de soixante-dix ans ont monté, ne cesse de séduire davantage. Depuis le hameau de Groboz à Villemotier, Nadine et Jean-Marc Mussot en sont devenus d’ardents promoteurs dans la ferme qu’ils exploitent.

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Nadine et Jean-Marc Mussot ont su prendre
tous les risques.

Sur le chemin pierreux, Jean-Marc se plante les deux mains enfoncées dans les poches et observe une groupe de chevaux. Entre les haies bocagères qui témoignent d’une tradition d’élevage ancestrale, les chevaux ici ont remplacé les vaches charolaises et les vaches montbéliardes. Quelques passages jaunis témoignent d’un broyage récent des refus de pâture. Mais la prairie de Groboz, cette terre d’argile lourde et profonde, offre à l’herbe de la parcelle une vigueur éclatante.
La terre où est né le finaliste 2015 à El Jadida
Un écrin à l’abri du consumérisme : depuis vingt-cinq ans, c’est sur ce terroir que naissent et s’épanouissent les frères et sœurs de Baligh de Groboz, le médaillé de bronze des derniers championnats du monde du cheval barbe. Installés dans le hameau depuis 2003, Nadine et Jean-Marc ont repris l’élevage de Groboz, unique par son caractère rustique qui seul peut garantir la vigueur et l’autonomie des grands chevaux. Avec une passion et une foi intactes, le couple enregistre avec humilité les premières expressions d’une belle reconnaissance. Etonnamment, dans le même temps, l’esprit centre équestre local continue d’ignorer ce cheval. « Cà montre que même si un élevage est ancré depuis vingt-cinq ans, il peut se heurter à l’incompréhension de ses plus proches voisins ! », relève simplement Jean-Marc Mussot à l’origine de la reprise et du développement de cet élevage unique.
« On s’est donné la liberté. Ça ne nous a pas rapproché du milieu du cheval local, mais on a pu faire les choix agronomiques qu’on voulait, sur les conseils de gens avisés. Par contre en Bresse, on n’a pas la chape de plomb de la tradition, on peut prendre tous les risques », ajoute-t-il.

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Les chevaux barbes de la prairie de Groboz.

L’élevage rustique, conçu à l’origine par Edmond Rovidati, se développe sur une exploitation conduite en agriculture biologique. « On a débarqué dans cette vie d’éleveur avec au moins une idée : pourquoi faire telle ou telle chose comme cela ? Si on n’avait pas une explication, on ne le faisait pas.»
« Un jeu entre austérité et plénitude » Nadine Mussot
Ces audaces, cette liberté, Groboz les revendique aussi dans la gestion des prairies. «Pour nous, ça continue à être une fête. Viennent les amis, les amis des amis. Tous les dimanche à 12h00, on parle de la semaine de chacun. C’est un privilège que nous nous sommes donné.» Et le goût du beau travail participe à ce plaisir renouvelé.
« C’est un cheval romantique dont la conduite nécessite un quotidien qui évoque la couleur et les odeurs d’une époque révolue. En étant de l’extérieur, j’appréciais l’existence des chevaux méditerranéens qui lui ressemblent tant ». poursuit Nadine, qui évoque un choix « instinctif » au départ. Aujourd’hui l’éleveuse est séduite par «l’équilibre» des chevaux obtenus. «Il y a un jeu entre austérité et plénitude.»
«La base de rusticité était sur les anciennes juments. Mais dix ans après, la relève de leurs filles est plus riche, sur leur désir de contact avec l’homme. Il faut plusieurs générations pour que la souche d’un élevage soit à l’apogée de ce qu’elle peut donner», confie l’éleveuse. De leurs nouvelles vies, Nadine et Jean-Marc Mussot ont au moins acquis une certitude : «Maintenant, nous savons que nous apprenons tous les jours au contact des chevaux. Mais c’est passionnant !»

» Toutes les informations sont sur : www.groboz.fr

 

Le 27/08/16 à 14h00

Cheval et agriculture biologique !

Enfant, j’adorais passer mes vacances avec mes oncles agriculteurs qui ne visaient pas encore les rendements, mais plutôt une exploitation économe de leurs terres. C’est bien plus tard, quand nous nous sommes installés en Bresse, que j’eus ma première surprise.

Je constatai que mes voisins agriculteurs avaient résisté pendant trente ans à l’agriculture intensive, toujours par soucis d’économie. Je notai que le seul écart avec la conduite à tenir en agriculture biologique, était l’utilisation sporadique de Roundup sur les ronces. Depuis ce jour, je n’ai jamais songé à travailler autrement qu’en bio.

Ma première motivation, je l’avoue fût de travailler simplement ! Je commence seulement à comprendre que les maladies sont consubstantielles à l’agriculture. Dès lors que l’on cultive de manière plus ou moins intensive une plante pour lui demander de produire, on fragilise la plante en même temps que l’on multiplie les foyers de contamination.

C’est vrai de toutes les plantes, ainsi que des bêtes, donc des chevaux. Plus on intensifie, plus on réduit la diversité, plus on introduit des maladies spécifiques à une espèce. Plus il y a de maladies spécifiques, plus on traite, plus les maladies résistent. La réalité a en soi quelque chose de subversif…

Les manuels de formation agricole emploient les expressions « mode de défense » et non « mode de culture », ce qui en dit long sur la nature de la relation que le monde agricole entretien actuellement avec la terre. Il en va de même avec les chevaux et l’utilisation de vermifuges « systémiques » écrit en gros et en rouge sur la boite.

Le secteur économique des traitements vermifuges ne vous parle que de la tranquillité et de la cadence des doses à employer dans l’utilisation de leurs produits pour l’éleveur. La chimie des technico-commerciaux ne vous livre rien sur le mode d’action sur l’organisme du cheval, parant à presque tout, mais ce faisant, elle vous dépossède du savoir, c’est-à-dire du métier lui-même.

 

Le 27/07/16 à 14h00

Cheval et agriculture biologique !

Le dimanche midi, nous avons pour habitude de nous retrouver autour d’un verre. Chacun partage l’activité de sa semaine, nous confrontons nos visions du cheval et prenons des décisions en commun. Les deux points abordés sont ceux qui concernent l’élevage et les évènements auxquels nous participons.

Dernièrement, nous avons souhaité avec Nadine, traiter de la place du cheval dans l’agriculture biologique… Même si nous partageons tous la même vision du cheval idéal, un cheval rustique, inutile de vous dire l’étonnement qu’a suscité l’intrusion de cette préoccupation sociétale dans notre microcosme de passionnés d’équitation.

Sur la partie végétale, notre exploitation possède le label « Agriculture Biologique ». Même si la philosophie de l’élevage est de reproduire les conditions de vie originelles du cheval, les animaux n’ont pas ce label. Jusqu’à présent nous vermifugions avec des produits de l’industrie chimique, avec juste comme préoccupation de respecter les dates et les saisons.

Pour autant, l’action de vermifuger, garantit certes l’état physiologique de nos chevaux, mais non sans dégrader durablement, leur capacité par eux même à lutter contre les infestations. Notre comportement motivé par le désir louable de protéger nos chevaux, n’en demeure pas moins avec de lourdes conséquences sur les générations futures.

La remarque de bon sens de Fred, est celle que nous avons tous spontanément : « Je veux que ça ne me coute pas plus cher et que ce soit aussi efficace ». Nadine décide de prospecter les diverses solutions en mesurant les conséquences, en temps et en coût, des vermifugations classiques et bio.

Après avoir exposé les divers protocoles, nous décidons de partir sur le protocole de deux ans de vermifugation bio (Symbiopole) avec des tests de coproscopie. Nous ne manquerons pas de vous informer dans cette colonne, des résultats obtenus.

Les rapports de confiance entre nous et les chevaux ne dépendent que du respect à ne jamais trahir leur évolution millénaire. Cette éducation que nous aurons eu la sagesse de nous imposer, n’aura d’égal que le bonheur en commun de laisser un monde meilleur à nos enfants…

Coût et temps passé par an et par cheval :
Vermifuge classique (PANACURE/FUREXEL/STRONGID) : 30,00 € et 10 minutes
Vermifuge BIO (EQUINATURA) : 99,00 € et 40 minutes
Vermifuge BIO (SYMBIOPOLE) : 26,00 € et 40 minutes

 

Le 27/06/16 à 14h00

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Bresse Revermont 
VIE LOCALE 6 2nd cahier du vendredi 17 juin 2016 – n°3712

VILLEMOTIER
Pourquoi les chevaux
de Groboz sont-ils
si différents?


Baligh de Groboz a brillamment représenté la France en terminant 3ème du championnat du monde 2016 du cheval barbe qui s’est déroulé à El Jadida au Maroc.
Cette performance du cheval de l’Ain, est-elle le fruit du hasard ? Avec Nadine Mussot, nous allons tenter de percer le secret d’un élevage pas tout à fait comme les autres.

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Nadine et un poulain barbe

En quoi les chevaux nés à Groboz sont-ils si différents des autres ?
Nadine : La performance dans un championnat de type modèles et allures tient, certes aux standards de la race, mais aussi à la manière dont le cheval se comporte. Au Maroc, le jury est enthousiaste devant ce supplément d’âme qui émane de certains chevaux qui incarnent l’identité d’une région.
Le samedi matin, en pleine tempête de sable, Baligh était le plus jeune parmi les vingt chevaux qualifiés, il est resté imperturbable. En France, cet équilibre mental serait certainement passé inaperçu. Peut-être parce qu’ici, on estime l’amour que l’on porte au cheval plus à ce qu’on lui donne qu’à ce qu’il est…
Comment un élevage peut-il produire ce type de cheval reconnu mondialement ?
Nadine : Nous ne sommes pas responsables de tout, mais nous avons cherché l’étalon reproducteur avec une idée précise. Après avoir recouper les avis des plus grands éleveurs, nous avons choisi la branche Algérienne du barbe. Ensuite, nous avons attaché un soin tout particulier à replonger nos chevaux au plus près de leurs conditions de vie originelles. Ça n’a pas été facile tous les jours d’imposer la présence d’un cheval entier au milieu de ses juments par exemple. Le résultat est édifiant, non seulement il n’y a aucun traumatisme et un équilibre parfait, mais nous retrouvons toutes les qualités du cheval qui nous fascinent depuis des millénaires, mais que nous avons oublié ces dernières années.

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Les chevaux barbes dans leur environnement naturel

Comment un éleveur va rendre aux chevaux leurs conditions de vie originelles ?
Nadine : Il n’y a aucun mérite pour l’éleveur, la difficulté provient de rompre avec notre culture de surprotéger. Le plus difficile est de s’interdire d’intervenir sur un poulinage par exemple. Le courage s’est plutôt de partir seul dans une aventure en dehors des standards de l’équitation.
Avec le recul, je crois que ce sont des rencontres qui vous amènent à cette philosophie d’élevage. Tel un bout de fil que vous vous mettez à tirer par curiosité au début, puis que vous déroulez par la fascination de ce que vous renvoient les chevaux. Pour un jour, vous retrouvez en face du cheval extraordinaire…
Qu’apporte à l’élevage de Groboz une troisième place aux championnats du monde ?
Nadine : Avant toute chose, c’est Marie qui a gagné. C’est elle qui a réalisé cette aventure. Je crois savoir d’où vient son enthousiasme : un cheval extraordinaire… Taous. Vous savez, seuls, nous ne pourrons pas continuer de développer ce cheval magique ! Et Marie fait maintenant partie de ceux qui écrivent son histoire.
L’élevage de Groboz fêtera son quart de siècle d’existence l’an prochain, nous avons le devoir de le pérenniser et de transmettre ce patrimoine vivant. Le résultat de Baligh est une référence pour la souche des futures poulains de sa sœur Camilla, il est surtout une référence pour cette philosophie que l’on pratique à Groboz.

» Toutes les informations sont sur : www.groboz.fr

 

Le 27/05/16 à 14h00

Leçon de cheval !

Nadine analyse et répertorie depuis une douzaine d’années, les attitudes du cheval dans son milieu naturel. Elle apprend à reproduire des comportements similaires tout en suggérant au cheval de développer sa curiosité naturelle, source pour lui d’un intérêt nouveau.

Elle permets d’inciter et suggérer plus que d’imposer, elle permet aux chevaux de laisser libre cours à leur créativité, de se sentir valorisés et d’aller plus loin que là où les directives sans libre choix les auraient amenés. Notre rôle se cantonne à anticiper ce que nous imposons à nos chevaux.

Saian doit intégrer son « harem » constitué par les filles de Ghafel auquel il succède à Groboz. Nous devons considérer avant tout, l’instinct d’un cheval avec son histoire propre et un cheval qui se retrouve seul « dans la simplicité des coïncidences ».

La première inconnue pour nous, est l’intégration d’un cheval entier dans un groupe de pouliches dont aucune n’a jamais croisé de cheval mâle susceptible de la saillir ! Première question : comment se réalise ce type de rencontre à l’état naturel ?

Dans leurs conditions de vie à l’état naturel, ce sont les pouliches qui après le sevrage et après avoir erré avec leurs demi-sœurs sont intégrées à un harem existant. Matériellement, nous n’avons pas la possibilité de reproduire ce scénario…

Les leviers dont nous disposons sont peu nombreux, en fait il n’y en a que deux : Utiliser le carré de prairie le plus sécurisé et surtout, avoir mis comme critère supplémentaire de choix pour l’entier : son expérience de monte en liberté…

Nous déplorerons une blessure à l’antérieur droit pour Camila, nécessitant une désinfection quotidienne pendant dix jours. D’un autre côté, nos chevaux se sont enrichis d’une expérience supplémentaire dans leur évolution vers le cheval idéal.

Les rapports de confiance entre nous et les chevaux ne dépendent que du respect à ne jamais trahir leur évolution millénaire. Cette éducation que nous aurons eu la sagesse de nous imposer, n’aura d’égal que les succès communs qu’elle nous permettra d’obtenir…

 

Le 27/04/16 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition du samedi 9 avril 2016

ACTU BRESSE
VILLEMOTIER CHEVAL
Baligh de Groboz, cheval
barbe, sera présenté à la
foire de Bourg samedi


Il est vice-champion du monde et le Maroc l’a sacré parmi les trois plus beaux chevaux de race barbe du monde.
Depuis une semaine la foire de Bourg bat son plein. Cette année, le cheval est roi grâce à l’association Equid’Ain qui chapeaute les animations. Ce samedi, le thème de la journée sera les chevaux d’ici ou d’ailleurs. Le public pourra découvrir des chevaux du monde : arabes, ibériques, camarguais et les différentes façons de les monter.
A quatre ans, il a déjà récolté deux titres mondiaux
Les amoureux du cheval ne seront pas déçus car ils pourront admirer Baligh de Groboz, cheval barbe d’exception. Il sera présenté au public toute la journée. Cet étalon est né et a grandi à Villemotier, au haras de Groboz, chez Nadine et Jean-Marc Mussot. Il a été acheté par Marie Rabatel, jeune propriétaire d’une structure de tourisme équestre à Virieu-le-Grand. Sa propriétaire l’a inscrit pour la première fois, en avril 2015, au prestigieux concours international de Cluny (Saône-et-Loire), concours de race qu’il remporte haut la main lui permettant d’être approuvé étalon reproducteur de la race. Il se qualifie alors pour les championnats du monde de sa race en octobre.

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Photo d’archives Isabelle Gaillard

Baligh est un cheval de race barbe.
A la surprise générale, ce jeune étalon de 4 ans est monté sur le podium du championnat du monde du cheval barbe en octobre dernier à El Jadida, au Maroc. Il termine vice-champion du monde dans sa catégorie (les plus jeunes) et troisième toutes catégories. Le Maroc le consacre parmi les trois plus beaux chevaux de sa race du monde, un exploit au pays du cheval barbe. Une petite victoire pour la Bresse et le Bugey aussi, ils ont contribué à la reconnaissance et surtout à la renaissance du cheval barbe en France.

 

Le 27/03/16 à 14h00

Saian !

Un élevage construit sur le respect des conditions de vie originelles du cheval, connait d’inévitables cycles. Il y a un moment où les pouliches filles de l’entier doivent prendre le relais des juments vieillissantes. L’élevage de Groboz vit actuellement cette mutation. Ghafel est parti vivre sa seconde carrière de reproducteur dans les Pyrénées.

Pedigree Ghafel

Pour le remplacer, nous pouvions prendre Rusty (deuxième aux championnats du monde 2015). Une des particularités de l’élevage de Groboz est de produire des poulains issus de la souche Algérienne. Au cours de notre recherche, deux origines ont attiré notre attention : Rohil (le père de Ghafel) et Riadh (l’autre origine encore jamais exploitée à Groboz).

Pedigree Saian Du Beyrac

Deux chevaux issus de Riadh ont émergés : Nesrif et Saian. Nous nous sommes donnés une semaine de réflexion supplémentaire pour confronter ces deux chevaux sur d’autres critères (taille, couleur, aptitudes aux disciplines équestres). Samedi le successeur de Ghafel arrive à Groboz : Saian Du Beyrac…

 

Le 27/01/16 à 14h00

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Bresse Revermont 
VIE LOCALE 6 2nd cahier du vendredi 30 octobre 2015 – n°3679

VILLEMOTIER
Nous sommes assurés de
revenir aux championnats du
monde de cheval Barbe


Baligh de Groboz est un cheval de race Barbe. Il est né à Villemotier, au haras de Groboz chez Nadine et Jean-Marc Mussot. Il est le fils de leur étalon Ghafel et ils l’ont élevé pendant 2 ans. Marie Rabatel, jeune éleveuse à Virieu-le-Grand, l’a acheté en 2013. Le 28 mars dernier, Baligh a remporté le concours international de l’association française du cheval Barbe à Cluny (71).
Il s’est qualifié pour concourir samedi 17 octobre au championnat du monde de Cheval Barbe à El Jadida au Maroc. Le plus jeune cheval des 20 qualifiés a brillamment représenté la France et termine 3ème sur le podium. Retour sur cette fantastique aventure avec Marie Rabatel et Nadine Mussot.

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Marie et Baligh. Le cheval Barbe a plus de 4000 ans.
C’est un cheval rustique qui a influencé de nombreuses races,
le cheval espagnol, le criollo argentin, le mustang…

A 31 ans, comment avez-vous pu participer à ce concours et comment s’est-il déroulé ?
Marie : Cette qualification était inattendue car même s’il est très beau, Baligh est jeune, la croissance chez ce type de cheval n’est pas finie. Il ne partait donc pas favori, mais je voulais y être. Heureusement, les amis ont été là et ont grandement participé chacun à sa manière, à ce podium. Le Maroc a participé aussi financièrement à la venue des sélectionnés. Par exemple, il a offert la moitié de la traversée. Samedi matin, en pleine tempête de sable, Baligh a concouru chez les seniors mâles de 4 à 8 ans et c’était le plus jeune parmi les vingt chevaux en présence, mais mon cheval n’a pas du tout été impressionné. Et finalement il a fini 2ème, c’était incroyable. Il s’est qualifié pour le championnat général l’après-midi qui regroupait les deux premiers de chaque catégorie. Nous sommes assurés déjà de revenir l’an prochain ! L’après-midi, Baligh a fait le show, superbe. Il s’est fait remarquer pour sa présentation. Les jurys ont apprécié Baligh très représentatif de la race « Barbe » et distingué, pour sa locomotion exceptionnelle chez un cheval de ce gabarit. Peu avant 15 heures, il est dans le carré des finalistes et s’octroie la 3ème place.
Que signifie ce prix pour vous ?
Marie : Un grand bonheur et grand respect pour mon petit cheval. Déjà sur place il était une star, tous les Marocains voulaient être pris en photo avec lui, et les facéties de Baligh ont gagné peu à peu le cœur de la foule. Tout au long du salon, les éleveurs, que des hommes, ont défilé devant son box en lui faisant mille compliments, et en me remerciant chaleureusement de m’intéresser au cheval Barbe, en tant que Française. L’avenir ce sera les portes qui vont s’ouvrir en grand avec Baligh et la reconnaissance de sa souche et de ma structure équestre dans le Valromey. Des éleveurs étrangers m’ont déjà contactée. Cette race Barbe mérite vraiment de revenir sur le devant de la scène, qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Enfin, je voudrais souligner l’importance du style propre à Groboz dans la recherche d’un cheval respecté dans ses conditions de vie proche de la nature, ceci est sans doute la clé du comportement apprécié de Baligh à El Jadida…
Comment un élevage peut-il produire un cheval reconnu mondialement comme standard de sa race ?
Nadine : Nous ne sommes pas responsables de tout, mais nous avons cherché l’étalon reproducteur avec une idée précise. Après avoir recouper les avis des plus grands éleveurs, nous avons jeté notre dévolu sur la souche Algérienne, nous avons trouvé Ghafel, un Barbe de Tiaret. Ensuite, nous avons attaché un soin tout particulier à la manière d’élever nos chevaux au plus près de leur vie originelle dans la nature. Ça n’a pas été facile tous les jours d’imposer la présence d’un cheval entier au milieu de ses juments par exemple. Le résultat ce sont des chevaux très équilibrés, sans traumatismes. On essaye de s’approcher d’un cheval idéal qui rassemble les caractéristiques physiques et mentales de la race. Nous ne castrons pas les poulains, cela permet de leur donner une autre perspective d’avenir, la preuve Baligh a eu cette chance. Baligh s’est distingué très vite des autres mais les conditions à Groboz ont favorisé son développement si particulier qui lui a permis de se distinguer. J’ajouterai, le concernant, qu’il m’a été très difficile de m’en séparer.
Avez-vous gardé des relations avec Marie, la nouvelle propriétaire ?
Nadine : Oui ! Marie nous a acheté quatre chevaux. Elle aussi est tombée amoureuse des « Barbes ». Nous partageons le même sens particulier de l’amour du cheval. Elle est très attentive et ne compte pas son énergie pour faire réussir le cheval Barbe. Et ce titre récompense son élevage qui entre dans la cour des grands élevages professionnels. Le Barbe est un cheval attachant, qu’on aime passionnément, il a cependant besoin de rencontrer des personnes qui ont le courage de s’embarquer avec lui pour de grandes aventures. C’est rassurant d’avoir rencontré Marie qui est l’ambassadrice rêvée pour la race…

» Baligh et ses ambassadeurs seront présents au salon Equita à Lyon du 28 octobre au 1er novembre Hall 5 « Elevages »

 

Le 27/12/15 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition N° 52 411 du samedi 19 octobre 2015

LA BRESSE Marboz - St-Trivier VILLEMOTIER
Championnats du monde du
cheval barbe : Baligh de
Groboz termine 3ème


Animaux. Les championnats du monde du cheval barbe à El Jadida (Maroc) ont vu un équidé de Villemotier s’adjuger la troisième place.

Baligh de Groboz est un cheval né à Villemotier, au haras de Groboz. A la surprise générale, il est monté sur le podium du championnat du monde du cheval barbe qui s’est déroulé ce week-end à El Jadida, au Maroc. Retour sur le parcours de ce cheval d’exception avec Jean-Marc Mussot, l’éleveur qui lui a permis de prendre son envol.

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Jean-Marc et Nadine Mussot sont fiers de Baligh

Comment réalise-t-on les conditions qui vont permettre à un cheval de conquérir le monde ?
Oh ce n’est pas si simple que ça ! C’est plutôt le résultat d’un concours de circonstances… Quand nous sommes arrivés à Groboz, nous avions certes un idéal de cheval, mais nous avons aussi rencontré un homme et son élevage… Une vision que nous avons partagé instantanément avec, pour charnière centrale, un cheval idéal qui vivrait proche de ses conditions de vie originelles (cheval rustique). Nous avons donc permis à l’élevage de Groboz, créé au début du stud-book (1) de la race, dans les années 80, de se transmettre… Les chevaux qui naissent et qui sont élevés dans des conditions naturelles sont forcément différents de ceux qui naissent dans la plupart des élevages conventionnels. Nous pensons que c’est ce qui a fait la différence dans le cas de Baligh.
Y a-t-il un moment particulier qui vous revient à l’esprit quand il était à Groboz ?
Le plus difficile, le jour où Marie est venue le chercher… Nadine m’a avoué alors qu’elle était en pleurs : « Pour la première fois j’ai souhaité qu’un cheval ne m’obéisse pas, quand je lui ai demandé de monter dans le camion ! Mais je savais que mon vœu ne se réaliserait pas, parce que je savais que ce cheval était un cheval d’exception qui m’aurait suivie n’importe où… ».
Et maintenant, quelles sont les perspectives, pour le haras de Groboz, que vous ouvre ce podium aux championnats du monde ?
Avant toutes choses, je pense à Marie, à son courage pour vivre pleinement de sa passion, je pense à son premier cheval barbe, Taous, le frère de Baligh, qui a galvanisé cette passion. Je pense à tous les acteurs qui ont voulu permettre à ce cheval magnifique qu’est le cheval barbe, d’avoir un avenir aussi riche que son histoire l’impose.
Je regarde aujourd’hui les résultats bruts du championnat du monde et je vois deux chevaux français sur la 2eme (Rusty des Balmes) et à la 3eme (Baligh de Groboz).
Je crois que c’est une première pour l’élevage de chevaux barbes français et c’est prometteur pour la race. Je me réjouis d’un côté mais je déplore qu’il n’y ait pas de chevaux algériens ! Au-delà de notre passion pour le cheval barbe, nous ne pouvons pas accepter que ce cheval magnifique, ne parvienne pas à nous rassembler au sein de l’OMCB (l’organisation mondiale du cheval barbe).

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Baligh de Groboz et Marie
Photo d’archives Isabelle Gaillard

 

Le 27/11/15 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition N° 52 411 du lundi 19 octobre 2015

L’AIN ET SES PAYS - Actualité
ELEVE A VILLEMOTIER
Baligh, troisième aux
championnats du monde du
cheval barbe au Maroc


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Photo DR

Baligh de Groboz, étalon né et élevé à Villemotier, a pris la troisième place samedi, aux championnats du monde du cheval barbe à El Jadida (Maroc), berceau de la race. Ce cheval d’à peine 4 ans, qui vit désormais chez sa propriétaire, Marie Rabatel, à Virieu-le-Grand dans le Bugey, concourait parmi les vingt meilleurs du monde.
Baligh a d’abord pris la deuxième place dans le concours de sa classe d’âge, alors qu’il était le plus jeune de sa catégorie. Il s’est ainsi qualifié pour le championnat du monde. Selon Marie Rabatel, « l’après-midi, Baligh s’est fait remarquer pour sa présentation et sa locomotion exceptionnelle chez un cheval de ce gabarit ».
Pour sa propriétaire, cette récompense est aussi une reconnaissance de son travail : « Des portes vont s’ouvrir en grand. Cette race mérite vraiment de revenir sur le devant de la scène ». Baligh sera présent sur le salon Equita à Lyon, fin octobre…

 

Le 27/10/15 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition N° 52 409 du samedi 17 octobre 2015

LA BRESSE Marboz - St-Trivier VILLEMOTIER
L’étalon Baligh de Groboz
représentera la France
au Maroc


Baligh de Groboz est un beau cheval Barbe (race chevaline originaire d’Afrique du Nord). Il est né à Villemotier, au haras de Groboz. Marie Rabatel en est désormais propriétaire.
Le 28 mars, Baligh a remporté le concours international de l’Association française du cheval Barbe à Cluny (71). Son cheval a quitté son paddock de Virieu-le-Grand depuis le 12 octobre pour concourir à El Jadida, au Maroc. Mais pourtant… Rencontre avec Marie Rabatel.
Quels événements ont permis la sélection de Baligh ?
Baligh a remporté le concours avec la note de 15,4 sur 20. Or, pour concourir au niveau mondial, il fallait obtenir 16/20.
Mais les jurys internationaux se sont rendu compte que les chevaux arrivés 2ème et 3ème à Cluny avaient gagné, les années précédentes, leur sélection pour les mondiaux avec une note de 16 au moins.
Baligh était devant eux. J’ai reçu un courrier m’informant que Baligh était finalement qualifié pour le concours mondial de El Jadida, ce samedi. C’est incroyable.

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Photo d'archives Isabelle Gaillard

Baligh a-t-il ses chances d'être jugé le plus bel étalon Barbe du monde ?
Cette année, je ne crois pas, car il concourt chez les seniors mâles de 4 à 8 ans et ce sera le plus jeune parmi les vingt chevaux en présence. Il y aura d’ailleurs un seul autre cheval français. Il a de magnifiques allures, mais il est encore en pleine croissance. C’est un peu tôt à mon avis. Le Maroc participe largement financièrement à la venue des sélectionnés. Par exemple, il offre la moitié de la traversée. C’est très appréciable pour les petits élevages comme les nôtres.
Cette participation aura-t-elle des répercussions pour Baligh et votre élevage ?
Après Cluny, j’ai tout de suite été contactée par des éleveurs importants, comme les Allemands. Les saillies de Baligh sont désormais précieuses. Avec sa présence à El Jadida, c’est aussi notre souche qui obtient une véritable reconnaissance chèrement gagnée. Les portes s’ouvrent. J’ai le cœur qui bat quand je le regarde.

Pratique : Au Salon du cheval :"Les amoureux des chevaux pourront découvrir Baligh au Salon du cheval Equita, à Lyon, à partir du 28 octobre.

 

Le 27/09/15 à 14h00

Baligh !

Il y a trois ans, nous revenions fasciné d’un bord de l’atlantique que tout passionné de cheval barbe rêve un jour de fouler… El Jadida ! Il y a deux ans, nous écrivions dans cette même colonne, après les larmes de Nadine : «Notre vocation d’éleveur est d’amener les chevaux vers la carrière qui les attend. Baligh poursuit sa vie du coté de Belley où l’approche du cheval qu’a su créer Marie est idéale pour son évolution… ».

Aujourd’hui ce rêve et cette vocation ne font plus qu’un, grâce à une certaine idée du cheval que nous cultivons en commun. Le courage de deux femmes de croire en un destin d’exception, est à l’origine de cette aventure qui conduit aujourd’hui Baligh à participer aux championnats internationaux du cheval barbe où il représentera la France, le samedi 17 octobre 2015 sur ce bord de l’atlantique… El Jadida.

 

Le 27/08/15 à 14h00

Chevaux sauvages et poulinage biannuel !

Il y a quelques semaines, nous avons évoqué la possibilité de faire pouliner un an sur deux, pour préserver les juments. Est-ce que, naturellement, une jument fait un poulain tous les ans ? C’est l’équilibre dans lequel il va se développer qui va conditionner les qualités du cheval. Nous allons tenter de reproduire cette organisation fondamentale pour le développement du cheval, en nous inspirant de l’étude d’Emmanuel Théret sur les chevaux sauvages du Namib… En 1991, au moment où la population était la plus élevée, Jacqueline Ripart compte 276 chevaux répartis en 49 familles et des groupes de mâles célibataires.

Les chevaux sauvages vivent en hardes d’une dizaine d’individus, comprenant un ou deux étalons, quelques juments et leurs poulains. Les jeunes étalons se rassemblent également de manière temporaire. Les groupes sont dirigés par une jument et protégés par un étalon, parfois deux. La jument comme l’étalon peuvent chacun leur tour assumer le rôle de leader. Ce dernier décide quand il faut aller s’abreuver ou chercher de nouveaux pâturages. La jument défend elle-même son poulain si un prédateur s’approche. Dans d’autres circonstances, c’est l’étalon qui interviendra.

La hiérarchie n’est pas très importante chez ces chevaux sauvages, et les combats sont plutôt rares. La raison en est qu’il n’y a pas de compétition dans cet environnement : la nourriture est répartie de manière équivalente dans le vaste désert du Namib, et l’eau est disponible en quantité suffisante à deux abreuvoirs artificiels, où de plus les chevaux se rendent à des heures différentes. Enfin, c’est la jument qui choisit son partenaire et si celle-ci ne désire pas s’accoupler, les combats entre les étalons sont sans effet.

Les chevaux sauvages du Namib sont étudiés scientifiquement depuis 1993. Dans le passé, leur nombre a varié entre 60 et 300 suivant la quantité et la qualité des herbages disponibles. Ces dernières années, leur population s’est stabilisée entre 90 et 150. En période de sècheresse, les chevaux couvrent de grandes distances pour se nourrir et jouent rarement. Au contraire des chevaux domestiques, la soif ne leur cause pas de stress particulier. Lorsque les pluies font apparaître de nouveaux herbages, les chevaux adoptent un mode de vie plus serein : ils pâturent la nuit, restent à proximité des points d’eau et passent l’essentiel de leur temps à se reposer et à jouer.

Ces chevaux ayant été importés, sont des intrus dans les étendues sauvages du Namib. Toutefois, selon une étude de la biologiste Télané Greyling qui a été rendue public en 2005, il semble qu’ils ne constituent de menace ni pour les 500 plantes du fragile biome du Nama Karoo, ni pour la faune indigène comme les autruches, les gemsboks ou les sprinqboks. Ils ne se nourrissent que d’herbe, occasionnellement de buissons, et vivent dans un territoire relativement restreint, laissant tout le désert aux autres animaux pour rester à proximité de l’eau.

Près de Garub, un abreuvoir artificiel profite aussi bien aux chevaux qu’aux autres animaux du désert. C’est le seul point d’eau permanent de la région, alimenté par un puit à 4 km de là. Durant l’été austral (de novembre à mars), lorsque les températures dépassent souvent 30° Celsius, les chevaux vont boire toutes les 30 heures environ. En hiver par contre (de mai à septembre), quand les températures sont plus clémentes (en-dessous de 22° Celsius), ils peuvent se passer de boire pendant 72 heures.

En plus de l’herbe du désert, les chevaux mangent leur crottin ou celui de leurs congénères, absorbant ainsi des nutriments non digérés. Leurs excréments contiennent trois fois plus de lipides (2,0 %) que l’herbe séché des environs (0,7 %), et deux fois plus de protéines (6,1 % contre 3,1 %). La coprophagie est donc une supplémentation alimentaire très utile dans un environnement pauvre : le rapport est de presque 1 Kg de crottin pour 7 Kg d’herbe.

Les pieds sont parés naturellement par l’abrasion du sable et de cailloux. Il n’a pas été constaté de seimes sur une centaine de chevaux inspectés rapidement, et d’une manière générale, les pieds sont assez bon état. La sécheresse de l’environnement a l’avantage d’éviter tout pourrissement de la sole et de la fourchette, comme c’est le cas de beaucoup de chevaux en box qui piétinent dans une litière ammoniaquée par l’urine, ou de chevaux qui passent l’hivers dans un pré humide. Les critères esthétiques des concours de modèles et allures ne sont pas toujours ceux de la nature…

Les poulains sont soumis à une importante mortalité. 40 % d’entre eux n’atteignent pas l’âge adulte dans les difficiles conditions du désert du Namib. Ils doivent être capables de suivre la harde presque immédiatement après leur naissance, car les juments sont rassemblées par les étalons et ne sont pas autorisées à retarder le groupe. Les poulains sont parfois la proie de quelques hyènes brunes, guépards ou léopards qui errent dans la région, et en période de sécheresse, ils doivent parcourir de grandes distances qui les épuisent et leur sont parfois fatales.

L’isolement dans lequel ont vécu les chevaux du Namib pendant près d’un siècle a entrainé une certaine consanguinité. Pourtant, ces chevaux sont d’une incroyable résistance, résultat d’une sélection naturelle qui élimine les faibles et ne garde que les sujets dotés du meilleur patrimoine génétique. L’étude de prélèvements sanguins soulève d’ailleurs la possibilité que ces chevaux aient muté pour pouvoir survivre dans un environnement aussi inhospitalier. Les conditions désertiques n’ont pas que des désavantages : les chevaux du Namib ont peu de parasites.

Les hommes ont une responsabilité envers ces chevaux sauvages qu’ils ont amenés d’Europe pour leur propre usage avant de les abandonner dans ces contrées hostiles. La controverse sur l’impact de cette espèce étrangère n’ayant pas lieu d’être, les autorités namibiennes ont adopté de nos jours une gestion cohérente du problème en tirant les leçons de quelques erreurs du passé (comme la capture et la vente d’une centaine de chevaux sans sélection d’âge ni de sexe lors de la sécheresse de 1992).

Des études prenant en compte les pluies et les herbages ont établi que le chiffre de 130 chevaux était celui qui assurerait le meilleur équilibre avec les ressources du petit territoire où vivent ces équidés, des fluctuations à brève échéance pouvant osciller entre 80 et 180. En période de grave sécheresse, comme celle de 1992 qui a fait une quarantaine de victimes, les chevaux sont nourris avec de la luzerne, et en cas de surpopulation, un nombre déterminé de jeunes entre 2 et 4 ans (ceux qui n’ont pas de lien sociaux trop anciens avec leur groupe) sera relocalisé plus au sud à Aussenkehr, sur des terres qui leur sont attribuées près de la frontière sud-africaine.

Naturellement et malgré que les mortalités soient beaucoup plus importantes dans ce milieu hostile, il est acquis qu’il n’est pas nécessaire pour pérenniser l’effectif que la jument pouline une fois par an. Bien qu’aucun relevé ne semble avoir été fait dans ce sens, la moyenne se situe à un poulinage tous les trois à cinq ans par jument. Dans nos élevages en semi-liberté et à condition de se laisser inspirer par une conduite plus respectueuse des conditions originelles des chevaux sauvages, le seul levier que nous pouvons activer dans la conduite de nos élevages en semi-liberté, est le sevrage… Il serait judicieux de ne plus le provoquer l’année de la naissance…

 

Le 27/07/15 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition N° 52 311 du samedi 11 juillet 2015

L’AIN ET SES PAYS - Actualité
Un étalon de Villemotier
aux championnats du monde
du cheval barbe


ELEVAGE. Un cheval de l’Ain a remporté un prestigieux concours de race. Cet étalon va représenter la France aux championnats du monde du cheval barbe au Maroc du 13 au 18 octobre prochains.

En mars dernier, Baligh de Groboz, un étalon de 4 ans, élevé dans l’Ain, a remporté le concours international de l’association française du cheval barbe à Cluny (71)..
Ce cheval est né à Villemotier, aux haras de Groboz, chez Nadine et Jean-Marc Mussot, éleveurs de chevaux barbes (race chevaline originaire d’Afrique du Nord). Depuis, il a été acheté par Marie Rabatel, propriétaire d’une structure de tourisme équestre à Virieu-le-Grand. « Les juges allemands, algériens et français lui ont attribué la meilleur note du concours et l’ont donc approuvé étalon reproducteur de la race barbe. « Le cheval est apprécié sur ses caractéristiques morphologiques, il reçoit quatre notes sur le type, le modèle, les membres et les allures » explique Marie Rabatel.

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Baligh magnifique cheval Barbe
reçoit son prix avec Marie Rabatel.

Photo Isabelle Gaillard

Grâce à cette victoire, l’éleveur de Virieu va représenter la France à El-Jadida au Maroc. Nous vous avions relaté la déception de Marie Rabatel : « Malheureusement, Baligh ne représentera pas la France en octobre prochain à El-Jadida, au Maroc et c’est vraiment rageant. Il ne se mesurera pas aux meilleurs chevaux barbes du monde, car il a obtenu la note de 15,4 sur 20 et il faut obtenir 16 pour concourir à ce niveau… ». C’était sans compter sur la bienveillance de l’organisation mondiale du cheval barbe qui a finalement décidé de repêcher ce splendide cheval. Faut dire qu’à Cluny, il avait battu deux chevaux qui c’étaient qualifiés avant lui pour El-Jadida.

Pratique : Le site : www.groboz.fr

 

Le 27/06/15 à 14h00

Le cheval et la régulation des naissances !

Une impression désagréable s’empare de moi quand je tombe par hasard sur le journal de 20 heures. Je me plante devant les images du « péril » causé par les chevaux mustang vis-à-vis du bétail aux Etats Unis. Après le fleau des Brumbies d’Australie en 2013, va-t-on régulièrement assister à ces reportages sur le cheval destructeur de son écosystème ?

Une controverse entoure la présence de troupeaux de chevaux sauvages. Leur détracteurs soutiennent que les chevaux dégradent le pâturage et rivalisent avec le bétail pour le fourrage. Est-ce parce qu’il s’adresse au grand public ? En tous cas ce qui est rageant, c’est que le dossier soit traité sans préciser un certain nombre de points fondamentaux suivants:

Les chercheurs notent que la plupart des troupeaux de mustang vivent dans des zones arides. Les chevaux sont mieux adaptés à l’évolution de tels climats ; ils peuvent s’éloigner neuf fois plus loin que le bétail des sources d’eau, voyageant près de 50 miles par jour. Ceci leur permet d’utiliser des zones non fréquentées par le bétail.

De plus, les chevaux digèrent les substances nutritives au moyen du caecum plutôt que par un estomac multi-compartiments. Cela leur permet d’extraire plus d’éléments nutritifs. Les chevaux peuvent donc trouver une nutrition adéquate à partir d’un fourrage plus pauvre que celui nécessaire au bétail, survivant ainsi dans des zones où le bétail serait affamé.

Les mustangs ont peu de prédateurs naturels mis à part les pumas, et dans une moindre mesure, les grizzly et les loups. Dans les lieux où il existe une équilibre naturel de prédateurs et de proies, le nombre de mustang a tendance à rester à l’équilibre. Cependant, dans de nombreuses zones, les prédateurs naturels ont été éliminés de l’écosystème.

Effectivement, sans une certaine forme de contrôle de la population, la taille des troupeaux de mustang peut se multiplier rapidement, pouvant même doublé tous les quatre ans. Pour maintenir l’équilibre de la population, et non pour faire de la place pour le bétail, a été créé en 1971 l’Appropriate Management Level.

En Mongolie, une introduction a été menée dans le site de Takhin Tal (Gobi B) par l’International Takhin Group. Entre 1992 et 2004, 90 chevaux ont été transportés. Trois autres mâles ont été transférés du parc national de Hustai vers Takhin en 2007. Il y a actuellement 111 chevaux en liberté dans neuf groupes au sein de cette population…

Plus éloquent encore, L’histoire des chevaux de Namib… Un riche aristocrate allemand, Hansheinrich von Wolf élevait des chevaux (350 en 1911) à Duwisib, à 250 km au nord-est de Garub. Après son retour en Europe et sa mort durant la Première Guerre Mondiale, sa ferme aurait été pillée puis laissée à l’abandon, permettant aux chevaux de Duwisib de reprendre leur liberté.

Après la découverte de diamants près de Lüderitz, la zone interdite Sperrgebiet est étendue en 1909 à la région de Garud. Pendant l’occupation sud-africaine, la zone est confiée à la compagnie minière Consolidated Diamond Mines qui maintient l’application de l’interdiction jusqu’en 1986. Grâce à cette restriction d’accès, les chevaux de Garub ont pu vivre jusqu’à aujourd’hui dans un territoire épargné par les activités humaines.

Malgré leur extraordinaire adaptation aux rudes conditions du désert, les chevaux du Namib n’auraient jamais pu survivre sans l’abreuvoir artificiel de Garub. La compagnie minière a maintenu le bon fonctionnement du pompage pendant des décennies en sachant apparemment à qui il profitait le plus…

En 1991, Jacqueline Ripart compte 276 chevaux. Rappelez-vous du livre de compte de 1911 de Hansheinrich von Wolf et de ses… 350 chevaux … Au lieu de succomber à la manipulation des industriels du bétail, les médias ne devraient-ils pas nous inviter à nous poser la question : existe-t-il sur terre une espèce animale qui régule ses naissances ? Ne serait pas justement le cheval ?

Si l’actualité de Groboz le permet, nous aborderons le mois prochain, la question de faire pouliner à Groboz, une année sur deux. Nous le ferons en respectant les objectifs d’élevage de Groboz et nous le ferons en prenant en considération l’étude menée sur les chevaux sauvages du Namib…

 

Le 27/05/15 à 14h00

« IL faut la vie d’un homme pour faire un cheval ! »

L’autre jour à Cluny, je me suis retrouvé à table avec Yvon Babin et Ahmed Rayane… . Je n’ai pas laissé passer une telle occasion, de confronter la philosophie de l’élevage de Groboz et le regard sur le cheval de ces deux personnalités du monde du cheval Barbe.

Sur la route déjà, Nadine et moi nous demandions : « Est-ce que l’on fait pouliner un an sur deux pour préserver nos juments ? » Cette question me semble adéquate pour entamer l’échange. Tous deux en guise de réponse, me lancent : « La question est de savoir quel est le cheval que l’on veut ? »

Et de me parler de notre élevage alors que nous évoquions la possibilité d’acheter un deuxième étalon algérien (après Ghafel) en copropriété : « Si vous faites cela, vous faites mieux que ce que nous préconisons : retremper la souche toutes les trois générations ! ». Sans le savoir, mes deux amis me confirment que notre choix d’élevage est de préserver le cheval dans ses origines.

Donc nous parlerons plus tard du poulinage biannuel ! je vous propose, comme ils l’ont fait, de nous concentrer sur l’importance de « retremper » la souche (barbe algérien, barbe marocain,…) afin de préserver les différents types de barbes sans que la région d’élevage (France, Allemagne,…) ne les influence !

La phrase : « il faut la vie d’un homme pour faire un cheval », prend d’un coup une tout autre dimension bien plus noble : un homme peut consacré sa vie à créer le cheval idéal, il peut aussi consacrer sa vie à préserver le cheval qui nous fascine tant depuis des millénaires…

 

Le 27/04/15 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition N° 52 215 du lundi 6 avril 2015

L’AIN ET SES PAYS - Actualité
Un étalon de Villemotier
remporte le concours
international à Cluny


ELEVAGE. Un cheval de l’Ain a remporté un prestigieux concours de race. Cet étalon va pouvoir désormais permettre de développer la race barbe.

La semaine dernière, Baligh de Groboz, un étalon de 4 ans, élevé dans l’Ain, a remporté le concours international de l’association française du cheval barbe à Cluny (71).
Ce cheval est né à Villemotier, aux haras de Groboz, chez Nadine et Jean-Marc Mussot, éleveurs de chevaux barbes (race chevaline originaire d’Afrique du Nord). Depuis, il a été acheté par Marie Rabatel, propriétaire d’une structure de tourisme équestre à Virieu-le-Grand. « Les juges allemands, algériens et français lui ont attribué la meilleur note du concours et l’ont donc approuvé étalon reproducteur de la race barbe. « Le cheval est apprécié sur ses caractéristiques morphologiques, il reçoit quatre notes sur le type, le modèle, les membres et les allures » explique Marie Rabatel.

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Baligh magnifique cheval Barbe
reçoit son prix avec Marie Rabatel.

Photo Isabelle Gaillard

Grâce à cette victoire, l’éleveur de Virieu va développer la race avec cette étalon qui a désormais une grande valeur. « Malheureusement, Baligh ne représentera pas la France en octobre prochain à El-Jadida, au Maroc et c’est vraiment rageant. Il ne se mesurera pas aux meilleurs chevaux barbes du monde, car il a obtenu la note de 15,4 sur 20 et il faut obtenir 16 pour concourir à ce niveau… Mais du côté de Villemotier, on pense avoir trouvé la solution pour faire franchir le cap aux prochains poulains à naitre », affirme Marie Rabatel.

Pratique : Le site : www.groboz.fr

 

Le 27/03/15 à 14h00

Badia !

Cette après-midi, Fred et Mathilde s’occupent de Badia pour la première fois ! Le programme : installation de la selle et longe aux trois allures… Bilan : longe aux trois allures avec la selle,.. le mors et.. les étriers. Et encore, Fred pense qu’il aurait très bien pu la monter et partir sur les chemins…

Pourquoi ça semble si simple avec certains chevaux ? Pour comprendre, il faut remonter à leurs parcours et aux différentes étapes de leur vie… De la naissance jusqu’au sevrage, puis la nature du contact que l’homme aura su créer, ou pas...

Badia est née à « La cavale » chez Florence dans les Pyrénées. Les chevaux y sont élevés en totale harmonie avec les éléments naturels qu’ils côtoient depuis des millénaires. Cet équilibre est le socle sans lequel, la relation entre l’homme et le cheval ne sera jamais aboutie.

Elle est arrivée à Groboz l’hivers dernier. Nous avons fait comme avec tous nos chevaux, nous nous sommes contentés de répondre à sa curiosité quotidienne. Dans tous les cas, nous ne la sollicitons que pour une raison utile et nécessaire à sa subsistance où à sa raison d’être.

Badia est destinée à faire des poulains comme l’ont fait avant elle ses aïeuls. Ses poulains n’ont un avenir que s’ils perpétuent une histoire de cinq mille ans, celle de la race Barbe. Ils devront acquérir une notoriété dans une discipline qui dans le cas du Barbe est actuellement l’endurance.

Leur mère doit être montée pour obtenir des résultats significatifs avant d’avoir son premier poulain. C’est la raison pour laquelle, nous avons entrepris depuis quelques semaines le travail juste nécessaire. Le plus impressionnant, c’est que Badia semble le savoir…

Depuis quelques semaines, avant que Fred et Mathilde ne s’occupent d’elle, Nadine n’a fait en tout et pour tout que trois séances : tapis et sangle, tapis et sangle aux trois allures en longe, tapis et sangle et mors aux trois allures en longe…

 

Le 27/02/15 à 14h00

Cheval Camargue !

Un homme poursuivi par un taureau noir sur la plage des Saintes-Maries-de-la-Mer. Il n’eut pas d’autre choix que de se jeter à la mer. Alors que les flots l’emportaient, il fut sauvé per un étalon qui sortit de l’écume et lui dit : « je ne serai jamais ton esclave, mais ton ami ». L’homme apprivoisa l’étalon durant trois jours et celui-ci devint à la fois son meilleur ami et le fondateur des chevaux de Camargue.

Est-il « né de l’écume de la mer » comme le raconte la légende ? A-t-il pour ancêtre le cheval de Solutré ? Est-il frère du barbe ? Je me pose toutes ces questions, au moment où je pénètre dans Arles, j’ai rendez-vous avec Jean-Claude Girard, conservateur des musées du Gard. Il ne fait aucun doute pour l’un et l’autre, qu’aucun cheval ne se serait jamais enfoncé de son propre gré, dans le territoire inhospitalier de Camargue, ce qui écarte l’hypothèse du cheval de Solutré.

En 1807, l’académie des sciences de Marseille fait de l’introduction de chevaux barbes par Flavius Flaccus aux environs d’Arles, vers 626 avant J.-C., la souche fondatrice de la race camarguaise. Ce récit est transmis par les érudits locaux. Le Camargue présente selon eux une forte ressemblance avec les chevaux de la cavalerie numide que les romains affrontent durant les deux guerres de Carthage, après la conquête de l'Afrique du Nord. Les croisements auraient été renouvelés pendant le séjour des sarrasins en Provence, vers 730.

Jean-Claude pense que le plus fascinant est moins les origines du cheval Camargue, que la parfaite adaptation à ce milieu difficile des marais, supportant les hivers rigoureux, le vent et les étés brulants. Au point de devenir le symbole fort de la terre où il est né et où il vit en semi-liberté. Aujourd’hui, Jean-Claude m’invite à poursuivre à Groboz notre activité favorisant l’équilibre de la biodiversité avec le cheval, en s’inspirant de l’élevage camarguais dans l’aménagement du territoire.

A Groboz, nous avons résolument choisi d’élever les chevaux barbes le plus près possible de leur milieu à l’état de chevaux sauvages. Et tant mieux, si leur lien est plus profond encore en étant la souche originelle du cheval Camargue. Après le premier pilier de la souche originelle du cheval Camargue, après le deuxième pilier de l’élevage proche de la nature, la légende pour sa part, porte en elle un troisième et nouveau pilier, l’incroyable relation qui unit l’homme et le cheval depuis des milliers d’années…

 

Le 27/01/15 à 14h00

Vivre ensemble !

Quatre ans déjà ! Nous étions enthousiastes à l'idée de voir se développer le festival des équitations du monde... Tout de suite après la troisième édition 2010, nous étions réunis à Groboz pour rédiger les statuts de la nouvelle association... Une idée m'était venue en cette après-midi d'automne. Je me souviens avoir posé une question : pourquoi un festival des équitations du monde ? Je me souviens d'une des cinq réponses : "Apporter des alternatives aux enjeux de société par le brassage culturel".

Il faut dire que nous venions de vivre un moment de partage inoubliable... Nous avions mis les chevaux dans les rues de Bourg en Bresse sans imaginer l'accueil que nous réserveraient les communautés Marocaines et Algériennes de l'agglomération. La complicité de Ghafel harnaché en Fantasia avait évoqué cette culture au point d'attirer jusque sur le champ de foire des jeunes gens en quête d'identité. Heureusement la diversité des équitations du monde est là pour nous rappeler à quel point le fil qui unit les civilisations et leurs montures, n'a jamais été rompu.

Alors même que des amis étaient venus à Groboz pour exprimer leur désir de relancer un tel évènement à Equita. Alors même qu'ils souhaitaient attester de la multiplicité des cultures équestres. Alors même qu'ils nous rappelaient au passage, que le cheval est bien plus qu'un loisir et qu'il peut combler une partie du vide culturel nécéssaire pour réussir la mixité sociale ! Le 07 janvier, la folie de trois hommes en mal de repères allait nous rattraper...

 

Le 27/12/14 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition N° 52 042 du mercredi 15 octobre 2014

LA BRESSE Marboz - St-Trivier VILLEMOTIER
Equitation : Ussam de Groboz qualifié en 90 km vitesse libre, à Saint-Etienne-du-Bois

Dimanche, l'écurie Corbière, située à Saint-Etienne-du-Bois, organisait comme tous les ans deux courses d'endurance sur son terrain, avec au final peu de route et un balisage amélioré. Pour la deuxième course de la journée, le terrain était plutôt boueux et glissant mais Ussam n'a pas rencontré de problèmes particuliers. Rencontre avec Frédéric Noël, son cavalier..

Comment s'est comporté Ussam ?
Le parcours se déroulait sur 3 boucles de 29 km. Ussam de Groboz est passé devant un vétérinaire et est parti avec un cardiaque de 44. A la fin de la première boucle, il affichait un cardiaque de 52. Après la pause obligatoire, on est reparti et Ussam a fini la deuxième boucle avec un rythme cardiaque de 48. Puis, 15 minutes avant le départ de la troisième boucle, il a un cardiaque de 56. Il faut savoir qu'en 90 km vitesse libre, le cheval est éliminé s'il dépasse 56. On s'est lancé sur la troisième boucle et Ussam a terminé avec un cardiaque de 46, donc il se qualifie en 90 km vitesse libre.

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Ussam de Groboz, monté par son cavalier, Frédéric Noël.
Photo photoEAgnès R.

Qu'en est-il de vos objectifs ?
Je reste convaincu que si la course d'Uzes s'était déroulée normalement (la semaine dernière, NDLR), j'aurais pu qualifier Ussam de Groboz pour le championnat d'endurance international (CEI). C'est important aussi pour faire connaître cette race qui est le barbe que l'on voit trop peu en compétition d'endurance malheureusement. Dans l'ensemble, tous mes objectifs pour l'année 2014 sont réalisés et pour 2015; on repartira ensemble sans aucun doute.

 

Le 27/11/14 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition N° 52 039 du vendredi 12 octobre 2014

LA BRESSE Marboz - St-Trivier VILLEMOTIER
Un déluge d'eau s'est abattu
sur la famille Mussot dans le
Gard


Intempéries. Piégé dans leur voiture à 7 kilomètres d'Uzes, le couple se rendait à la finale nationale des jeunes chevaux. La manifestation a été annulée face à l'urgence.

Nadine et Jean-Marc Mussot s'apprétaient à nous faire vivre de l'intérieur la première participation de deux chevaux barbes à la finale nationale d'endurance des jeunes chevaux à Uzes dans le Gard (voir notre article du 10 octobre). 650 chevaux, 2 000 concurrents et leur assistance, ainsi que de nombreux acheteurs venant de l'Europe et des pays du Golfe étaient attendus. Mais le ciel en a décidé autrement.

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Vendredi midi, la vision du Pont du Gard était apocayptique.
Photo DR

Ils roulaient avec les chevaux issus de leur élevage bressan de Groboz quand les éléments les ont pris de court sur la route d'Uzes. Jean-Marc Mussot témoigne. "Nous sommes partis vendredi matin our rejoindre Fred, le cavalier, sur place depuis la veille avec Ussam de Groboz pour le contrôle vétérinaire. Mais quand nous prenons la bifurcation de l'A9, il nous appelle : "Vous êtes où ? Ici c'est la catastrophe météo, nous avons un point avec l'organisation à 10 heures". Nadine et moi, nous nous sommes regardés avec la même moue dubitative. Au sud, il y avait un grand soleil et au nord-ouest, le ciel ne laissait rien présager de bon, mais rien d'affolant dans l'immédiat.
Nous quittons l'autoroute et là en très peu de temps nous entrons dans une vision d'apocalypse : des torrents de boues se deversent dans les vignes. Le premier panneau "Route barrée", puis une file de voitures arrêtées et deux qui baignent dans le fossé. Le GPS annonce à ce moment-là "Uzes à 7 kilomètres". Trop loin pour tenter quelquechose, inquiets ous appelons Fred pour le prévenir que nous nous replions sur le site du Pont du Gard. Là, nous pourrons décider de la conduite à tenir avec la cellule de crise de la préfecture du Gard.


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Nadine Mussot n'a pas pu rejoindre la ville d'Uzes,
ville coupée du monde.

Photo Isabelle Gaillard

A 10h30, Fred nous apprend que la course est définitivement annulée et qu'il se dépêche de reprendre la route avec le Van. Devant nous, il y a moins de 30 minutes, il y avait une digue de cinq mètres de haut. Avec effroi, nous voyons le Gardon l'engloutir..." Jean-Marc et Nadine Mussot ont finalement pu rejoindre, sous un déluge d'eau, leur fille aînée du coté de Montpellier.

 

Le 27/10/14 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition N° 52 037 du vendredi 10 octobre 2014

LA BRESSE Marboz - St-Trivier VILLEMOTIER
Ussam de Groboz
sera au départ de la finale nationale d'endurance


Equitation. Dans la catégorie jeunes chevaux, ils seront 145 sur la ligne de départ, à Uzès, dans le Gard, et il sera le seul cheval Barbe.

Frédéric Noël est un passionné des chevaux, qu’il a découverts auprès de son père dès son plus jeune âge, pendant seize ans, il a exercé le métier de palefrenier-soigneur. Cavalier émérite mais non professionnel, depuis deux ans, il monte et entraîne Ussam de Groboz, cheval Barbe de 6 ans, né à Villemotier et fils de Ghafel, étalon barbe pur algérien. Frédéric et Ussam ont quitté les haras de Groboz cette semaine pour Uzès (Gard) où se déroulera ce vendredi la finale nationnale de course d’endurance sur laquelle des chevaux du monde entier seront engagés. Rencontre.
Comment se qualifie-t-on pour Uzès, qui est une compétition de réputation internationale ?
Depuis deux ans, Ussam est inscrit sur des courses d’endurance. L’an dernier, il courait en amateur. Cette année, il est passé en SHF (Société hippique française) en catégorie Jeunes chevaux. Les courses d’endurance ont des distances de plus en plus longues (40, 60, 80 voire 120 km) au fil des qualifications avec des pauses intermédiaires d’1 heure au cours desquelles il y a un contrôle vétérinaire très sérieux. O, mesure l’état du cœur, les boiteries éventuelles, la déshydratation et le vétérinaire décide si le cheval continue ou non. Mais en général, le cavalier n’attend pas le vétérinaire pour décider d’un arrêt sur course s’il sent son cheval trop fatigué ou en souffrance. Chaque course donne des points. Ussam a fait une dizaine de courses cette année et il s’est qualifié cet été à Malafretaz, qui est une course inter-régionale réputée sur un parcours de 80 km en vitesse imposée. Les dix chevaux en lice se sont qualifiés.
Comment se déroulera l’épreuve d’Uzes ce vendredi ?
Comme Ussam s’est déjà qualifié aux 80 km en vitesse imposée, il ne courra que l’épreuve des 80 km en vitesse libre sur un parcours balisé. Mais évidemment, le temps de parcours est très important. Les chevaux seront notés de excellent à très bon, bon et qualifié. Il y aura trois boucles de 31, 29 et 20 km avec 1 heure de pause entre chaque boucle. Il y aura au total 600 chevaux présents et juste 3 Barbes. Dans sa catégorie, ils seront 145 et il sera le seul Barbe, car ce sont presque tous des chevaux arabes ou Barbe-arabes qui sont très endurants et donc très performants.

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Ussam de Groboz, entouré de son éleveuse
Nadine Mussot et de son cavalier, Frédéric Noël.

Photo Isabelle Gaillard

Quels sont vos objectifs ?
Mes objectifs sont doubles : d’abord finir la course avec Ussam en bonne santé en espérant un bon voire très bon classement, car ce cheval a démontré qu’il en a les capacités. Il sera observé par un public nombreux et connaisseur. Il faut justement montrer qu’il faut faire revenir le cheval Barbe à l’endurance car c’est là son essence même, il est fait pour les longues distances, il doit reprendre sa place, il sera le seul dans sa catégorie et je suis très fier de le monter.

Pratique : Pour en savoir plus :
Epreuves d'Uzes: endurance-uzes.com

 

Le 27/09/14 à 14h00

Leçon de cheval !

- Et si on changeait les chevaux maintenant ? Je vais chercher un licol !

- Pas besoin, regarde !

Nadine n'a pas terminé sa phrase, elle file en direction du pré des filles.

D'ordinaire, pour déplacer un groupe, vous mettez un licol et une longe au cheval dominant et l'entrainez là où vous souhaitez vous rendre. Nadine ne prête même pas attention à Camilla qui se dirige maintenant vers elle au petit trop.

- Regarde ! Camila va me coller et tout le monde va suivre...

Je ne sais pas si je suis plus impressionné par ce qu'elle va faire ou par la certitude qu'elle va le faire.

Nadine analyse et répertorie depuis une dizaine d'années, les attitudes du cheval dans son milieu naturel. Elle apprend à reproduire des comportements similaires tout en suggérant au cheval de développer sa curiosité naturelle, source pour lui d'un intérêt nouveau.

Elle permet d'inciter et suggérer plus que d'imposer, elle permet aux chevaux de laisser libre cours à leur créativité, de se sentir valorisés et d'aller plus loin que là où les directives sans libre choix les auraient amenés.

Camila est une pouliche de deux ans dont le désir de coopération à grandi avec son apprentissage, au point d'assimiler Nadine à son leader incontesté. Plus surprenant encore est cette motivation à suivre Nadine qui influence son groupe de chevaux au point d'en être momentanément la référence incontestée...

 

Le 27/08/14 à 14h00

Génération Camargue !

Domaine d'Estagel, nous distribuons du foin au milieu des taureaux de la manade Bilhau. "Regarde papa ! Y-a trois lièvres" lance Matéo. Je lis dans le sourire de son père, le bonheur de voir des gestes simples se transmettre. Quatrième génération depuis l'arrière grand père de Matéo, Emile Bilhau qui aurait sourit aussi devant l'enthousiasme encré sur ses terres. Pascal porte cependant un regard lucide sur la Camargue, un œil bienveillant sur sa famille, sans éluder les difficultés. Tout en préparant l'avenir de la manade, il ignore que lui et les siens portent des solutions aux enjeux de société au delà de la Camargue.

Peuple gardian à cheval, peuple gardien des traditions, peuple moderne revendiquant sa culture... Solidement ancré entre les deux bras du colosse auquel ils livrent un combat millénaire, le Rhône ! Le territoire en porte les cicatrices, notamment dans les chapelets d'étangs alternant avec les marais. Une preuve des sept embouchures du fleuve qui, au passage des siècles, a capté les eaux de la Durance. Modelant aussi les costières du Gard et irriguant la plaine de la Crau. Une fois dompté, le Rhône et sa vallée sont depuis des temps immémoriaux voie de commerce, le monde entier échange dès l'antiquité entre Arles et son ancien port, Fos.

Les deux piliers sur lesquels se fondent le peuple gardian sont le taureau et le cheval. Leurs origines se perdent dans la préhistoire, personne ne peut dater précisément leur présence, mais déjà au moyen âge, on raconte la vie dans les élevages, le tri, la ferrade, les jeux avec les taureaux. La création, en 1512 , de la Confrérie des gardians de bouvino et de rossatino apporte un témoignage de l'immortalité que possède le goût d'inscrire la vie de chacun dans notre histoirecommune. Des hommes qui affichent leurs fondamentaux, sortis des grandes métropoles cosmopolites ou le brassage mal maitrisé des populations gomme les identités.

C'est un pays à nul autre pareil. Un pays gorgé d'eau et terrassé par le soleil. Un pays que les hommes n'ont jamais tout à fait dompté tant sa géographie semble mouvante. C'est un territoire que seuls les taureaux, les chevaux et les oiseaux ont finalement apprivoisé. Au point de nourrir les plus belles histoires d'amitiés sauvages des cavaliers sans peur et une nature sans reproche. Une nature fragile et puissante à la fois qui, au sein de chaque famille, transmet sa poésie, ses traditions, son savoir-faire et ses secrets. Pour que vive l'esprit Camargue. Et se perpétue la génération Camargue dont nous avons tant besoin...

 

Le 27/07/14 à 14h00

Leadership 2/2 !

Nous avons vu le mois dernier que pour le cheval l'autorité sans leadership ne conduit nulle part. Nous allons maintenant essayer de l'appliquer à notre vie de tous les jours, par exemple au fonctionnement d'une entreprise... Comme les méthodes "d'éducation" des chevaux ont, et c'est heureux, positivement et drastiquement évolué. Aujourd'hui, on obtient par la suggestion et l'envie de faire ce que la "soumission" obtenue par la force et la contrainte n'avaient jamais permis d'obtenir.

Ces méthodes sont tout simplement issues des observations du comportement des chevaux dans une nature souvent inhospitalière, la différence essentielle étant que l'analyse de ces comportements et leur application dans l'éducation des chevaux ne pouvaient être opérées que par l'homme et pas l'inverse. L'homme a appris à parler "cheval" et a cessé de croire que le cheval pouvait penser comme un homme au sens "raisonner" du terme.

Les hommes ne "chuchotent" donc pas à l'oreille des chevaux, qui ne comprennent qu'une seule langue : la leur. Au contraire,les hommes ont du apprendre à les écouter et à parler leur langage car l'homme reste le seul être doué de la capacité à apprendre d'autres langages que le sien. Les chevaux ne sont pas idiots, ils ont vite compris leur intérêt à une coopération active : manger, dormir, se trouver en sécurité. Une analogie à la pyramide de Maslow malheureusement utilisée très tard... pas trop tard, heureusement.

Les gestes, attitudes du cheval, ont (presque) tous été répertoriés, analysés et compris. L'homme, lui, a appris à reproduire des comportements similaires : "parler cheval", "agir cheval", tandis que l'absence de violence dans ses interactions avec l'homme amenait les chevaux à ne plus fuir, à mieux comprendre, accepter et exécuter ce qui leur était demandé. Donnant - donnant, voire gagnant - gagnant.

Cette différence, tenue pour les uns, fondamentale pour d'autres, est porteuse de changements fondamentaux dans notre façon de "diriger". Le leadership est donc d'abord une écoute et compréhension de l'autre. Il permet d'inciter et suggérer plus que d'imposer, il permet aux individus de laisser libre cours à leur créativité, de se sentir valorisés et, partant, d'aller plus loin que là où des directives sans libre choix les auraient amenés.

Le cheval, si on l'observe dans son milieu sauvage naturel, obéit d'instinct (de survie) à ce qu'il croit bon pour lui, pour son confort, pour la pérennisation de son espèce. La simple suspicion de la présence d'un danger (prédateur = mort certaine) fait fuir le groupe au grand galop sans autre questionnement... Le cheval "individu" lui, est toutefois libre, sans contrainte. Il peut choisir de ne pas suivre la fuite du groupe devant un danger. Néanmoins, il accepte les règles de vie de groupe que le leader a établi parce qu'il sait que s'il ne le fait pas, sa vie sera alors en jeu et son instinct lui dicte de la préserver, à tout prix.

Dans un groupe de personnes qui travaillent ensemble en entreprise, l'idée est la même : celui qui est capable de porter et partager sans l'imposer une vision et les moyens à mettre en œuvre pour assurer survie et confort au groupe s'impose naturellement comme leader. Il ne contraint ni ne soumet, il incite par son charisme, sa capacité de conviction, son objectivité, son impartialité, sa crédibilité. Il crée un mouvement dans lequel il est suivi, volontairement. Il sait où aller, les membres du groupe lui font confiance, le suivent non parce qu'ils le "doivent" ou y sont forcés mais parce qu'ils ont la conviction profonde qu'il peut les mener vers le but commun.

S'ils ne sont pas convaincus que leur confort est "garanti" par les dires du leader, les membres du groupe "fuiront" comme le font les chevaux. Cette fuite se traduira immanquablement par un manque de coopération, une performance réduite, une inertie, voire un renoncement, autant de situations impropres à un épanouissement personnel ou professionnel et à la performance économique. Tout le monde est donc perdant : l'entreprise et le salarié.

Pour contrer ce phénomène à même de compromettre le succès de tout le projet de l'entreprise, le leader doit plutôt inciter à agir, s'abstenir de contraindre par la force, expliquer ce qu'on attend des équipiers, se comporter de sorte que les membres du groupe adhèrent à sa vision, projet ou idée. On en revient donc encore une fois à cette notion de non - contrainte, de consentement, de leadership, qui a montré son succès avec les chevaux : "un bon dresseur peut faire en sorte qu'un cheval fasse ce qu'il veut, un excellent dresseur (un leader) fera en sorte que le cheval veuille le faire".

Exemple : prenez un manager et mettez-le dans un endroit clos avec un... cheval. Demandez-lui de faire en sorte que le cheval recule. L'histoire (vraie) a montré que la première réaction du manager est de lever les bras en l'air et de crier à l'adresse du cheval "recule ! recule !". Ses gesticulations et autres cris,n'ont en général que deux possibles réponses : ou bien le cheval ne bronche pas parce qu'il ne les comprend pas, ou bien il prendra la fuite pour échapper à ce flot injustifié de violence verbale et gestuelle...

Vient alors le leader qui, par sa seule attitude, obtiendra en un rien de temps ce que notre agité de manager n'aura pu obtenir. Pourquoi ? Parce qu'il aura préalablement appris à parler le langage "cheval", à instaurer la confiance et à suggérer plutôt que d'imposer. Allez donc imposer votre volonté par la force à 600 Kg posés sur quatre sabots ! Oui, le management doit donner des directives, oui le management doit décider. Je vous entends déjà me dire "mais enfin, il faut bien que mon business fonctionne et tout le monde ne peut pas être le chef !".

En revanche, ne pensez-vous pas qu'il est réellement épuisant de s'évertuer à "être directif" là où "inviter à faire" instaure une confiance réciproque, une envie de bien faire, de se dépasser, pour l'atteinte du but commun ? Un style de leadership utilisant la contrainte, la force, la coercition, la violence, ne donne lieu qu'à frustration, fuite et contre performance, individuelle donc collective. Le leadership par adhésion, consentement, provoque l'exact effet inverse, chez les chevaux comme chez les hommes.

Personnellement j'ai ma réponse à la question de la survie du groupe humain posée en début d'article : elle est, tout autant que chez les chevaux, assurée par un leader qui, selon une définition bien à moi, sera "celui qui me donne envie de me lever le matin et de me dépasser à ses cotés". Ma survie (au sens bien être) en dépend. Comme son nom l'indique, il guide, c'est à dire qu'il donne une direction, crée une vision (où devons-nous aller et pourquoi?). A l'instar des chevaux, il ouvre la voie et mène ses équipiers, sans contrainte, vers l'atteinte de l'objectif qu'il a fixé et auquel tous ont adhéré.

Marie Coulbois

 

Le 27/06/14 à 14h00

Leadership 1/2 !

Laissez-moi tout d'abord vous posez une question, à priori sans rapport avec le sujet : comment les chevaux survivent-ils à l'état sauvage ? Il y a DES réponses, parmi celles-ci on trouve, tout simplement, la présence d'un leader. Respectable et respecté, celui-ci donne l'impulsion au groupe, organise sa survie. Grâce à lui, le groupe peut boire, manger et se déplacer en toute sécurité. Notons au passage que, contrairement à beaucoup d'idées reçues, le leader d'une harde de chevaux n'est pas nécessairement (voir jamais) l'étalon mais une jument...

Les chevaux savent d'instinct que s'ils ne suivent pas leur leader, ils seront rapidement à la merci de la faim, de la soif, des prédateurs... C'est dire qu'ils n'iront nulle part. En animal grégaire, le cheval - tout comme l'homme - vit en groupe. Il ne survit pas, ou très mal, à la solitude. Il utilise la dynamique du groupe pour assurer sa survie, son confort : l'un se charge de surveiller le troupeau, l'autre de donner l'alerte en cas de présence d'un prédateur, tous se rendent utile à quelque chose, à différents degrés...

Le leader guide la harde là où il sait qu'elle pourra manger et boire à profusion, ultime démarche s'il en est. La survie et le confort du groupe sont à ce prix : une coopération intelligente. A présent, opérons un petit retour dans le temps : lorsque l'homme a entamé la domestication du cheval sauvage, en qui il voyait un instrument de mobilité, de travail et autres avantages, il l'a fait par la force et la contrainte, par la soumission au sens le plus péjoratif du terme. Le cheval ne voyait lui en cet "animal inconnu" qu'un prédateur qui, s'il s'y soumettait, assurait sa survie.

En réalité, il acceptait de renoncer à sa liberté pour garder la vie, l'instinct de survie étant plus fort. Doté d'une force physique et d'une vitesse de course supérieures, il pouvait pourtant facilement éviter l'étreinte qu'on voulait lui imposer et qu'il pensait mortelle... Pour autant, l'Homme parvint à le capturer - par ruse et non par force - et voulut le domestiquer - par force et non par ruse -, Devant son impuissance à le faire "plier" à ses désirs biens humains, l'homme a utilisé violence, contrainte, coercition, douleur. Force est de constater que ce pauvre animal, s'est donc résigné, soumis à "coopérer".

A l'évidence, cette coopération n'était que reddition et renoncement, aptes à servir son instinct de survie, devant les moyens de coercition et de violence dont il était l'objet... Au XXIème siècle naissant, nous ne sommes certainement pas le monde des Bisounours : l'usage de la contrainte pour obtenir ce que l'on veut est encore largement répandu mais au fil du temps, la croyance que l'obéissance à un souhait émis par un leader, "un chef" devait être proportionnelle aux (mauvais) traitements subis a favorablement évolué. Les méthodes "douces" ont fleuri, ici et là, certaines avec succès, d'autres moins. Peu importe, un changement important était en marche...

Le fil rouge de ce changement reste l'absence de contraintes physiques et, surtout la conviction maintenant bien ancrée, que l'autorité sans leadership ne conduit nulle part. Tout cela est très bien résumé dans cette citation de Monty Roberts (1) précurseur en matière de méthodes "douces" de dressage des chevaux : "un bon dresseur peut faire en sorte qu'un cheval fasse ce qu'il veut, un excellent dresseur - un leader, fera en sorte que le cheval veuille le faire". Nous verrons le mois prochain l'utilité que l'on peut faire de tout cela, en l'appliquant par exemple au fonctionnement d'une entreprise...

Marie Coulbois

Notes : (1) A propos de Monty Roberts : Le père de Monty Roberts était dresseur de chevaux et utilisait des méthodes traditionnelles de dressage de l'époque, c'est-à-dire cruelles. Monty Roberts l'avait vu martyriser les chevaux en leur lançant des sacs de sable sur la croupe, les fouetter pour les désensibiliser, ou encore attacher le pied du cheval à hauteur de son ventre à l'aide d'une corde reliée à un collier placé autour de son encolure jusqu'à ce qu'il se soumette... Monty Roberts était persuadé qu'il existait un autre moyen de procéder. Il a décidé de partir seul dans le désert pour observer les Mustangs en liberté. En étudiant le comportement de ces chevaux sauvages il va tenter de comprendre leur langage corporel, qu'il appellera "Equus". Il utilisera par la suite ce même "langage" pour élaborer une méthode de débourrage qu'il appellera Join-Up (consentement), basée cette fois sur la confiance et la bonne volonté du cheval, décidé à ne pas faire !

 

Le 27/05/14 à 14h00

Ghafel !

— J'appele Florence pour lui dire qu'on sort de l'autoroute ! lance Nadine, alors que nous longeons l'étang de Leucate, les yeux rivés sur un cargo qui mouille au large.
— C'est pas la peine ! Sur la carte, c'est un cul de sac... lui répondis-je. Nous ne savons pas encore pourquoi, il semble impératif d'ouvrir la route quand un camion se rend au Mantet.

Il faut avouer que nos préoccupations sont toutes autres : L'élevage connait une fin de cycle avec un étalon dont les filles sont en âge de prendre la relève des poulinières. Nous transportons Ghafel et nous voulons que sa troisième carrière est autant de sens que les deux précédentes.

Nous avons rencontré Florence à Groboz qui nous a pourtant rassuré. L'élevage "La cavale" est du même type que le notre : sept juments suitées et l'entier en pleine nature, mieux, en totale liberté à plus de 2 000 mètres d'altitude. Pour le moment, je déplore encore que les saillies soient faites en main pour des raisons de sécurité.

Depuis Sahorre, nous suivons la voiture de Florence, la pente se durcit. Apparaissent les premiers lacets où, très vite, il apparait qu'il sera impossible de redémarrer même en première si d'aventure nous devions stopper. Puis les distances de ces zones s'allongent sur plusieurs dizaines de mètres et pour finir, c'est le précipice qui borde un coté de la route, anéantissant la moindre volonté à s'en approcher.

Nous conduisons maintenant sur un fil de rasoir avec interdiction de s'arrêter. Et là nous comprenons l'intérêt d'avoir un véhicule ouvreur : en effet, nous croisons des voitures stationnées tant bien que mal aux seuls endroits le permettant et dont les occupants nous adressent des signes et des sourires qui signifient qu'ils sont coutumiers de la méthode et qui témoignent de la solidarité dans la région...

— Ouah !!! faisons-nous, alors que nous franchissons le col de Mantet.
A nos pieds, un cirque dont la circonférence en dentelles doit faire une dizaine de kilomètres. au fond le village du Mantet et le gîte en fer à cheval de "La cavale". Après une nuit à l'aéroport et 800 Km d'autoroute, j'arrive à trouver la force de parcourir ce qui sera maintenant le théâtre de la vie de Ghafel...

Je ne sais pas si c'est le lieu ou le besoin de connaître les conditions de vie qui s'y rattachent mais je ne sens plus la fatigue. Je ne connais pas la montagne, mais j'aime celle là. Peut être parce qu'elle a su rester sauvage. Je comprends à présent la signification de ce que me disait Florence à Groboz : "Jean-Marc, oui, nous devons élever les chevaux en liberté ! oui, Ghafel est un cheval particulièrement équilibré, mais la montagne, c'est dangereux !"

 

Le 27/04/14 à 14h00

Djamila !

D'où vient la fascination qu'exercent sur nous les chevaux ? Les éleveurs ont la chance de les côtoyer dans les registres les plus subtiles de leur personnalité. L'abnégation d'une jument pour son poulain est un exemple de la capacité d'un être à donner du sens à sa vie.

Une jument d'ordinaire dominée sera méconnaissable après avoir pouliné, elle puisera dans son instinct de maternité des ressources jusque là inexploitées pour protéger son poulain.

Cet été, nous n'avons pas mesuré son degré de fatigue, tant Djamila a tenu son rang de mère à la perfection. Le lendemain du sevrage, le devoir accompli pour ce qu'elle savait être son dernier poulain, le roc s'est effondré ! Les chevaux ne nous doivent rien, nous leurs devons tout...

 

Le 27/03/14 à 14h00

Antoine de Pluvinel et le cheval barbe !

Né en 1552 à Crest et mort le 22 ou 23 août à Paris, Pluvinel est l'un des précurseurs de l'école d'équitation française. Il a fait évoluer les techniques équestres utilisées en Italie à la fin du XVIe siècle et dont les fondements considèrent le cheval comme un être à casser pour mieux le modeler à sa vocation guerrière. Auteur d'un célèbre manuel d'équitation, L'Instruction du Roy en l'exercice de Monter à Cheval, il forma Louis XIII et Richelieu.

Il a l'idée d'importer en France les méthode italiennes qu'il a lui-même reçu et dont il va adoucir les fondements, posant les bases d'une équitation qui s'adresse davantage à la "cervelle" du cheval, "avare de coups et prodigue de caresse". Son enseignement se distingue en effet de celui de ses maîtres italiens par l'affirmation de deux principes fondamentaux :

  • la psychologie du cheval ne doit pas être négligée
  • le cheval doit être considéré comme un être sensible et intelligent

L'Instruction du Roy rappelle une anecdote ou monsieur de la Broue et le connétable-duc de Montmorency, n'étaient pas parvenus à se rendre maître d'un cheval barbe, surnommé le Bonite, et l'avaient déclaré "incapable de pouvoir jamais bien manier, à cause de son impatience, de sa tête mal assurée".

Pluvinel s'en étant mêlé, il lui "gagna la tête et lui donna le parfait appui de sa main, en sorte qu'au bout de très-peu de jours, il le montra à Fontainebleau, où il le fit manier à courbettes, par le droit, après deux voltes à main droite, toutes d'une haleine, sans sortir du rond et puis le fit manier en avant, en arrière, de coté, de çà et de là, en faisant courbettes de côté, et changeant tout en l'air, retombait de l'autre côté tant de fois qu'il plaisait au cavalier".

Ce qui fit appeler ces mouvements la "sarabande du Bonite". Pluvinel offre ensuite le Bonite au futur Louis XIII, pour que ce dernier "prenne des leçons sur le plus parfait cheval d'Europe".

 

Le 27/02/14 à 14h00

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BOURG-EN-BRESSE-VAL-DE-SAONE NORD
Edition N° 51 790 du samedi 8 février 2014

LA BRESSE Marboz - St-Trivier VILLEMOTIER
Haras de Groboz :
le cheval barbe, la passion de Jean-Marc et Nadine


Nadine et Jean-Marc Mussot habitent le hameau de Groboz. Ils ont une passion commune : le cheval barbe. Dans leur ferme, ils ont ouvert les haras de Groboz où ils élèvent des chevaux de race barbe.
Comment conciliez-vous travail salarié et élevage ? Travaillez-vous ensemble ou non ?
Jean-Marc : Nous avons une double activité, c'est un choix car l'agriculture, paradoxalement ne nourrit pas toujours celui qui l'exerce. Nous avons choisi de répartir les taches, je m'implique dans le développement culturel du cheval et je m'occupe des prairies de l'exploitation. Dès notre arrivée, nous avons privilégié le travail avec nos voisins agriculteurs, la satisfaction est double car nous apprenons beaucoup à leur contact et nous pouvons partager nos préoccupations au quotidien. Nadine s'occupe des chevaux (soins) et de l'élevage (débourrage, entrainements en vue des courses d'endurance). Elle a choisi de travailler par étapes sur la confiance avec ses chevaux.
Quels sont vos objectifs ?
J-M. : L'objectif de sens est de redonner au cheval barbe la place qu'il mérite dans une société dont il a marqué l'histoire et qui, aujourd'hui, a besoin de repères identitaires en développant sa dimension culturelles (Festival des équitations du monde). L'objectif économique est de développer l'exploitation agricole existante en conjuguant les deux activités complémentaires que sont l'agriculture biologique (aménagement durable du territoire) et la production de chevaux élevés en pleine nature (qualités de rusticité).
Nadine : L'objectif est aussi de valoriser notre élevage. Une de nos juments est partie pour un programme d'endurance de deux ans chez une cavalière du Jura. Pour 2014, nous devons vendre notre étalon Ghafel, c'est un cheval superbe, un pur algérien qui est arrivé sur le sol français en 2003, mais le cycle de l'élevage nous impose de remplacer nos vielles juments par leurs filles et importer d'algérie un nouvel étalon. L'agriculture que nous exerçons est familiale, la raison d'être de l'exploitation est d'être transmise aux générations futures. Narcisse, l'arrière grand père de Marie s'est engagé à l'âge de 17 ans pour être dans la cavalerie et monter des chevaux barbes.

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Nadine travaille quotidiennement dans la confiance avec ses chevaux.

Vous sentez-vous en accord avec le monde du cheval actuel ?
N. et J.M. : Le monde du cheval ne fait pas exception, les préoccupations de ses acteurs se limitent à faire fonctionner les structures existantes. Dans une société sans convictions universelles, nous oublions d'inscrire ce que nous faisons dans un patrimoine qui aura du sens parce qu'il sera destiné aux générations futures. Il y a quelques années nous avons créé à Groboz le festival des équitations du monde où, se mêlent les associations représentant les différentes équitations du monde (western, Doma Vaquera, Fantasia, etc.,). Il y avait lors de la dernière édition près d'un millier de spectateurs (la limite pour le site de Groboz). Notre objectif est de le voir se développer. Bourg-en-Bresse pourrait être très approprié pour passer le prochain cap de développement où tous les amoureux du cheval de chaque pays cavalier pourront se retrouver dans ce qui sera la capitale des équitations du monde l'espace d'un week-end.

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Marie Mussot au festival des équitations du monde à Groboz.

Pratique : Pour en savoir plus : "Dites-moi le cheval d'un peuple, je vous en dirai les mœurs et les institutions". Paul Morand. Histoire de ce cheval très ancien sur le site internet de Groboz, tout comme l'élevage de Groboz ou le fameux festival.

 

Le 27/01/14 à 14h00

Chantier !

Loisirs, temps libre, passe temps... que n'a t on pas entendu pour décrire l'envie toute simple que l'on a de partir ! Il y-a quelques années, le conseil général du Jura a lancé une étude sur les aspirations des touristes de demain. Trois mots en R en résument le sens : Retrouvailles, Ressourcement, Rupture... Aujourd'hui la question est : que doit-on mettre en oeœuvre pour répondre à ces attentes ?

A l'opposé d'un tourisme de masse qui crée nos besoins et nous renvoie inexorablement à la consommation du "tout, tout de suite". Nos aspirations évoluent et nous poussent à rechercher des espaces d'échanges et de remise en cause de notre propre vie.
"Ces échanges ne sont qu'un prétexte à se voir soi-même dans les yeux de l'autre" Guillaume Mouton (Mouts), voyageur, auteur et réalisateur (Nus&Culotés, France 5).

Nous sommes à ce carrefour et il est temps de créer un espace à Groboz où cette aspiration pourra ce réaliser. L'an passé, nous avons mis en chantier la première étape : rénovation du bâtiment de four qui va devenir notre habitation. Le bâtiment du XVIIIème siècle où nous vivons actuellement connaitra à son tour une deuxième phase de travaux et deviendra maison d'hôtes.

Pour autant cet investissement n'est rien en comparaison avec le travail pour développer durablement le sentiment que ce que nous cherchons sans vraiment le savoir, nous survivra... "Mes amis, n'hésitez pas ! Partez ! Quelle que soit la destination choisie, soyez sûr que vous y vivrez une grande histoire d'amour" Jean-Louis Gouraud, écrivain (Riboy/Chamane) éditeur et directeur de rédaction (Jeune Afrique).

 

Le 27/12/13 à 14h00

Endurance ! 

Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes de fin d'année à vous et à tous ceux que vous aimez ! C'est la période des grandes résolutions. A Groboz, nous avons toujours mis le cheval Barbe au centre de nos activités en privilégiant sa dimension culturelle. Pour la première fois, l'année 2014 devrait être placée sous le signe de l'endurance...

Fred a dores et déjà confectionné son programme avec Ussam. Valérie et Julie devraient permettre à Vaïna de vivre le point d'orgue de l'année avec une participation à la référence des courses d'endurance : la 21ème édition des Finales Nationales d'Endurance Jeunes Chevaux à Uzès.

Nous reviendrons sur cette manifestation de renommée mondiale où 600 chevaux âgés de 4, 5 et 6 ans regroupent les meilleurs espoirs de la discipline et où de nombreux acheteurs viennent de toute l'Europe et des pays du golf.

Ces deux programmes sont incontournables pour l'avenir de l'élevage et du cheval Barbe. Pour autant, aussi porteurs d'espoirs qu'ils soient, ils n'auront aucun sens s'ils ne s'inscrivent pas dans la continuité d'une des plus belles histoire qui soit, celle des équitations du monde...

 

Le 27/11/13 à 14h00

Sevrage !

Le sevrage est une étape naturelle dans la vie d'un cheval, sans doute la plus importante car potentiellement la plus traumatisante. Si d'aventure, nos méthodes d'élevage ne respectent pas son histoire, elles contribueront peu à peu à l'éloigné de ce qu'il est à l'origine et sans doute des raisons pour lesquelles nous l'aimons.

La structure sociale des chevaux libres n'est pas le fruit du hasard, elle s'est réalisée sur plusieurs millénaires. La population se compose de groupes familiaux qui rassemblent un étalon et ses juments suitées et de groupes de jeunes poulains célibataires. Elle s'est développée par instinct pour éviter la consanguinité.

Le sevrage naturel est la transition pour un cheval vers sa vie d'adulte mature sexuellement, au delà de la nécessité pour une jument de se consacrer à la gestation en cessant sa lactation. Le sevrage naturel est décidé par le mâle, quelquefois par une jument dominante, jamais par le poulain.

Dans un espace sans clôtures, les poulains et les pouliches vont errer ensembles à l'écart du groupe familial. Cette expérimentation instinctive par le cheval est la garantie de son équilibre futur. Libre à nous de détruire ce patrimoine ou de s'en servir pour la collaboration que nous désirons mettre en place à l'avenir.

A Groboz, nous élevons nos chevaux en semi liberté. Cela ne nous empêche pas de pousser l'expérience du sevrage dans les conditions exactes de ce qui se passe à l'état naturel. Cependant et pour la première fois, nous allons expérimenter une nouvelle situation. Nous allons isoler qu'un seul poulain...

A l'état libre, les poulains quittent leur mère à plusieurs... Après avoir enlevé Ghafel et les juments, nous devons introduire dans la prairie de Daoud, le nouveau groupe de jeunes chevaux rapidement. Ceci afin d'occuper Daoud comme il le serait à l'état originel. Nous n'observons aucun traumatisme.

Deux semaines après, nous remettons les deux groupes dans deux prairies adjacentes. Que se passe t'il ? ... Les appels de Daoud montrent qu'il reconnait sa mère, l'absence de réponses de Djamila suffit pour qu'il accepte sa nouvelle condition de cheval adulte mature...

Notre rapport de confiance avec les chevaux ne dépend que du respect à ne jamais trahir leur évolution millénaire. Cette éducation respectueuse n'aura d'égal que les succès communs qu'ils nous permettront d'obtenir... 

 

Le 27/10/13 à 14h00

Baligh !

Baligh poursuit sa vie du côté de Belley où l'approche du cheval qu'a su créer Marie est idéale pour son évolution. Ce matin pourtant, une phrase nous revient à l'esprit : "Un cavalier n'a qu'un cheval dans sa vie !". A Groboz, nous avons fait naître pas mal de poulains et avons connu autant de séparations. Chaque poulain nous procure des satisfactions propres à lui seul. Pourtant comme dans toutes les histoires d'amour, il y a un être qui éclipse tous les autres...  

Comment la relation qui était à l'origine motivée par la nécessité et le simple désir de rentrer en contact fait place à une complicité fusionnelle. Un jour, on retrouve son cheval devant la porte de la maison là ou on l'avait laissé, c'est alors qu'on s'aperçoit que l'on a pas besoin de s'appeler pour venir l'un vers l'autre. Un jour, on est l'un des deux êtres qui irait n'importe où pourvu que ce soit avec l'autre.

Notre vocation d'éleveur est d'amener les chevaux vers la carrière qui les attend. Ce rôle fait qu'il y a un jour de départ où comme pour vous achever, le cheval vous suivra comme toujours... au fond du camion. A ce moment là, il y a une petite voix en vous qui résonne sans le rythme d'une hésitation qui ne viendra jamais : "S'il te plait, je t'en prie ne m'obéit pas..."

 

Le 27/09/13 à 14h00

Leçon de cheval !

Ce matin la météo prévoit de la pluie toute la journée. C'est aussi pour nous, "la fenêtre de tir" que nous nous sommes donné pour intégrer Chakir, au groupe des mâles. Il s'agit de la deuxième expérience après un premier échec suite à un réflexe malheureux du poulain d'un an vis à vis de Ussam.

Sultan est en déplacement pour disputer une course d'endurance. L'opportunité est trop belle pour nous de mettre Ussam dans de bonnes dispositions. Il a passé une nuit seul dans son pré. Chakir est avec Idem et Baligh dans la prairie au nord de Groboz.

"Je ne crois pas à la destinée, aux petits signes de la vie censés nous guider vers les chemins à prendre. Je crois à la simplicité des coïncidences, à la vérité du hasard." Alice dans l'étrange voyage de monsieur Daldry de Marc Levy.

Ussam se précipite vers Baligh qui lui-même vient à sa rencontre au galop. Les deux autres n'existent pas. L'envie la plus forte est de retrouver son compagnon. Puis Chakir s'approche et montre d'emblée sa soumission par le rituel du "mâchonnement", Ussam lui renvoie qu'il a compris en n'exerçant aucune pression sur lui.

Un poulain d'un an par nature va montrer sa soumission et de ce fait va aisément se faire adopter dans un groupe, cependant nous ne sommes pas à l'abri d'un réflexe malheureux qui peut déclencher une réaction hostile de la part d'un autre cheval...  

L'épisode malheureux précédent est à ranger dans "la vérité du hasard" qui se produit quelques fois, que nous devons prendre en considération pour progresser davantage. Sans toutefois, en tirer des règles aliénantes et bloquantes...

Nous devons considérer avant tout, l'instinct du cheval issu depuis des millénaires de l'aventure d'un poulain qui dans la nature, se retrouve seul après son sevrage et doit pour survivre, se faire adopter par un autre groupe de chevaux "dans la simplicité des coïncidences".

 

Le 27/08/13 à 14h00

Cheval miroir !

Chaque fois que le doute s'installe, une colère mêlée de douleur m'envahit. Un sentiment puissant que je ne contrôle pas et qui me déprime au point de m'empêcher de dormir. Pensif, je pose mes yeux sur le réveil. Il n'est que 23h00, je n'ai pas suffisamment dormi et je sais que je ne trouverai pas le sommeil de si tôt. Pire, je sais que Nadine ne dort pas et qu'il est probable que les enfants non plus...

Dounia, une pouliche de trois mois, fait des coliques. Phénomène rare chez le poulain. Nous lui avons administré un vermifuge pour traiter une éventuelle infection parasitaire. Nadine maîtrise ses pratiques de vermifugation, d'ailleurs, le groupe de Dounia a été vermifugé il y-a quinze jours. Quelque chose me dit que l'origine est ailleurs... Il faut comprendre froidement ce qu'il s'est passé, au risque de remettre en cause, une fois de plus, notre philosophie d'élevage.

Depuis dix huit mois, nous sommes passé en agriculture biologique avec vraisemblablement une évolution substantielle de la flore des prairies et...
- Ce qui nous arrive, c'est... Nadine m'interrompt.
- On a le droit de douter, reprit-elle. pour l'heure, il faut laisser agir le
   traitement, on en saura plus demain soir !
- Tu rigoles ! c'est hors de question ! veux-tu boire quelque chose ?

Nous ne nous attardons pas et escaladons l'escalier qui mène aux chambres des enfants. Cette fois nous sommes réunis tous les cinq dans la chambre de Marie. J'ai toujours remarqué qu'ensemble, il était plus facile de nous laisser envahir par ce désespoir, seul sentiment capable de nous faire rebondir. Nous tombons d'accord pour qu'il y est une condition : que cela est un sens ! Ce soir le cheval est notre miroir...

- Je sais que le vétérinaire est optimiste ! pourtant je pense que nous
  allons perdre Dounia...
- Nous ne devons rien écarter, peut-être s'agit-il d'un empoisonnement,
  suggère Nadine.
- Et peut-être que cela a pour origine le choix de papa de passer en
  agriculture biologique, repris-je aussitôt sans attendre la réaction de l'un
  ou l'autre.

Le lendemain matin, Dounia n'a plus autant de douleurs. Le soir, elle ne tète toujours pas et s'affaiblit. Le sur lendemain Dounia est morte. L'autopsie révèlera une torsion et un étranglement d'une partie de l'intestin. Ceci n'est lié ni à sa race, ni à sa souche et bien sûr pas à notre mode d'exploitation en agriculture biologique...

 

Le 27/07/13 à 14h00

Leçon de cheval !

Aujourd'hui, nous intégrons Chakir, un an, au groupe des poulains mâles. Nous prenons le petit déjeuner et Nadine nous rappelle chacune des phases. En fait elle reconstitue l'aventure d'un poulain qui dans la nature, se retrouve seul après son sevrage et doit pour survivre, se faire adopter par un autre groupe de chevaux.

Pour cela nous utilisons l'espace le plus sécurisé de l'exploitation, la carrière. Chakir se retrouve isolé. Depuis l'an passé, nous avons remarqué qu'Ussam avait pris de l'ampleur dans le groupe des poulains mâles. Aussi, c'est à lui qu'hérite le privilège de rencontrer Chakir en premier.

Chakir devant, Ussam derrière, nos deux chevaux parcourent au galop plusieurs fois le tour de la carrière. Chakir montre sa soumission et Ussam montre qu'il a compris en relâchant la pression sur son nouveau compagnon. Nous introduisons Sultan puis Baligh, même rituel pour finir avec quatre chevaux au repos qui broutent.

Nous lâchons le groupe dans la prairie. Nos quatre chevaux repartent pour une nouvelle course avec Chakir devant. Et puis ce que nous n'avions pas prévu... Chakir a un réflexe malheureux de riposte ! son pied touche Ussam. Cela bouscule d'un coup les codes d'Ussam vis à vis de Chakir. Ce cheval n'est plus un jeune poulain qui cherche à s'intégrer, mais un cheval rival...

Nous tenterons à nouveau l'opération dans quelques semaines. Tous les ans, Ussam vit des intégrations. Nous misons sur son expérience pour qu'il se rappelle et considère la prochaine fois, le jeune poulain qui se retrouve seul et doit pour survivre se faire adopter par un autre groupe de chevaux. Nous vous raconterons dans ces colonnes si ce que nous pronostiquons se réalise...

 

Le 27/06/13 à 14h00

Transhumance !

C'est l'une des manifestations phares de l'année capitale européenne de la culture. Trois semaines de cheminement avant l'arrivée à Marseille. Et sur le parcours, une façon inhabituelle de rencontrer l'animal. Le vrai, le beau, le sauvage. Les Marseillais en ont fait l'expérience. Nous avons récolté quelques témoignages recueillis sur le parcourt : irrésistible, le bonheur d'approcher ainsi l'animal... 

Anaïs, silhouette de liane et regard azur, pratique l'équitation depuis sept ans, soit la moitié de sa vie. Elle se verrait bien chevaucher parmi les "butteri" qu'elle regarde avec admiration : "Ces cavaliers italiens ont une maîtrise extraordinaire, une façon de monter quasi-instinctive. Leurs chevaux sont vifs, rustiques. Il y a une vraie complicité entre eux. J'adorerais vivre au contact de la nature comme ils le font".

Pour Jeanne et Hervé, saisissent "le temps d'une image" : "Le fait que l'année Capitale européenne de la culture ait consacré une place à l'animal est une chose formidable : dans une société où l'animal est soit un enfant de substitution soit un produit de consommation courante, célébrer ce temps, cet état sauvage, est une vraie bonne idée".

Marc, retraité bavard et sympathique, est content de revivre des moments de l'enfance : "Il y a quelques décennies, on avait une autre relation avec les grosses bêtes comme celles-ci. On ne partait pas en vacances avec des low-cost mais on allait à la ferme découvrir la vraie vie. J'emmène mes deux petits-fils pour qu'ils voient de tels animaux ailleurs qu'à la télé".

 

Le 27/05/13 à 14h00

Leçon de cheval !

Mon café avalé, je file récupérer Akoum et Amalu pour une séance de travail. Le timing est serré, c'est sans doute celui d'une femme d'aujourd'hui ! Le programme est donc chargé, trop chargé...

La veille, nous avons changé les chevaux de prairie et leur activité physique a été intense durant toute la journée. Première chose que je n'ai pas prise en compte. Ce matin il fait froid et les chevaux sont au repos.

Je vais travailler Akoum en premier, pourquoi Akoum d'ailleurs ? Akoum est le cheval idéal, celui qui nous accorde ce que tout homme de cheval recherche : il donne tout ce qu'on attend de lui...

Génial ! sauf que cela ce fait au dépend de ce que l'on recherche avant tout à Groboz : le lien qui unit toutes les générations de chevaux depuis des millénaires et qui rend cet animal si fascinant : le patrimoine génétique issu de la vie en pleine nature".

Le travail va se poursuivre jusqu'au moment ou mon cheval va se raidir d'un coup. Je le sors de la carrière et là il va se coucher. Le verdict est sans appel : coup de sang ou myosite (inflammation du muscle) appelée aussi maladie du lundi, j'ajouterais maladie de la rupture de nos vies avec le rythme de la nature.

Que faut-il retenir de cette nouvelle leçon de cheval ? Le cheval dans son intimité originelle, se préserve... Je n'ai pas respecté son intimité originelle du cheval, en demandant à froid, un travail inattendu à un cheval généreux, trop généreux !

Nadine

 

Le 27/04/13 à 14h00

Rôle du cheval !

"Nous devons radicalement changer notre approche, nous devons intégrer les enjeux de société, nous devons d'abord penser identité !"

Pour la première fois, un rapporteur de la commission sport et loisir donne son sens à notre action... Autour de la table, il y a des élus locaux, des présidents d'associations, des directeurs d'organismes du bassin de Bourg-en-Bresse.

Enfin !... nous prenons conscience de l'absolue nécessité que chaque décideur, chaque acteur, chaque citoyen utilise ses activités pour répondre aux enjeux de société.

Au delà du simple rôle d'instrument de loisir que nous leur réservons actuellement, nos chevaux peuvent-ils répondre au besoin d'identité de la société actuelle ?

Il faut bien reconnaître que nous nous cantonnons à vivre de nos structures de sport et de loisir sans nous préoccuper d'inscrire notre activité équestre dans le patrimoine de l'équitation.

Nous devons travailler non pas avec mais au sein des collectivités locales, car c'est grâce à elles que nous donnerons au cheval le sens qu'il mérite...

 

Le 27/03/13 à 14h00

Identité !

Nos vies d'éleveurs de chevaux barbes sont riches de sens, pour autant elles sont jalonnées de frustrations face une société qui ignore la nécessité de transmettre toutes les formes d'identité... Que va devenir ce bonheur que seul ce cheval procure depuis des millénaires ?

Il y a des rencontres qui nous aident à conserver la foi ! A Groboz, nous avons un truc : nous voyageons dans le temps à la recherche de moments immuables... Aujourd'hui, je vous propose des morceaux choisis du livre du lieutenant Licard écrit en ... 1923 à Tlemcen.

"Le caractère du cheval barbe est aussi très particulier. L'intelligence des animaux est presque toujours en raison inverse de celle des hommes qui les emploient. Aussi donc, on peut dire que le cheval barbe est plus intelligent que ceux des autres races. Il comprend très vite ce que l'on cherche à lui apprendre..."

"Les chevaux barbes se montrent très dociles et doux avec homme qui pourtant, le plus souvent, le mérite bien peu... Privé de méchanceté ou de rancune, le barbe s'attache beaucoup à son cavalier, à celui qui le soigne. Il suit son cavalier comme un chien fidèle, vient à l'appel de sa voix. Il est bon, trop bon même..."

"Je crois que l'on considère trop en France le cheval barbe comme un lapin à roulettes. On le croit sans moyens, d'une médiocre valeur et peu intéressant. Il n'en est rien. Je ne saurais le proclamer trop haut. Si le cheval barbe n'est pas taillé pour la vitesse, il possède par contre des qualités de fond extraordinaires..."

"Si certaines régions pour l'élevage du cheval, par contre, d'autres sont pour cela absolument impropres; C'est erreur de vouloir faire du cheval n'importe où et de croire que n'importe où l'on peut trouver de bons chevaux. Là où le cru n'est pas, beaux étalons, bonne orge ou bonne avoine seuls sont incapables de donner bons produits..."

"Il n'en est malheureusement pas ainsi en Afrique. Tout y est mélangé, tous poussent ensemble éparpillés et n'importe où; c'est l'élevage en vrac, pèle-mêle; on a l'impression d'un puzzle brouillé et compliqué; Non seulement les crus devraient être classés, mais encore les différents modèles devraient être parqués, si l'on peut dire, dans les régions qui leurs conviennent le mieux. Chaque régions de bon cru devrait être orientée vers un modèle déterminé..."

"On ne donne aux chevaux tous les soins qu'ils réclament, on ne sait en obtenir tous les services dont ils sont susceptibles qu'à condition de les  aimer, de les comprendre, d'apprécier leurs facultés intellectuelles, d'y faire appel au lieu de les considérer comme de simples automates..."

"Il semble que dans cette région les éleveurs tentent d'améliorer la production du pays en injectant du sang arabe, la majorité des chevaux provenant actuellement de cette province sont des arabe-barbes. Les résultats n'en sont d'ailleurs pas heureux. Là, justement, le cru n'y est pas et ces chevaux demeurent malgré tout moins bons..."

http://gallica.bnf.fr

Lieutenant Licart
"Le cheval barbe et son redressage"
Editions Berger-Levrault
1930

 

Le 27/02/13 à 14h00

Le cheval Barbe et l'endurance !

C'est dans son histoire que l'on a le plus de chance de comprendre le mystère qui fait du cheval Barbe un objet de fascination. La raison pour laquelle il a su donner tant de sens à notre vie, réside sans doute dans sa dimension culturelle.

Certes les activités que l'on va développer autour de lui sont intimement liées aux traditions qui lui sont associées. Pour autant il en va de notre responsabilité de projeter son avenir en dehors de son berceau d'origine, dans un monde qui change et qui s'ouvre sur de nouvelles disciplines équestres.

En novembre, Vaïna est partie dans le Jura chez Valérie Chaboz pour se lancer dans une carrière de cheval d'endurance, avant qu'elle ne devienne une poulinière de l'élevage. Ussam reste à Groboz et débutera sa carrière de cheval d'endurance sous la selle de Frédéric Noël en épreuves régionales. 

"J'avais un Pur-Sang, fils de Vatican, qu'un copain m'avait échangé contre une jument Barbe, Djefa... Elle a donné une pouliche, On Verra du Sommant, et un fils, Plein ciel du Sommant. Lors d'une randonnée en Lozère, j'ai vendu Plein ciel à Franck Lance, qui entraine pour le Bahreïn et Sheikh Mohammed."

"Plein ciel a ensuite été vendu à six ans à Sheikh Mohammed. On l'a vu courir à Tarbes en 2012, terminant avec cinquante minutes d'avance. Il a ensuite été ramené à Dubaï où il s'est adapté au désert sans douleur grâce à une génétique particulière de son arrière-main construite comme celle des Barbes."

"Maintenant, on passe à d'autres souches génétiques. L'endurance de dénivelé et l'endurance du désert sont différentes. C'est pourquoi on ne produit pas les mêmes chevaux. Les vitesses évoluent et donc les souches aussi. On est revenu vers des origines de courses françaises, en orientant la génétique selon l'avenir du cheval."

L'éleveur de Sommant, Jean de Chatillon, tenait ces propos en janvier dernier alors que la plus grande course d'endurance organisée par Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, couronnait dans le désert un cheval Français, ... Plein ciel de Sommant, né chez lui d'une jument Barbe.

 

Le 27/12/12 à 14h00 

http://www.ophrys.net/images/stories/press/logo_le_progres.jpg

18/12/2012 à 21h:29 Par Pascal Airault, à Alger


Cadeau de François Hollande. © AFP

La visite de François Hollande à Alger Tlemcen, les 19 et 20 décembre, est l'occasion d'un rapprochement longtemps attendu entre la France et l'Algérie, deux pays aux relations tumultueuses. Programme d'une visite historique.

Mis à jour à 10h34.

A l'aéroport international Houari Boumédiène d'Alger, impossible aux visiteurs de rater les sticks du cinquantenaire de l'indépendance du pays. En cette année de commémoration de la libération du joug de l'ancienne puissance coloniale, c'est pourtant le nouveau président français, François Hollande, qui est reçu en grnade pompe, ces 19 et 20 décembre. Une visite qui doit éclairer d'un jour nouveau les relations passionnelles et ombrageuses entre les deux Etats. Pour un nouveau départ fondé sur un partenariat débarassé des scories du passé, les deux présidences ont minutieusement préparé ce voyage au cours duquel la symbolique aura toute sa place, à coté d'un contenu dense et varié.

Voir aussi notre chronologie : France-Algérie, 50 ans de rencontres au sommet.

Le président de la République, Monsieur Abdelaziz Bouteflika, et le chef de l'Etat français, Monsieur François Hollande, ont échangés mercredi des cadeaux symboliques à l'issue des entretiens qu'ils ont eus à la résidence d'Etat de Zéralda.

Ainsi, le président Bouteflika a offert à son homologue français deux chevaux barbes, deux selles traditionnelles brodées à la main, un ouvrage sur l'histoire du cheval barbe et un tableau d'art de l'artiste algérienne Baya.

"C'est un cheval qui a fait la gloire de nos ancêtres", poursuit avec fierté Mohamed Cheraoui, éleveur de barbes en Algérie.

Pour sa part, Monsieur Hollande a offert à son homologue algérien une statuette d'un cheval en marbre blanc et un ouvrage sur l'histoire de la ville de Tlemcen édité en 1859 par l'Abbé Jean Joseph Léandre Barges sur son second voyage dans cette ville.

Par Pascal Airault, envoyé spécial à Alger

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Hollande et Bouteflika : un nouveau chapitre dans l'histoire des relations franco-algériennes Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

 

Le 27/10/12 à 14h00

Premier rendez-vous !

Il est dix heures et le soleil harponne les bagnoles qui glissent sur l'autoroute. A droite, on devine l'océan. On ne sait pas encore qu'une rencontre va nous bouleverser. Nous tournons le dos au tumulte de la circulation urbaine et la route à présent déserte, se prête à la réflexion.

Casablanca explose, aspirée par l'envie de grandir. Une ville adolescente qui pousse trop vite, comme si elle voulait rattraper le temps perdu. Une ville mère protectrice aussi qui garde en son sein ses enfants et leurs rituels sans ages.

Ma sœur et sa famille y sont expatriés ! Ce qui frappe le plus quant on vit avec eux : c'est le regard serein des enfants sur leur environnement. Un environnement pourtant si contrasté ou la misère omniprésente n'a pas de prise sur la certitude pour ce peuple généreux que son avenir est prometteur. 

A présent, c'est la plaine tout entière qui nous interroge sur la plus universelle des questions : Par quelle magie un jour une personne sait qu'une autre personne qu'elle ne connait pas, va à jamais la bouleverser pour le restant de sa vie ? Là bas tout au bout du capot bosselé, il existe des réponses...

Cà fait sept ans que nous avons laissé entrer dans notre vie le cheval Barbe, sept ans qu'il ne nous quitte plus. Aujourd'hui est un jour particulier, c'est le premier rendez-vous avec lui dans son intimité originelle. Quels secrets sur son évolution allons-nous découvrir ici ?

Est-ce-que ce peuple généreux va nous livrer des morceaux de la plus belle histoire d'amour ? Est-ce-qu'à 2 000 Km, nos chevaux Barbes vibrent encore à l'unisson avec leurs frères qui sont élevés par ce peuple cavalier depuis des millénaires ?

Alors que le choc de la rencontre n'a pas encore eu lieu, nous vous donnons rendez-vous à la fin du mois dans le prochain journal de la rubrique "Equitations du monde". D'ici là, nous prendrons le temps de trier les photos et de retrouver nos esprits...

 

Le 27/08/12 à 14h00

Camargue !

Nous avions prévu de vous parler de l'intégration de Baligh dans le groupe des poulains mâles. Nous devions vous inviter à imaginer chacune des phases de l'aventure d'un poulain dans sa vie de cheval, le jour où il se retrouve seul et doit pour survivre se faire adopter par un autre groupe de chevaux.

Chacun peut aisément faire cet exercice à une condition : penser cheval. Donc, vous êtes un poulain isolé après avoir été séparé de vos frères et sœurs, vous savez que vous ne pourrez pas survivre seul. Nous avions prévu de vous parler en fait d'une activité de l'élevage qui s'est déroulée sans surprise car inspirée par le cheval, pour le cheval.

Je m'installe devant ma table de travail et jette un coup œil sur "Le répertoire des manades de Camargue" Editions Gilles Arnaud. Un article du midi libre est soigneusement plié en guise de marque page et dépasse, on peut lire : "Depuis que je suis né, je participe à cette fête" signé un aficionado.

Nous vous parlerons plutôt d'une terre qui porte en elle du sens, celui qui manque peut être aujourd'hui à nos vies. Plus exactement nous vous parlerons d'une terre où les fêtes de village ont quelque chose en plus, quelque chose qui ne s'achète pas, que la société de consommation a peu à peu oublié.

La Camargue est une beauté sauvage élevée à la dure : le soleil intense, le sel rongeur, le souffle chaud du vent qui assèche ses étangs lui ont forgé un caractère brut farouche. Mais les éléments puissants et rudes ont aussi eu la grâce de dessiner, d'un trait généreux, ses plus séduisants contours.

Cette terre de sensations, d'inspiration et de traditions, où l'art de vivre se confond depuis toujours avec l'art de survivre, où la nature ensemence sans répit la culture, donne à voir des paysages envoutants, des grands espaces nimbés de liberté, de couleurs jaillissantes, des rites taurins rouge sang, des habits d'or et des crins blancs des plus

 

Le 27/06/12 à 14h00

Economie d'énergie !

A Groboz, le cheval est rendu à ses conditions de vie d'origine. Nos méthodes d'élevage en sont directement issues. Cela implique une exploitation rigoureuse des prairies. Le but étant de ne pas se laisser déborder par la pousse de l'herbe qui se transforme en "refus" et nécessite un broyage inutile et coûteux en énergie.

A notre arrivée en 2003, nous avons privilégié l'intégration de notre projet dans l'agriculture existante.Nous travaillons avec la profession. "Tu as vu le prix du carburant ! Cà ne vaut pas le coup de faucher..." : C'était en Août dernier, nous savions pourtant que nous allions manquer de fourrage pour l'hivers...

La polyculture telle qu'elle est pratiquée en Bresse, impose du matériel adapté aux diverses cultures et l'emploi de tracteurs polyvalents mais lourds (cabines, chargeurs, ...) qui s'avèrent être un luxe pour les chantiers tel que celui de la fenaison. A l'automne, nous avons donc établi un cahier des charges spécifique.

Cet hivers, nous l'avons proposé par l'intermédiaire de leurs agents à trois constructeurs pour nous fournir une chaine de fenaison la moins gourmande en carburant. Ils se sont pris au jeu et nous ont rendu leur copie. Cette année pour la première fois, nous avons réalisé nos foins avec une chaine de fenaison optimisée.

Le bilan est édifiant : pour une production d'une tonne de foin nous avons consommé ... 7 litres de GNR, soit la moitié de l'année passée et sans doute ce qu'il se fait de mieux.

 

Le 27/04/12 à 14h00

Agriculture biologique !

Telle qu'elle se développe aujourd'hui, l'agriculture biologique s'appuie sur des fondations qui ont été construites il y a déjà plus d'un siècle. Celles-ci ont été portées par des philosophes, des scientifiques et des agronomes qui dénonçaient la spécialisation excessive des productions et l'artificialisation impliquant une utilisation croissante d'engrais et de pesticides issus de l'industrie chimique.

Dès les années 1920, Rudolph Steiner pense à une agriculture où l'homme et la nature sont réconciliés en une approche globale. Dans les années 40, Sir Howard met au point des techniques culturales pour maintenir le potentiel productif des terres et viser l'autonomie de la ferme. Dix ans plus tard, Hans Peter Rush propose une approche économique basée sur la rentabilité d'une agriculture autonome et sur une réduction des dépenses envers l'industrie.

A Groboz, nous exploitons des prairies naturelles. Nous produisons de l'herbe sans apports externes en engrais. Le défi à été d'augmenté notre surface foncière sans pénaliser l'agriculture déjà implantée. Nous avons pour cela conclu une convention d'exploitation avec la société d'autoroutes APRR sur des taillis utilisés lors de la construction pour le stockage des matériaux. Nous produisons du foin en utilisant une chaine de fenaison réduisant la consommation de carburant à son strict minimum.

Le premier pilier de l'agriculture biologique est de produire une alimentation saine. Le deuxième pilier est le développement de nos activités en réduisant au maximum les énergies nécessaires, en gérant l'aménagement du territoire. A groboz, nous ne produisons pas de produit destiné à la consommation, par contre le travail quotidien est dicté par l'objectif de réaliser un développement durable de nos activités. Pour cette raison, nous avons décidé de faire certifier  notre exploitation en agriculture biologique...

 

Le 27/02/12 à 14h00

Solidarité de destin !

Cà fait cinq nuits que le thermomètre descend en dessous de - 14°C. Je sais à présent qu'il ne suffira plus de casser la glace... Je remplis des jerricans de vingt litres pendant que nous prenons le petit déjeuner. Pour affronter le vent du nord, j'enfile les vêtements laissés sur un radiateur. Parce que le plus dur, ce n'est pas le froid, mais le vent qui transperce tout... Un soulagement tout de même, les prairies sont praticables en voiture.

Dans deux jours, il suffira d'appeler pour qu'ils viennent. Mais ce matin, il va falloir aller les chercher. Je charges mes jerricans et prends le premier licol qui me tombe sous la main. Il ne suffira pas de rappliquer avec de l'eau qui si elle n'est pas bue rapidement, va se transformer en glace. Les chevaux sont insensibles au froid. Ils se sont tous positionnés sous le bois le plus abrité, la croupe face au vent du nord. Je licole le cheval dominant pour emmener tous le monde aux bacs.

Pour les deux premiers groupes, tout se passe comme prévu et il vaut mieux car je suis à présent gelé jusqu'aux os et ma patience est à présent nulle... Pour le dernier groupe, celui des poulains, ça se complique : le licol est trop petit pour Ussam. Je me sens mal, alors je prends la longe seule et la dispose autour de son encolure.

Ussam va avoir quatre ans, il a été castré l'été dernier et, chose rare, a fait une hémorragie interne. Il a été sauvé de justesse grâce à une opération sous anesthésie à Marcy l'étoile. Et surtout, Ussam a été immobilisé durant de longues semaines dans un paddock loin de ses congénères. Vous allez comprendre pourquoi cette explication qui semble nous éloigner du sujet est importante. L'été dernier donc nous avons établi une relation de proximité et de solidarité, née de l'obligation pathologique d'isoler et de contenir un cheval sans galop ni trot.

Mais revenons en contre bas de notre prairie. Je suis à présent paralysé par le froid, j'ai un bout de longe dans une main gantée. Je regarde devant moi et j'entreprends de gravir la montée, persuadé que la résistance d'un cheval planté des quatre fers va m'achevé dans le peu de volonté qu'il me reste...

A ma grande surprise, pas après pas je me retrouve tout en haut à proximité des bacs. Je me retourne et contemple tout le monde qui a emboité le pas. Je vide l'eau et tous mes chevaux assoiffés boivent. Je me dirige vers la voiture à quelques dizaines de mètres de là. Je me retourne une dernière fois et surprise... il y en a un qui m'a suivi, Ussam, comme si la soif d'un hiver rude n'était qu'une étape de plus dans la solidarité de destin qui nous uni...

 

Le 27/12/11 à 14h00

Leçon de cheval !

Novembre est traditionnellement le mois du sevrage à Groboz. C'est une étape naturelle dans la vie d'un cheval, sans doute la plus importante car potentiellement la plus traumatisante. Un cheval dont les méthodes d'élevage respectent son patrimoine historique et génétique ne sera pas le même cheval que s'il avait été élevé artificiellement. 

La structure sociale des chevaux libres n'est pas le fruit du hasard, elle s'est réalisée sur plusieurs millénaires. La population se compose de groupes familiaux qui rassemblent un étalon et ses juments suitées et de groupes de jeunes poulains célibataires.

Le sevrage naturel est la transition pour un cheval vers sa vie d'adulte mature sexuellement. Au delà de la nécessité pour une jument de se consacrer à la gestation en cessant sa lactation, la structure sociale s'est développée par instinct pour éviter la consanguinité.

Le sevrage naturel est décidé par l'entier, quelquefois par une jument dominante, jamais par le poulain. Dans un espace sans clôtures, les poulains et pouliches vont alors errer ensemble loin du groupe familial. Le cheval ne va alors rencontrer qu'un seul changement à la fois. Ceci est inscrit au plus profond de lui-même depuis toujours et garanti son équilibre futur.

A Groboz, nous élevons nos chevaux en semi liberté. Cette année, nous avons pu enfin anticiper comme nous le souhaitions la gestion de nos prairies. Pour la première fois, nous allons pousser l'expérience dans les conditions exactes de ce qu'il se passe à l'état naturel. Pour la première fois nous allons vivre l'aventure d'un sevrage naturel et de ses conséquences sur le comportement du cheval.

Nous allons reproduire toutes les séquences, les unes après les autres : séparation du groupe familial, privation de lait, besoin de se nourrir avec seulement de l'herbe et du foin, autonomie et hiérarchisation du groupe des poulains, intégration dans un nouveau groupe de chevaux étrangers, séparations entre frères et sœurs, découverte d'un autre environnement... 

Nous laissons les poulains dans la prairie où ils sont nés, où ils ont toujours vécu, pour éviter les accidents d'un environnement qu'ils n'ont jamais côtoyé auparavant. Nous transférons leur père et leurs mères dans une prairie suffisamment éloignée pour qu'ils ne perçoivent plus la proximité.

Les premières minutes sont les plus délicates, les poulains parcourent au galop l'ensemble de leur territoire, comme ils ont pu le faire à un moment donné. Nous ne notons aucun traumatisme, dés le lendemain les poulains recherchent plus de proximité avec nous... Ce sont eux qui recherchent la collaboration qui nous sera profitable pour ce que nous leurs demanderons à l'avenir.

Deux semaines plus tard, nous transférons le groupe de pouliches des années précédentes dans leur prairie. A leur tête, Rocky, un hongre Quarter, fait le métier de tri de bétail en empêchant ses pouliches de s'approcher des jeunes poulains pendant plusieurs jours. Ce sont les jeunes poulains qui peu à peu recherchent le contact. Puis un matin, on retrouve tout le monde ensemble...  

Deux semaines plus tard, nous transférons le groupe reformé dans leur prairie d'hiver. Nous rapatrions le groupe familial dans sa prairie d'origine qui côtoie celle du groupe. Et deviner ce qu'il se passe ? ... justement rien, aucun appel d'aucun poulain envers leur mère...

Il nous restera à séparer les poulains mâles. Nous les transférerons avec Rocky dans le groupe des poulains mâles des années précédentes. Nos poulains seront dans leur vie de cheval adulte, sans avoir connu aucun traumatisme.

Les rapports de confiance entre nous et les chevaux ne dépendent que du respect à ne jamais trahir leur évolution millénaire. L'éducation que nous pourrons leur donner n'aura d'égal que les succès communs qu'ils nous permettront d'obtenir...

 

Le 27/10/11 à 14h00

LE PREMIER QUOTIDIEN ECONOMIQUE DU MAROC

Édition N° 3638 du 2011/10/17

LE BARBE, CHEVAL MYTHIQUE OU MYTHE ÉQUIN?
PAR YASSINE JAMALI

Race emblématique d’Afrique du Nord, le cheval barbe jouit depuis l’antiquité d’une renommée exceptionnelle. Monture convoitée pour la guerre, la chasse, la course, il s’est révélé un excellent améliorateur de toutes les populations équines auxquelles il a été croisé. On retrouve des origines barbes dans presque toutes les races de chevaux de sport et dans quelques races de trait. Curieusement, cette influence est beaucoup moins revendiquée que celle du pur-sang arabe.

Standard et stud-book: Référence et état civil

Après être arrivé au bord de l’extinction, le cheval barbe amorce un rétablissement durant lequel il devra trouver une image et un débouché.
Créer ou recréer une race consiste à élaborer son standard (description des caractéristiques morphologiques). Le standard d’une race servira de référence pour décider quels individus appartiennent à cette race et lesquels sont les plus conformes au modèle idéal.
Puis vient le stud-book: il s’agit d’une sorte d’état civil où sont inscrits d’une part des chevaux choisis sur la base de leur apparence, d’autre part les poulains issus de chevaux déjà inscrits.
Un standard n’est pas une vérité immanente. Son élaboration est le fruit d’une réflexion collégiale aboutissant à un consensus, reflet des avis des corédacteurs et de l’idée qu’ils se font d’une race. Ce qui pose la question suivante: De quoi le barbe est-il le nom?
Le barbe est «une» race de chevaux d’Afrique du Nord. La description de sa morphologie et de ses qualités est restée pratiquement inchangée sur plus de 2.000 ans.

Le barbe dans l’histoire

Une des plus anciennes mentions date de 168 avant J.-C.Elle rapporte la victoire aux jeux des Panathénées, des chevaux du roi numide Mastranabal.
Un premier apport de sang barbe au cheptel anglais a lieu vers 70 après J.-C. quand l'’empereur romain Septime Sévère décide d’importer des étalons barbes en Grande-Bretagne.
Près d'un siècle plus tard, Oppien décrit les chevaux de Maurétanie (actuels Maroc et Algérie) comme les plus résistants et les plus durs à l'effort de tout l'’Empire romain…
Plus significatif encore, M'’rou’ou l'’Qays, l'’un des plus célèbres poètes antéislamiques, défie un rival dans une course où il l'affrontera sur un cheval barbe. C'est dire la valeur de ce coursier, avantageusement comparé au cheval de la péninsule Arabique. Des siècles plus tard, les arabo-andalous Ibn'el'Awwam et Ibn'Hodaïl décriront le cheval idéal en insistant sur la finesse des tissus, la qualité des membres, la longueur de l'encolure, l'aptitude à la vitesse et à l'endurance.
Solleysel et La Guérinière, grands écuyers de la cour de France aux XV 
Ie et XVIIe siècles le compareront à l’andalou. Le barbe est décrit par eux comme plus petit, plus fin et surtout plus rapide et endurant que landalou. Son tempérament est plus froid et ses allures moins élégantes. Dès avant cette époque, le barbe et l'’andalou ont commencé à diverger, l'’andalou gagnant en taille et en puissance suite à des apports de sang nordique et napolitain pour satisfaire à la mode du «lourd» venue d'’Italie. Ces croisements, et la fin de l'’infusion de sang barbe suite à la Reconquista mèneront à ce que les auteurs espagnols Cabrera et Castejon ont appelé «le déclin de l’andalou». Cette évolution vers un modèle de parade n’est pas sans rappeler celle du cheval de fantasia de nos jours.
En 1665, Louis XIV choisit officiellement le barbe comme seule race d’étalons pour la production de chevaux de selle. Cependant, le titre de gloire le plus éclatant du barbe n'’est pas lié à sa descendance andalouse ni à sa production française.

L'’ancêtre du pur-sang anglais 

C’est en Angleterre, au XVIIe siècle, que le barbe connaît son apogée. Depuis l’Antiquité, des reproducteurs d'Afrique du Nord ont, à de multiples reprises, contribué à améliorer le cheptel britannique. 
Vers le XIIe siècle, les courses de chevaux deviennent un sport extrêmement populaire, qui sera réglementé en 1603. Dès lors, les chevaux du Maghreb et du Machreq seront recherchés pour produire des chevaux de course. Des missions sont envoyées en Arabie, en Turquie et au Maghreb pour constituer deux noyaux les Royal Mares et les Barb Mares.
Ainsi, Sidney, un auteur anglais, a pu dire que le barbe avait fait le pur-sang anglais autant que l'arabe. Le colonel Eblé, du Cadre Noir, a trouvé autant de barbes que d'arabes dans le pedigree d'’Eclipse, légendaire pur-sang anglais. Les Anglais avaient en cela suivi l'avis du Duc de Newcastle qui écrivait en 1667: «…aussi je vous conseille le barbe qui, à mon avis, est le meilleur pour faire des chevaux de course et de vitesse».
Ces citations et descriptions du cheval barbe dessinent de manière unanime le même modèle: plutôt petit, fin, rapide, très endurant, les membres secs, un tempérament plutôt froid: c’est un coureur de demi-fond.

L'éclipse du barbe

Puis viendront les XVIIIe et XIXe siècles, la sélection méthodique de toutes les espèces domestiques en Europe, et la stagnation ou le déclin de la rive sud de la Méditerranée et de son cheptel. On ne parlera plus du barbe que pour sa rusticité. La guerre de Crimée puis la Première Guerre mondiale (bataille d’Uskub) le remettront brièvement à l'’honneur dans le microcosme des cavaliers militaires.
Au XXe siècle, la modernité bouleversera les sociétés maghrébines et le rôle du cheval s’en ressentira. De monture utilitaire pour la guerre, la razzia, le voyage, il deviendra au mieux une monture de prestige, au pire un cheval de carriole.

Le cavalier n'a plus besoin d'un athlète. Il veut simplement montrer sa richesse. Pour cela, il doit posséder un cheval grand, presque obèse.
Les photos datant de la fin du XIXe début XXe siècle montrent un cheval totalement différent du cheval de fantasia d'aujourd’hui. On est passé d'une hauteur de 1,5 mau garrot à 1,6 ou 1,7 m, le gain de poids est à l'’avenant. Les membres se sont empâtés. On est passé d’un marathonien à un sumotori en une cinquantaine d’années. Par quels moyens?
L'alimentation? Elle a joué un rôle. La disponibilité alimentaire n'’a cessé de s'améliorer, permettant un véritable «gavage» du cheval de fantasia. Au régime orge-paille-foin se sont ajoutés la pulpe de betterave, le blé, le tourteau de soja, l'’ensilage…). La sélection des reproducteurs a également joué un rôle.
Mais l'’alimentation et la sélection ne peuvent à elles seules expliquer de tels changements. Un autre facteur est intervenu: le croisement avec des races étrangères, dont des races de trait. C'est ce qui explique que l'on rencontre aujourd’hui des chevaux de fantasia présentant des membres et des encolures typiques du Percheron. 
Les étalons de trait breton ont également été largement utilisés. D'’autres chevaux, espagnols, portugais, frisons, ont participé à cette diversité.

Le cheval de fantasia, une nouvelle race

Ces croisements ne sont pas répréhensibles. Nombre de races sont nées de tels melting-pots, anarchiques au début, puis progressivement harmonisés et codifiés.
Le cheval de fantasia correspond à un besoin, à un marché, qui l'ont créé empiriquement et une nouvelle race équine est en train de naître. La question qui se pose est celle de son identité.
Le cheval de fantasia n'étant pas un barbe, quel nom donner à ces superbes colosses? Régulièrement, lors de procédures d'Inscription à titre initial se produit un dilemme: quelques spécimens présentés sont inclassables. La commission peut leur attribuer soit une carte de barbe ou d’arabe-barbe (et procéder à une Inscription à titre initial dans le stud-book) soit délivrer une carte de RNC ou race non connue. Or la carte de RNC est mal acceptée par les propriétaires qui souhaiteraient un statut correspondant à la valeur marchande élevée de leur cheval et à son prestige dans le milieu des aficionados de la fantasia.
L'’alternative est donc simple et insoluble:
  • Soit inscrire comme barbe un cheval qui ne l’est pas.
  • •Soit refouler un magnifique cheval de fantasia dans le ghetto des RNC, ce qui est inacceptable pour son propriétaire.
Il est possible de créer une troisième voie pour sortir de l’impasse. 
Ce serait l'’élaboration d'’un nouveau standard et l'ouverture d'’un nouveau stud-book pour entériner un fait accompli: la création d’une nouvelle race qui s'’appellerait le cheval de fantasia (ou de t'bourida) marocain ou autre dénomination à déterminer.
Ainsi le cheval de fantasia pourrait continuer à s'épanouir conformément aux goûts en vigueur dans cette discipline et le «vrai» barbe pourrait revenir à son petit format authentique et à sa vocation de toujours: l'endurance.

Vocation et avenir du barbe

Les résultats plus qu'’honorables du barbe en course d'endurance confirment sa réputation. Il y a l'à une opportunité pour des milliers de chevaux barbes ou arabes-barbes, qui se trouvent aujourd'’hui non pas sur les terrains de fantasia, mais entre les brancards des charrettes urbaines et rurales. 
C'est à partir de ces chevaux, appelés péjorativement «keïdars» que l'on pourra recréer la race barbe autour de sa vocation première: la course d’endurance.
La fonction crée l'organe. Elle crée aussi les races. Le barbe a été créé par la chasse, la course, et la guerre de mouvement. Il est en train de disparaître, suite à la disparition de ces «fonctions». Simultanément une autre race équine est en train de naître, créée exclusivement par et pour la fantasia. 
Elle n'a qu'un très lointain rapport avec le barbe. Pour leur bien, ces deux races doivent être nettement distinguées et séparées, sur des bases scientifiques et historiques pour que chacune puisse se développer dans son propre espace, suivant sa propre vocation.

 

Le Sahel, un autre berceau de race

Le barbe et ses proches descendants ne se trouvent pas exclusivement dans le berceau de race nord-africain ou, sous une forme agrandie et étoffée, sur la rive nord de la Méditerranée. En effet, si les échanges et conflits trans-méditerranéens ont largement contribué au rayonnement du barbe, il ne faut pas oublier les échanges transsahariens, non moins importants. Ils établissent l’ancrage africain du barbe et expliquent la présence au Mali, en Mauritanie, au Niger, de populations équines répertoriées par les vétérinaires de l'ex-Soudan français comme barbes du Sahel et Barbes Dongolaws.  Les conditions assez extrêmes de la rive sud du Sahara ont conservé au barbe sahélien son petit format et ses qualités en le maintenant pur de tout mélange avec les races européennes que le XXe siècle a diffusées au Maghreb. De ce fait, l'étude des marqueurs génétiques du cheval barbe entamée au Maroc mériterait pour être complète de s'’intéresser à ces quelques milliers d'’individus précieusement conservés par les tribus soninkés, maures, haoussas, Toubous… Cette population représente un réservoir de gènes pour la régénérescence du cheval barbe. L'’importation de quelques reproducteurs du Sahel au Maroc, moyennant le respect de la réglementation sanitaire en vigueur, serait l'’équivalent d'un voyage vers le XVIIIe siècle, aux racines du barbe.

 

Le 27/08/11 à 14h00

Camargue !

On peut comprendre que le désir légitime de confort et de sécurité nous pousse à une pratique du cheval conforme à ce que propose la consommation de loisirs. Pour autant nous devons conserver un potentiel d'évolution du cheval par lui-même et garantir aux générations futures la possibilité de faire des choix différents des nôtres. Quels enjeux pour demain ? Le Postface de Jean Jalbert, (DG de la Tour du Valat) « La Camargue au fil du temps » peut-être un début de réponse :

Depuis un siècle et demi, avec l'avènement de la technologie comme recours à tous ses problèmes, l'Homo Camarguensis, être conquérant et opiniâtre, a enfin réalisé son rêve millénaire : maîtriser ce territoire rétif, s'affranchir des contraintes eau, sel, climat-qui s'opposaient jusque là à la « mise en valeur » de la Camargue.

Mais ce faisant, il a oublié que la richesse d'un delta vient précisément de sa dynamique, des flux qui le traversent. Flux d'eau douce et de sédiments, flux d'eau salée, flux biologiques, flux humains... Une Camargue coupée du Rhône et de la mer, ses deux géniteurs, serait un territoire en sursis. Une gestion « fixiste » d'un delta est une gestion perdante à terme.

A une plus vaste échelle, celle de la planète, l'humanité a touché à quelque chose qui n'est pas de l'ordre de l'humain, mais des grands équilibres naturels. Quelque chose qui la dépasse et qui lui échappe. Des changements de fond sont à l'oeuvre, profonds et rapides à la fois : changements climatiques et leurs conséquences sur la hausse du niveau des mers, 6ème crise d'extinction de la biodiversité.

La Camargue, extraordinaire foyer de biodiversité au ras de l'eau, est concernée au premier chef par ces changements. Il n'y a plus de place pour le doute. La seule inconnue est la rapidité et l'ampleur des phénomènes en cours et leurs effets à terme.

Il ne s'agit pas de jouer les cassandre, mais d'analyser lucidement les processus à l'oeuvre et de prendre acte du changement de cap qui s'impose à nous, de gré ou de force. Autant, dès lors, que ce soit de gré. Il faut alors anticiper, accompagner ces changements plutôt que les subir.

Et pour cela la Camargue a de nombreux atouts, tout particulièrement si on la compare aux autres deltas méditerranéens :

  • A l'opposé du delta de l'Ebre (Espagne), à vocation rizicole quasi unique, elle a conservé une grande diversité de milieux, naturels, agricoles, ou aménagés à des fins touristiques ou cynégétiques, qui forment une mosaïque diverse et assez équilibrée, facteur de résilience, de plasticité face aux changements ;
  • A l'inverse du delta du Nil (Egypte) très densément peuplé, la Camargue est « vide », avec en particulier de vastes ensembles naturels, sans enjeu humain ou économique, sur une grande portion du littoral et au centre du delta ;
  • A la différence du delta du Po (Italie) qui a « sombré » par endroits de plus de 3,5 mètres sous l'effet de pompage de méthane et d'eau en sous-sol, elle est toujours « à flots » ;
  • A l'inverse de la plupart des fleuves (Nil, Ebre, Gediz, Axios), dont la puissance passée a permis d'édifier les deltas, mais qui ne déversent plus en mer qu'une eau rare et dépourvue de sédiments, le Rhône a conservé son débit. Une partie des sédiments retenus dans les barrages du bassin versant pourraient être remobilisés.

Mais ces atouts ne pourront apporter des solutions face aux défis à venir, qu'à la condition que nous sachions porter un autre regard sur la relation que l'Homme doit entretenir avec la Nature, que nous changions radicalement notre approche. Il faut tordre le coup au mythe du « zéro risque », accepter de vivre avec l'aléa. Il faut renoncer à toujours conquérir et apprendre à lâcher parfois, à rendre des portions de territoire à la nature, à restituer un espace de liberté au Rhône et à la mer. Il faut réserver les interventions lourdes et extrêmement coûteuses à la seule protection des zones à fort enjeu humain et/ou économique. Il faut recréer des continuités écologiques sur un territoire morcelé.

L'enjeu n'est pas de conserver une activité à un endroit donné, pas plus qu'il n'est de conserver telle espèce ou tel habitat naturel. L'enjeu majeur consiste à conserver un potentiel d'évolution, d'adaptation du milieu et des communautés qui y vivent, qu'elles soient végétales, animales ou humaines, face à cet environnement changeant.

Une telle évolution de notre mode de pensée et d'action ne pourra se faire qu'à partir d'un partage des connaissances, d'un échange des points de vue et d'un dialogue permanent entre tous les acteurs du territoire.

 

Le 27/06/11 à 14h00

Cheval miroir !

Ce soir, il y a deux sentiments au goût amer qui se percutent… Nous avons perdu une pouliche de trois jours et nous devons assumer notre choix d’élevage.

Il y a plusieurs moyens d’exprimer son amour du cheval : L’acharnement à sauver une vie en est un, accepter la mort dans certaines circonstances en est un autre.

Dans le premier cas, notre acharnement certes admirable, aura malheureusement des conséquences irréversibles sur l’évolution de l’espèce.

Dans le deuxième cas, nous n’intervenons que sur l’accident « causé par l’intervention de l’homme » et excluons toute intervention sur l’accident « du parcours naturel de la vie d’un cheval ».

A Groboz, nous élevons nos chevaux en semi liberté avec le souci constant de ne pas interférer dans leur capacité naturelle à se développer durablement. Nous établissons des protocoles.

Pour les naissances, nous n’intervenons que dans le cas de risque d’infection de la jument qui n’a pas délivré de son placenta par elle-même. Cet accident n’est pas héréditaire.

« Il est une légende qui raconte que l’enfant dans le ventre de sa mère connait tout du mystère de la création, de l’origine du monde jusqu’à la fin des temps ».

Trois jours avant le drame, nous avons dérogé aux protocoles, par affection ou par faiblesse. Nous avons qualifié d’accident causé par l’intervention de l’homme, ce qui à la base était un problème de naissance d’un poulain trop fragile.

La veille, dans le groupe d’élevage, nous avions introduit une nouvelle jument pour la reproduction. Cette situation peut se produire dans le parcours naturel du cheval.

Nous n’avons pas voulu voir qu’un poulain doit être capable de surmonter certains dérèglements dans la gestation et la lactation de sa mère. Nous avons décidé d’aider la pouliche en la faisant téter toutes les deux heures pendant deux jours et une nuit.

Et pour aller au bout, nous avons finit par mettre la pouliche sous perfusion. Pour finir, nous avons fait machine arrière et débranché la poche au bout d’une journée…

Ce soir, non seulement nous devons accuser le coup d’avoir perdu une pouliche, nous devons surtout remettre en cause notre assiduité à accepter la mort dans certaines circonstances. Ce soir le cheval est notre miroir…

 

Le 27/04/11 à 14h00

Cheval au naturel !

En 1915, lors de la première guerre mondiale, les sud Africains contraignent la colonie Allemande du Sud-ouest Africain, à relâcher dans la nature les quelques 200 chevaux utilisés dans les mines de diamants.
«Crinière au vent, une âme indomptable » Film de Jean-Jacques Annaud – 2001.

En 1991, Jacqueline Ripart a recensé 276 chevaux dans le désert de Namibie, chevaux répartis en 49 familles de 2 à 11 individus.
« Ma vie avec les chevaux du bout du monde : La véritable histoire des chevaux du désert Namibien » par Jacqueline Ripart - Editions Favre.

Depuis des millénaires, le comportement du cheval est dicté par des codes inscrits à jamais dans son patrimoine génétique. Pour élever cet être magnifique, deux choix s’offrent à nous : lutter par ignorance et tenter de le façonner à l’image que l’on s’en fait, ou observer et comprendre pour composer avec lui.

A l’état naturel, nous rencontrons deux types de familles de chevaux : les harems (un entier et des juments la plupart du temps suitées de leurs poulains non sevrés) et les groupes de jeunes chevaux males, les pouliches sevrées sont reprises dans un autre harem que celui dans lequel elles sont nées.

Cette observation est utile pour un éleveur. Elle va lui servir pour le sevrage, la contention et l’apprentissage du cheval à sa vie future. Si vous lisez cette colonne tout au long de l’année, vous comprendrez pourquoi à Groboz, on élève nos chevaux en composant avec cette observation de base.

Plus fascinant encore, l’expérience de Jacqueline Ripart tente de répondre à une question existentielle. Comment évolue la population de chevaux sur près d’un siècle ?
Et bien… elle n’évolue pas ! L’effectif reste constant… Cela signifie-t-il que nous sommes en présence de la seule espèce animale qui régule ses naissances ?

Pourquoi l’homme veut-il tant façonner les chevaux ? Serions-nous tellement supérieurs ? Ils ont gagné leur liberté au prix d’une incessante lutte pour la survie, rien qu’à ce titre, méritent-ils d’être une nouvelle fois asservis ?

Leur âme curieuse les pousse à s’approcher de l’homme. Avec quelques récompenses gourmandes il sera facile de les apprivoiser, de créer avec eux un rapport de séduction, de domination. Est-ce-utile ?

Pourtant nous ne saurons jamais plus si l’effectif des chevaux de Namibie restera constant et si le cheval est la seule espèce animale qui régule ses naissances.

En effet, en 1993, ce prodigieux laboratoire a été ruiné quand l’homme a décidé de jouer les apprentis sorciers et d’y prélever 100 individus…

En 1994, les autorités recensaient 135 chevaux… En 1995, puis en 1998, ces mêmes autorités donnaient l’ordre de fournir du foin pendant 2 mois…

Sauvages, civilisés, si la distinction est très claire chez les chevaux, elle ne l’est pas toujours chez les humains…

 

Le 27/02/11 à 14h00

Festival de Groboz !

Nous sommes tous victimes d’une société qui fait de l’éphémère un style de vie. Plus tard, nos enfants mesureront sans doute que le changement n’est pas une fin en soi, mais un moyen de donner un sens à sa vie.

La raison d’être des associations de traditions équestres est de transmettre ces traditions aux générations futures. Associations sans les quelles le festival n’aurait jamais vu le jour. Ces associations ne font pas exception à la règle.

L’histoire d’amour entre le cheval et l’homme a cela de particulier qu’elle a un parfum d’éternité. C’est la raison pour laquelle la vocation du festival qui l’a met en scène est de durer !

Lors du premier conseil d’administration de l’année, nous avons convié exceptionnellement les présidents des associations partenaires. Nous avons amèrement constaté la fragilité de notre rêve…

C’est à tout cela que je pense quant je sillonne les rues de Bourg. Il y a quelques jours, j’ai décroché mon téléphone comme on envoie une bouteille à la mer. Un rendez-vous a été pris pour ce soir à la mairie. Christophe doit me rejoindre, la première bonne surprise arrive quant j’aperçois de l’autre coté de la rue, Carol qui l’accompagne.

Une fois autour de la table, nous négligeons le moment de curiosité bien séante… Chacun semble pressé d’aller à l’essentiel.

Le délégué à la culture nous indique qu’il connait notre manifestation et enchaine aussitôt :

- Je vous demande simplement une fiche technique de votre manifestation, nous avons quatre sites à vous proposer : le parc, le champ de foire, Ainterexpo, …

- l’arrière de Brou !

Christophe prononce ces mots en même temps que Guillaume Lacroix, comme si l’aventure avait déjà commencé entre ces deux là !

 

Le 27/12/10 à 14h00

Sevrage !

Il y a un mois, dans cette même colonne, nous expérimentions les changements d'environnements et notre erreur de vouloir opérer plusieurs changements simultanément. Nous avons planifié en plusieurs séquences le cheminement vers une intégration totale des poulains mâles de l'année avec ceux des années précédentes.

Le râtelier se trouve sur Pirajoux, ce qui signifie que pour y mettre le foin, nous devons traverser la prairie. Les poulains âgés ne loupent jamais le rendez-vous, ils nous attendent et nous accompagnent sur une bonne partie du chemin.

Ce matin, j’ai assisté à une scène qui en dit long sur la rapidité d’adaptation du cheval. Deux poulains de l’année se sont laissés piégés et n’ont pas vu le train se former et se diriger en direction du râtelier. Le temps de couper les ficelles d'une botte de foin et nous voyons arriver au galop, Akoum et Amalu.

Ils n’ont pas hésité, leur instinct grégaire les a poussé à rejoindre au plus vite leur groupe qui un mois après et sans ambigüité aucune celui des poulains mâles. Ils n’ont jamais marqué d’hésitation, même quand leur course les a conduit à longer le groupe familial avec leurs mères à quelques dizaines de mètres de la clôture.

 

Le 27/11/10 à 14h00 

Sevrage et leçon de cheval !

Novembre est le mois du sevrage à Groboz. Le sevrage est une étape naturelle dans la vie d'un cheval, mais il induit toujours une crise physiologique et psychologique qui sera d'autant mieux tolérée que le sevrage aura été bien préparé. A Groboz, nos méthodes d'élevage sont inspirées de l'observation du cheval dans son environnement naturel.

La structure sociale des chevaux libres se caractérise par des relations durables entre étalons et juments. La population se compose de groupes familiaux qui rassemblent un étalon avec ses juments et leurs poulains et de groupes de jeunes étalons célibataires. Les poulains et pouliches qui naissent dans un groupe familial y restent jusqu’à leur maturité sexuelle. Ils ont ainsi l'occasion de créer des liens sociaux.

La rivalité qui s'installe avec la maturité sexuelle, ne fait pas de place aux chances des poulains mâles de prendre l'ascendant sur leur père. Les poulains vont alors migrer ensembles, loin du groupe familial. Les poulains males reconstituent un groupe de jeunes étalons célibataires. Les jeunes juments sont intégrées dans un autre groupe familial déjà existant.

Ainsi, par ce départ du groupe de naissance au moment où les jeunes chevaux sont physiologiquement aptes à la reproduction, les accouplements incestueux sont évités. Et ils le sont à long terme ! En effet, les chevaux gardent en mémoire l'identité des congénères qu'ils ont côtoyés plusieurs années.

Habituellement, nous laissons les poulains dans la prairie d'élevage et ce sont les juments et l'étalon qui sont transférés momentanément dans une autre prairie. Nous reconstituons le groupe d'élevage un mois après, pendant trois mois. En effet, le poulain est alors sevré mais il continue sont apprentissage de la vie du groupe tel qu'on le trouve à l'état naturel.

Cette année, nous n’avons eu que des poulains males. La vente de la prairie que nous avons exploitée en foin n’a toujours pas été réalisée. Ce contre temps, nous a contraint pour la première fois à modifier notre méthode de sevrage : Ce sont les poulains qui vont être extraits du groupe d’élevage qu’ils ne rejoindront plus, mais intègreront le groupe des poulains célibataires de l’année précédente.

Première étape : obtenir le tarissement des juments et éviter ainsi qu’elles n’appellent leur poulain, pour cela nous isolons les poulains dans une stabulation durant deux semaines.

Deuxième étape : Introduire les poulains dans le groupe des étalons célibataires, pour cela nous utilisons un lieu sécurisé, la carrière, et isolons le groupe familial hors du champ de vision des poulains.

Troisième étape : Nous commettons l’erreur de réaliser trois étapes d’un coup ! Nous libérons trop tôt les deux lots de poulains qui n’ont pas eu le temps de prendre leur place dans la hiérarchie du groupe et ceci dans une nouvelle prairie pour les plus jeunes. Et pour en rajouter, comme si çà ne suffisait pas, nous libérons le groupe familial sur l’autre prairie séparée par deux clôtures espacées de deux mètres.

Une charge d’un poulain plus âgé, la vision des juments et un angle de clôture inhabituel, çà fait beaucoup. Les poulains de l’année défoncent la clôture, les fusibles libèrent les cordelettes et tout est à recommencer…

Cette fois, nous séparons la prairie du groupe des jeunes étalons célibataires en deux pour une semaine, les poulains de l’année d’un coté, les poulains de l’année précédente de l’autre. Nous tirons une clôture provisoire dans la prairie du groupe familial pour l’éloigner des poulains durant un mois.

Dans la nature, les changements d’environnement  ne sont jamais simultanés. Il y a une règle d’or avec les chevaux : ne jamais opérer deux changements en même temps. Les contraintes de la vie nous poussent à l’ignorer, les chevaux nous la rappellent. Qui est-ce qui éduque l’autre ? Je ne sais pas, par contre je sais que le cheval est notre miroir…


Le 27/10/10 à 14h00

Festival de Groboz !

Je m’affale dans le canapé au coin du feu. Mes pensées se mélangent. D’un coté, j’ai toujours su que le plus important serait de faire durer ce festival !

Il y a quelques semaines, plusieurs voix parmi-nous se sont élevées pour souhaiter donner un statut au festival de Groboz. Et là, se trouve l’opportunité de le transmettre aux prochaines générations.

Pourtant, cette idée n’arrive pas à me rassurer ! Combien de projets enthousiastes se sont vidés de leur substance après être devenus des associations ? Pourquoi ?

Il est tentant alors de protéger nos activités en les laissant aux mains de ceux qui les rêvent, les aiment et les portent sans autre motivation que de partager et transmettre leurs passions.

Donc ce soir, nous avons rendez-vous pour rédiger les statuts. Une idée attrayante me vient à l’esprit ! Nous allons chacun nous poser la même question : Qu’est-ce-qui nous a séduit dans l’idée du festival des équitations du monde ?

Même si nous avons tous en commun l’amour du cheval et la conviction qu’il ne prend pas la mesure qu’il mérite, c’est avant tout par le manque de développement de sa dimension culturelle…

Cinq raisons vont revenir, toutes différentes et toutes ambitieuses :

- Témoigner du lien qui unit l’homme et le cheval depuis toujours.
- Créer du rêve et de l’émerveillement et non meubler son temps.
- Offrir un voyage dans l’histoire des peuples cavaliers.
- Assurer l’avenir du cheval en donnant du sens à son existence.
- Apporter des alternatives aux enjeux de société par le brassage culturel.

Aujourd’hui ! Je repense à tous ces moments que nous avons connu depuis trois ans. Ces moments privilégiés qui nous ont notamment amené à considérer le public comme partie prenante du spectacle, en créant l’émotion qui fait cruellement défaut la plupart du temps et qui pourtant redonne le goût de s’investir au lieu de juste consommer…

 

Le 27/09/10 à 14h00

Peuple cavalier !

Condamné à l’époque soviétique par les zootechniciens venus de Moscou, le cheval des nomades kirghiz, tant vanté dans l’épopée, le mythe, les chants et les livres d'histoire, était en voie de disparition.
Les traditions associées à ce cheval étaient en train de s'éteindre et les courses qui accompagnaient autrefois les grandes fêtes kirghizes étaient sur le point de sombrer dans l’oubli.
La volonté de ce peuple cavalier a ne pas perdre un tel patrimoine a permis de sauvegarder et de réhabiliter le cheval kirghiz, tout en redonnant vie aux traditions et au savoir-faire qui lui sont intimement liés.

Au début de l’année encore, ce cheval semblait avoir retrouvé sa place et son rôle dans le renouveau actuel de la culture kirghize, le développement de l'élevage et l'essor du l'écotourisme.
L’organisation de la troisième édition du festival des équitations du monde, fût l’occasion d’entrer en contact avec ce peuple cavalier digne héritier de toutes les valeurs qui unissent l’homme et le cheval depuis 5000 ans.

N'oublions pas que cette nouvelle république démocratique a subi soixante-dix ans de régime soviétique : le passage à l'économie de marché se fait difficilement, surtout pour les populations éloignées des centres de décisions et des carrefours commerciaux.

La situation aujourd'hui

Plusieurs meurtres de journalistes et d'opposants ont défrayé la chronique et provoqué les protestations de l'Union européenne. Si le Kirghizstan reste pour le moment plus ouvert que ses voisins, comme l'Ouzbékistan, qui dérive depuis des années vers la dictature policière, ou le Turkménistan qui n'en est jamais sorti, il connaît donc actuellement une dégradation rapide du climat politique. Il reste classé régulièrement parmi les pays les plus corrompus du monde.

Le 7 avril 2010, des centaines d'opposants ont assiégé le Parlement situé à proximité de la résidence présidentielle. Le premier ministre, Daniar Oussenov, déclare l'état d'urgence et un couvre-feu est mis en place.

Le pouvoir est tombé après que des centaines de manifestants ont pris d’assaut le Parlement et le siège de la présidence à Bichkek, lors d’affrontements qui ont fait au moins 75 morts et 500 blessés.

Le 16 avril 2010, Kourmanbek Bakiev, président déchu en exil au Kazakhstan, a officiellement démissionné dans une lettre télécopiée adressée aux nouveaux dirigeants du pays.

Depuis, tout contact téléphonique ou internet est impossible…

Le 5 septembre 2010, pendant que nous mettons en lumière le cheval, un des peuples qui lui voue le plus d’attention se bat pour vivre libre ! C’est à ce peuple cavalier que la troisième édition du festival de Groboz est dédiée…

 

Le 10/08/10 à 14h00

Camargue !

"On file à Lansargues ! Vous venez ?"

Nadine n'attend pas la réponse des filles pour comprendre que la plage à plus d'attraits que la Bandido. Il faut dire que trois serviettes plus loin, il y a tout un groupe de garçons de leur âge...Mathieu et Martin profitent de l'aubaine pour nous proposer de nous évader tous les deux.

Cette situation nous fait sourire, çà me ramène quarante ans en arrière : Nos parents avaient déjà ce désir de vouloir donner un sens à notre existence, même pendant les vacances. Bien que çà ne collait pas toujours avec nos plans, nous savions déjà que çà enrichirait l'ensemble de notre vie.

On fait un crochet par l'appartement, juste le temps de prendre une douche et de retrouver Julie et Alexis. La circulation est encombrée jusqu'à Lunel. L'arrière pays n'a à priori aucun attrait particulier. L'urbanisation y est galopante, comme ailleurs. Les lotissements fleurissent avec leurs mûrs de deux mètres de haut.

Pourtant au premier rond point, il y a déjà une bande. Pour le bonheur du préfet de l'Hérault, le pick up blanc a remplacé la voiture multicolore et pas toujours conduite par un conducteur majeur... Nous sommes heureux de constater que notre boulimie sécuritaire n'a pas tué l'essentiel de cette tradition.

Les bandes de filles et garçons qui se constituent dans chaque village, sillonnent les fêtes votives de la région au rythme des jeux. Depuis toujours, le bandido consiste à faire échapper un des veaux que la manade ramène aux prés. On ne connait pas l'origine de ce jeux, peut être une rivalité pour la conquête du cœur d'une femme...

Si cette histoire d'amour a existé, leurs auteurs lui auront donné une autre dimension que celle que l'on peut vivre sur la plage de la grande motte...

Quelques minutes avant que la manade traverse le rond point, les regards changent, l'atmosphère devient celle dont on sait qu'elle traversera les années, celle dont on sait qu'elle pourrait briser les mûrs de deux mètres de haut...

 

Le 27/07/10 à 14h00

Festival de Groboz !

L'été est la saison des festivals, les propositions sont nombreuses et se noient dans le marché lucratif du tourisme et des loisirs...

«Il y a des oe?uvres qui font passer le temps, et d?autres qui expliquent le temps.»
«La culture ne doit pas être accessible à tous, elle doit être l'oe?uvre de chacun.» André Malraux

Aujourd'hui nos consciences sont malmenées par le commerce de l'ennui !

Que pourrions nous faire cette année de différent, juste pour essayer ?

A Groboz, le festival des équitations du monde ne sera pas un spectacle en plus. Ce sera un regard différent sur le temps où chacun à sa manière aidera le passé à inventer l'avenir.

 

Le 27/06/10 à 14h00

Musiques du monde - Maroc !

Nous ne reviendrons jamais en arrière, Dieu merci, mais nous devons changer notre regard, notre conscience pour vivre mieux.

Les évènements que nous aurons su créer, attesteront de la multiplicité des peuples, qui continuent, partout à travers le monde, de vivre et de vibrer à travers leurs cultures.

Un de ces évènements là va se tenir le 03 juillet à Cuisiat, au musée départemental du Revermont.

Patrimoine immatériel, les musiques de tradition sont reconnues aujourd?hui comme un des éléments qui constitue la diversité des expressions culturelles.

Dans l?Ain, si Bresse et Revermont sont riches d?un héritage musical collecté et réinvesti tant par les groupes folkloriques que par les musiciens de l?autre bout du monde.

Les populations issues de l?immigration portent, elles aussi, des mémoires musicales, vecteur d?échange, d?identité et de reconnaissance.

Les nombreux instruments portés par les musiciens et leurs répertoires, les partitions, les témoignages sonores et audio-visuels rendent compte de la richesse de ces musiques, de leur statut et mode de transmission, du rôle des musiciens et leur évolution.

Ils viennent d?un petit village « M?hamid el Ghizlane », le dernier avant le désert situé dans le grnad Sud marocain, au sud de Ouarzazate. Leur terre était carrefour de caravanes et de marchandises mais les affres de la sécheresse ont changé le cours de l?histoire et les nomades ont été contraints de se sédentariser.

Quatre jeunes musiciens continuent de transmettre les sources de sagesse portées par leurs ancêtres. Elles sont le reflet des choses de la vie et du désert dans un dialecte « hassani ». Leur pari : conjuguer passé, tradition, authenticité des poèmes hassani avec la modernité. Le bivouac du Revermont est là pour accueillir cette facette remarquable du patrimoine musical mondial.

L'édition 2010 du festival de Groboz doit hasard de la programmation, nous conduire aux portes du désert marocain. La similitude avec nos chevaux des « équitations du monde » ne s'arrête pas là ! Sans partage, on reste figé sur l?image, Il n'y a pas la vérité du coeur

Musée départemental du Revermont - Cuisiat
Samedi 3 juillet à 18 heures
Projet de coopération et de solidarité internationale soutenu par le conseil général de l''Ain et le ministère de la cohésion sociale.

 

Le 27/04/10 à 14h00

Leçon de cheval !

Farida a pouliné cette nuit et nous avons tout de suite remarqué qu'elle n?avait pas délivré ! En fin de matinée, nous décidons d'intervenir?

La veille nous la manipulions aisément, aujourd?hui la prendre au licol ne sera pas si simple. Farida nous interdit de s'approcher d'elle et donc de son poulain.

Dans la nature, le cheval est gouverné par ses instincts qui s'ordonnent les uns par rapport aux autres en fonction de la situation.

En temps normal, on retrouve dans l'ordre :

Chercher à se regrouper avec d'autres congénères pour se mettre sous la protection du groupe, puis se nourrir (ainsi vous verrez un cheval préférer quitter un râtelier pour suivre les autres qui ont mangé avant lui), puis protéger sa progéniture.

Le jour du poulinage et tant que le poulain est trop faible, l'ordre s'inverse :

La protection de sa progéniture prend le pas sur le besoin de se nourrir qui prend le pas sur l'instinct grégaire (ainsi vous verrez souvent une jument et son jeune poulain à l?écart du reste du groupe).

C'est en observant puis en adoptant son fonctionnement que l'homme peut aller plus loin dans sa relation avec le cheval.

 

Le 27/03/10 à 14h00

Séparation !

Aujourd'hui on vend Taous et Tarik ! Après trois ans de vie commune et des tas d'expériences partagées, ils nous quittent comme des enfants quittent leurs parents...

C'est vrai qu'ils ne partent pas pour l'inconnu, leurs nouveaux propriétaires partagent notre vision du cheval. D'ailleurs sommes nous propriétaires de nos chevaux ?

Et puis 2009 a été une année noire pour la vente. Nous avions d'ailleurs contacter d'autres éleveurs en février, histoire de se rassurer mutuellement et puis tout s'est accélérer avec des propositions.

Ces deux réflexions contribuent à rendre la séparation plus facile.

Les chevaux n'y sont pour rien. Une fois de plus, c'est une histoire d'hommes...

 

Le 27/01/10 à 14h00

Leçon de cheval !

Il n?y a pas un jour où je ne vais pas me planter devant ce foutu râtelier. Je ne trouve aucune explication pour comprendre l'?accident !

Comment as tu fait pour te coincer dans ce trou moins large que toi, petite Vadia ?

Nous savions que tu n'?étais pas dans le bon groupe de chevaux.

Le 27 novembre dans cette même colonne, nous évoquions la tentative avortée de réintroduction dans le groupe familial, là où tu aurais du naturellement te trouver naturellement ce terrible jour de l?an.

Nous avions observé chez toi une incroyable confiance en l?homme, mais aussi une incroyable insouciance face à tes congénères.

Es-tu resté plus longtemps au râtelier alors que tu devais céder ta place, jusqu?au moment où tu as paniqué et tenter de sauter par-dessus ce mûr infranchissable.

Le 27 avril, Nadine disait dans cette même colonne: « Vadia est née par moins dix degré dans des conditions naturelles qui ne l?auraient pas permis. Nous aurions accepté que Vadia ne survive pas ».

Ton histoire est cruelle, car elle nous rappelle que la vie ne s?encombre pas de notre sensibilité.

Vadia ! tu étais le plus attachant des poulains que nous n'ayons jamais eu, aussi sans doute par ton histoire unique qui t?a rapproché plus de l'?homme et éloigné plus de tes congénères.

Ton histoire est cruelle, car elle nous pose cette question: Aurons nous le courage de continuer, si la condition est de s'endurcir pour supporter une telle désillusion ?

Nous avons acquis la conviction de l'importance des chevaux dans nos vies.

Nos enfants connaissent le prix à payer de notre passion. C'est leur regard sur nos choix qui nous pousse à continuer ...

 

Le 27/12/09 à 14h00

Leçon de cheval !

Marion avait renoncé à venir. « Pour une fois ! », avait-elle dit. Nous avions regagné Groboz au milieu de l'après-midi. La maison était déserte. Cette fois, c'était Edmond qui nous avait laissé un petit mot.

Le temps de nous changer et nous rejoignons les poulains. C'est une bonne occasion de les observer dans leur milieu naturel sous quinze centimètres de neige.

Devant les râteliers, il y a un cheval impatient ! Rocky, un quarter qui n'avait vécu qu'en box avant de venir chez nous. Les poulains, quant à eux, s'affairent le long des haies, dans un équilibre palpable.

Les chevaux ne sont pas si différents de nous. Ils appréhendent la contrainte où la soumission, encore plus l'enfermement. Ils recherchent  un idéal de bien être, pourtant raisonnable.

Le cheval est conçu pour vivre dans un milieu ouvert et se déplacer en permanence pour satisfaire les quatre fonctions vitales : la sauvegarde, les relations sociales, la subsistance et la récupération.

La manière dont nous traitons les chevaux, est le reflet de ce que nous sommes au plus profond de nous-mêmes.

L'histoire des poulains est très différente de celle de Rocky. Elle est construite autour d'une unité naturelle. L'histoire de Rocky quant à elle, est le fruit d'une succession de bons procédés.

 

Le 27/11/09 à 14h00

Festival de Groboz !

L'édition 2010 qui doit nous conduire aux portes du désert, sera l'occasion de renouer avec l'idée première du festival de Groboz, le festival du rock et du cheval. Grace à une rencontre avec le groupe guitare du désert du Malien Ibrahim Djo, étoile montante de l'école Tinariwen.

Pour comprendre les racines de cette musique du désert, Il faut revenir 20 ans en arrière. Keddu Ag Hossad, partant à l'assaut du poste militaire malien de Menaka près de la frontière nigérienne, une kalachnikov à la main, une guitare électrique dans le dos.

Cette offensive du 30 juin 1990 sera l'amorce de la seconde rébellion touareg qui durera 3 ans et fera des milliers de victime.

Pendant le conflit, Tinariwen va assumer une fonction "double lame", maquisards engagés dans la lutte de libération de la région de l'Adrar des Ifoghas, au nord du Mali.

Si la maîtrise de l'espace a toujours découlé du contrôle des ressources d'eau, le verbe s'est quant à lui constamment abreuvé de métaphores et d'élégies. Comme si vivre dans cette immensité désolée exigeait que l'on étanche deux soifs plutôt qu'une, celle du corps, celle de l'âme.

Tinariwen est le produit de ce monde, né de la prouesse d'une langue chantée et du verdict des armes ; aussi sûrement que nos chevaux sont les reflets de son effondrement. Une série de catastrophes écologiques a eu raison d'un mode de vie ancestral reposant sur le nomadisme pastoral.

Avec la civilisation du méhari menacée de disparition et une paix, signée en 1992, au goût amer, les chansons de Tinariwen portent le deuil de l'épopée des tribus sahariennes, et s'efforcent de deviner le futur des générations qui doivent leur survivre.

La friction entre ce glorieux passé et un avenir incertain profite ainsi à l'embrasement de textes et de musiques dont l'esprit et la structure évoquera pour beaucoup le blues des origines.

Sans doute parce que l'origine du blues se situe précisément dans cette région située de part et d'autre de la boucle du fleuve Niger. Ce blues de l'homme bleu fixe les sédiments de l'Histoire, récente et lointaine, d'une nation oubliée. Mais aussi des éléments musicaux traditionnels typiquement sahariens passés au filtre de la modernité par une instrumentation électrique, notamment les guitares, beaucoup de guitares.

Pourtant pareille conjugaison n'aboutirait probablement à aucune vérité artistique si le destin personnel de chacun des acteurs de cette aventure n'y apportait son grain d'exil, de tragédie, de sublimation.

Tinariwen s'accommode de tous les fantasmes qui trainent sur la vie nomade et les peuples du désert. Des musiciens célèbres se sont pris d'intérêt pour le groupe. Robert Plant, Carlos Santana ont partagés la scène avec eux. Le groupe a ouvert un concert des Rolling Stones, à Glastonbury, en Angleterre. Herbie Hancock vient de l'inviter pour un enregistrement en studio. Ils font partie de ces artistes dits des « musiques du monde », qui ont su gagner la sympathie du public rock. En 2001, ils jouaient aux Transmusicales de Rennes et plus récemment aux Vieilles Charrues.

Tinariwen a suscité un intérêt pour la musique touarègue, peu exposée auparavant à la scène internationale, où elle était essentiellement transmise à travers le chant lancinant des femmes du groupe Tartit, de la région de Tombouctou (à la cité de la Musique, à Paris, le 12 février, avec Tinariwen). D'autres groupes touaregs, du Mali ou du Niger, sont apparus, tels Terakaft, Guitare du désert.

Au-delà de cette attraction, les membres de la famille Tinariwen ne veulent pas perdre de vue l'essentiel: la défense de la culture tamasheq et de ses terres. Une cause qui hier leur a fait prendre les armes, et aujourd'hui les maintiens en éveil.

La similitude avec nos chevaux des « équitations du monde » ne s'arrête pas là.

 

Le 27/10/09 à 14h00

Leçon de cheval !

Phénomène rare chez un cheval, Vadia est née en janvier! Elle s'est retrouvée de ce fait, isolée au moment du sevrage.

Pour la première fois à Groboz, nous avons du tenter la réintroduction d'une pouliche seule dans le groupe familial.

Qu'avons-nous observé ?

Un rejet net de Ghafel son père qui n'en veut plus dans son groupe.

Pourquoi le même cheval entier qui a accepté la réintroduction de deux poulains et de deux pouliches en 2007 et de deux poulains en 2008, refuse la réintroduction d'une pouliche seule en 2009 ?

Nous allons tenter d'y répondre !

La structure sociale des chevaux libres se caractérise par des relations durables entre étalons et juments.

La population se compose de groupes familiaux qui rassemblent un étalon avec ses juments et leurs poulains et de groupes de jeunes étalons célibataires.

Les poulains et pouliches qui naissent dans un groupe familial y restent 2 à 3 ans. Ils ont ainsi l'occasion de créer des liens sociaux.

La rivalité qui s'installe avec la maturité sexuelle, ne fait pas de place aux chances des poulains mâles de prendre l'ascendant sur leur père. Les poulains vont alors migrer à plusieurs, loin du groupe familial.

Les jeunes étalons ont au gré des combats, une espérance de vie inférieure à celle des pouliches. Les jeunes juments sont intégrées dans un groupe familial déjà existant.

Ainsi, par ce départ du groupe de naissance au moment où les jeunes chevaux sont physiologiquement aptes à la reproduction, les accouplements incestueux sont évités.

Et ils le sont à long terme ! En effet, les chevaux gardent en mémoire l'identité des congénères qu'ils ont côtoyés plusieurs années :

Si un étalon est mis à l'écart de son groupe familial juste avant la naissance de ses petits et qu'il y est replacé quelques années plus tard, il ne reconnait pas ses pouliches comme ses filles et peut se reproduire avec elles (expérience menée sur les chevaux de Camargue de la Tour du Valat).

La vie de famille est donc indispensable pour éviter l'inceste.

Lorsque les étalons et juments ont la possibilité de former des liens sociaux sur plusieurs années, ils évitent de préférence de se reproduire avec un membre de leur famille.

Ainsi, contrairement à ce que l'on pourrait croire, les chevaux ont une tendance naturelle à éviter de concevoir des poulains fortement consanguins.

Il est probable que Ghafel ait reconnu sa fille Vadia lors de notre tentative contre nature de réintroduction.

 

Le 27/09/09 à 14h00

Regard !

J’ai toujours aimé l’automne ! Je n’ai jamais su pourquoi au juste . Je l’associe à la rentrée des classes. La rentrée des classes pour nous à Groboz, c’est le festival... La prairie est lumineuse à l’heure où les premières voitures se garent, en descendent les premiers spectateurs. Je ne sais pas ce qu’ils viennent chercher, je sais ce que j’aimerais qu’ils y trouvent...


Pendant tout le week-end, Je cherche à percevoir l’intérêt suscité et puis je tombe par hasard, sur ces deux photos : Il y a le papa que je suis et la petite fille que j’ai vu grandir, ils regardent dans la même direction, le bonheur n’est pas de montrer la voix à son enfant, mais de partager le rêve naissant de son enfant...

Il y a le regard du cow-boy qui se rend compte que sa vie se transmet et peut susciter d’autres vocations. Heureusement la diversité des équitations du monde est là pour nous rappeler à quel point le fil qui unit les civilisations et leurs montures, n’a ja--mais été rompu. Nous ne reviendrons jamais en arrière, Dieu merci, mais nous devons changer notre regard, notre conscience pour vivre mieux. Et voici que tous ces chevaux du monde entier, cette infiniment densité de races revivent, se diffusent, conquièrent de nouveaux espaces ! A nous de lire dans cet être magnifique et continuer à unir son destin au notre. Les évènements que nous auront su créer, attesteront de la multiplicité des cultures équestres, de la beauté des peuples cavaliers, qui continuent, partout à travers le monde, de vivre et de vibrer à travers leurs chevaux.

 

Le 27/08/09 à 14h00

Festival de Groboz !

L'autre jour, quelqu'un m'a parlé de l'an passé: « Je suis restée sur mon nuage toute la semaine ! »

Ce que j'ai aimé, c'est que nous n'avons même pas évoqué ce qui avait bien fonctionné, seul comptait l'émotion qui dure après.

Aujourd'hui, nous avons l'embarras du choix pour meubler nos week-ends. Pourtant, N'y a-t-il pas d'autres loisirs à inventer ?

Notre rôle d'organisateur ne doit pas se limiter à la mise en scène d'un spectacle avec comme seul soucis de répondre aux attentes des consommateurs que nous sommes. Le sens que nous aurons su (où pas) donner à nos activités, aura pour conséquence de créer un capital émotion dans le public.

L'important, c'est de donner un sens aux actions que nous entreprenons. Cela n'est pas nouveau, mais aujourd'hui cela devient excessivement difficile. Pourtant, Comment faire pour mettre en scène nos émotions ?

L'émotion que nous cherchons à partager doit être privilégiée. C'est la seule chose qui doit animer chaque membre de l'organisation du festival. Le public ne doit pas être cantonné au rôle de spectateur, mais être mis au coeur de la fête. La fête ne doit pas être faite pour lui, mais par lui !

Voilà pourquoi la danse fera la part belle à l'initiation et le cheval sera mis en lumière sous l'angle de la complicité entre son destin et le nôtre, hier, aujourd'hui et surtout demain.

Nous voulons ouvrir de nouveaux horizons. A commencer par la semaine qui suivra et que nous ne souhaitons pas tout à fait comme les autres pour celui où celle qui nous aura fait le plaisir de venir.

 

Le 27/07/09 à 14h00

Paul Ricard !

Le chemin semble interminable et achève de donner à l'événement, la dimension gigantesque d'un rêve de gosse. Je revois chaque panneau publicitaire, les premiers camions aux couleurs des formules 1 qui ornent les murs de ma chambre. Plus tard, j'apprendrai que le circuit est l'oeuvre d'un homme qui savait en le créant qu'il créerait quelque chose à la hauteur d'un rêve de gosse.

Paul Ricard, qui aurait eu cent ans ce mois de juillet, est décédé en novembre 1997. Il a laissé derrière lui une entreprise de tout premier plan, mais surtout un esprit, empreint d'humanisme, que perpétuent à merveille ses cinq enfants.

Patrick, président du groupe Pernod-Ricard, Bernard, Danielle qui fût l'épouse du torero César Gijon, Béatrice, et la benjamine, Michèle, qui a hérité du domaine de Méjanes en pleine Camargue : 670 hectares achetés jadis, aux sucreries Saint-Louis de Marseille, dont 150 hectares de l'étang de Vaccarès.

Bon nombre des collaborateurs de Paul Ricard ont échappé au STO, après s'être réfugiés dans ce domaine que le brillant capitaine d'industrie convertit dès le début de la seconde guerre mondiale, en une authentique ferme agricole.

Superbe, ce domaine touristique est aujourd'hui un laboratoire environnemental et un conservatoire des traditions camarguaises qui n'a pas son égal. Il reçoit, chaque année, 150 000 visiteurs en quête d'authenticité.

Il a son équivalent sur l'île des Embiez dans le Var, l'équivalent pour la préservation océanographique, veillant à la protection des fonds sous marins. On retiendra également, parmi le patrimoine familial ou sociétal, l'île de Bendor, la presqu'île de Cassis ou le château Sainte-Marthe à Marseille. Le circuit pour faire rêver les gosses a été cédé depuis.

Toutes ces oeuvres ont un point commun, celui d'être tournées vers et pour le public. Paul Ricard s'identifiait à cette Camargue, terre qui se mérite, tour à tour dure où tendre mais toujours généreuse et hospitalière.

 

Le 27/06/09 à 14h00

Chambres d'hôtes !

En France comme ailleurs, l'expérience du cavalier s'enrichit de l'univers des « hommes de chevaux ». Qu'ils soient gardians de Camargue, écuyers de l'école portugaise, wranglers du Montana, explorateur en Patagonie, ou chuchoteur au Drakensberg, ils partagent un savoir-faire et une maîtrise qui tend à l'osmose entre le cheval et son cavalier.

Pour nous à Groboz, le voyage ne s'arrête jamais. Parce que l'éveil, la curiosité, le désir de connaître, de nous émouvoir, de découvrir, empruntent aussi d'autres voies que celles du déplacement. Cet état de voyageur permanent, nous le devons à nos lectures, aux musiques, aux expositions, aux goûts d'une cuisine traditionnelle. En un mot, à cette culture liée à l'ailleurs, immense et si productive ces dernières années.

Ecrivains, peintres, cinéastes, musiciens, photographes, scientifiques, tous nous ramènent du monde un voyage généreux, puisque, au retour, ils n'ont de cesse de nous le faire partager. Son, écriture, photo, peinture, cinéma! ces territoires de l'émotion et de la connaissance ont, eux aussi, leurs « campements », traduisez leurs lieux d'accueil.

Le jour où nous avons découvert Groboz, nous avons su? Cet endroit fait partie de ces endroits qui ne trichent pas ! Qui vous donnent, mais qui vous transporte avec leur générosité. Avant de connaître Groboz, notre objectif était de vivre au milieu des chevaux, égoïstement. Puis l'envie s'est voulue plus exigeante avec son besoin de partager.

Nous avons beaucoup reçu des autres. Comment pouvons nous partager à présent? En recevant justement dans cet endroit d'accueil. Dès notre arrivée en 2003, nous avons lancé le projet chambres d'hôtes. Trop vite sans doute, la vie c'est aussi çà ! un cortège d'imprévus comme l'éventualité de la construction d'une ligne TGV.

Aujourd'hui ! Il est temps de repartir pour un deuxième départ. Le monde change et change vite, avec un paysage nouvellement façonné et des besoins de sociétés différents. S'adapter ne signifie pas renoncer à ses rêves. Donc dès le verdict connu, il sera temps de repartir pour un deuxième départ dans la réalisation des chambres d'hôtes. Nous vous ferons vivre chaque étape de l'aventure !

 

Le 27/04/09

Doute !

Nous avons conscience du besoin de renouveler nos juments et souhaitons un maximum de naissances en pouliches. Pourtant les choses ne tournent pas toujours comme on l'imagine. En période de poulinage, je me lève à 06h00 et avant même de déjeuner, je file dans la prairie de l'élevage. Il y a quelques jours, j'aperçois en lisière de bois une tache blanchâtre à coté de Djamila avec un mauvais pressentiment. J'accélère le pas et trouve la poche avec le poulain prisonnier à l'intérieur. Je la crève sans illusion ! Le poulain est déjà mort, noyé ! il n'a pas pu crever lui-même la poche.

Pourquoi ?

Dans ces moments là ! Vous doutez de l'utilité de tout çà ! Le désespoir vous envahit et vous doutez de votre vocation durant quelques minutes. Puis vous puisez en vous quelques ressources et enclenchez sur une chaine d'opérations qu'il faudra de toute manière exécuter: Remonter le poulain et la mère, appeler le vétérinaire pour la délivrance (dans les situations à problème, la règle d'or est de ne plus rien laisser au hasard), appeler l'équarrisseur, et puis enchainer sur la journée de travail avec les rendez vous (dont ceux du début qu'il va falloir recaser).

Heureusement, je peux compter sur Edmond et puis les enfants qui comprennent ce genre de situation bien avant les copains de leur âge. Non seulement ils ne loupent pas l'heure du car pour l'école, mais ils sont solidaires, s'occupent de la maison et trouvent les mots qui vous redonnent espoir. Martin (6 ans) : "Maman ! Regarde tous ceux qu'on a déjà!"

Maintenant, il faut décortiquer froidement ce qui s'est passé, aller au bout du bout au risque de s'enfoncer le couteau au plus profond de la plaie (il s'agissait d'une jolie pouliche porteuse d'espoir pour l'élevage), je souffre plus encore (est-ce-possible ?), Il faut décortiquer froidement ce qui s'est passé, je disais donc ! Voir la cause, l'analyser et la replacer dans notre philosophie d'élevage. Dans certains élevages, il y a des caméras vidéo qui permettent à l'éleveur de suivre la jument depuis son lit et d'intervenir dans les dix minutes dès le début du poulinage. Je comprends, je ne juge pas. Je nous remets en cause pour assumer nos choix d'élevage qui ont par certains cotés des faiblesses: A Groboz, nos méthodes d'élevage sont inspirées de l'observation du cheval dans son environnement naturel.

Je transforme ma révolte en gratitude. J'en profite pour remercier Edmond (celui qui a créer l'élevage il y a plus de vingt ans) qui s'est réveillé plusieurs fois durant plusieurs nuits par moins dix degré et permettre à Vadia de naître cet hivers dans des conditions naturelles qui ne l'auraient pas permis. Nous aurions accepté que Vadia ne survive pas, nous n'acceptons pas que cette pouliche qui est née dans des conditions idéales (pas de pluie, pas de vent, onze degré) Pourquoi voulons nous tout maîtriser ? Et si tout simplement ce poulain était faible et qu'il n'avait pas sa place parmi nous, parce que la nature ne s'encombre pas de notre sensibilité, parce que notre aide lui aurait permis de survivre combien de temps ? Et pour quelle existence misérable?

Nadine

 

Le 27/03/09

La saison de monte!

Dans la nature, les poulinages ont lieu au printemps. Le cycle de la nature prévoit que les naissances aient lieu à la période la plus favorable pour la survie du poulain. Ce phénomène est très net dans la race Barbe. En effet, les Barbes originaires de régions au climat rude : il est essentiel pour la survie de l'espèce que les poulains ne viennent au monde que lorsque les conditions climatiques sont suffisamment clémentes et que la qualité de l'herbe est suffisante pour assurer l'alimentation de la mère en lactation.

Idéalement, la naissance doit donc se situer entre la fin du printemps et le début de l'été. C'est pourquoi l'ovulation est étroitement liée à l'ensoleillement. Dans l'espèce équine, on assiste à un ralentissement et un arrêt de la gamétogénèse entre la fin de l'automne et le début du printemps. La reprise est déclenchée par la photo période (durée de l'éclairement par 24 heures). Dans certains haras de chevaux de course, on place les juments sous lumière artificielle afin de hâter l'apparition des chaleurs et permettre de faire naître des poulains très tôt dans l'année.

Officiellement, dans les Haras Nationaux, la saison de monte s'étend du 15 février au 14 juillet. Dans notre désir de maîtriser les éléments précédemment cités, nous engageons des processus d'élevage pour éviter des désagréments dans notre organisation quotidienne. Il est sage par exemple, d'isoler systématiquement l'étalon du troupeau au plus tard le premier août.

A Groboz, nos méthodes d'élevage sont inspirées de l'observation du cheval dans son environnement naturel (sans l'introduction de la main de l'homme). Ainsi, vous verrez toujours l'étalon au milieu de ses juments. On privilégie l'équilibre mental du cheval quitte à ne pas se faciliter la vie dans un premier temps. Par contre sur la durée, nous gagnerons du confort et du temps avec la manipulation de chevaux équilibrés dans un milieu qu'ils n'appréhendent pas!

Par exemple, notre étalon et ses juments pourront aisément s'accommoder de la venue de nouvelles juments présentes pour être saillies. Plus besoin de monte en main et de timing serré avec de nombreux déplacements pour faire saillir une jument de l'extérieur, vous la laissez un mois où deux en pension au sein du groupe, son intégration dans le groupe se passera facilement du fait de la sérénité de chacun de ses membres.

Nadine

 

Le 30/01/09

Objectifs!

Il y a deux types d'évènements qui peuvent se produire: ceux qu'on avait prévu et ceux qui vous tombent dessus. Groboz n'échappe pas à la règle.

L'assimilation de la formation du travail en selle pour les poulains nés en 2007, Taous, Tarik et Thiyya, est programmée dès le début de l'été. L'anticipation du renouvèlement des juments de l'élevage a très bien débuté puisque le 05 janvier est née Vadia. Nous avons besoin de quatre hectares supplémentaires de prairie. Une convention d'exploitation devrait être signée pour deux hectares avec la société d'autoroute en bordure de propriété. Le taillis est malheureusement trop âgé et ne peut être convertis en prairie, c'est en production de bois en plaquettes pour chaudières polycombustibles qu'il devrait trouver sa raison d'être et participer au programme de développement durable dans lequel Groboz est impliqué. Pour la prairie, nous devrions récupérer un hectare de la ferme, de bois et taillis destiné à l'origine au bois de chauffage. La première édition du festival du rock et du cheval verra le jour le premier week-end de septembre dans sa forme définitive. L'éclairage de la stabulation devrait être réalisé pour le travail de nuit, l'automne prochain.

Et puis, il y a les évènements dont nous n'avons pas la maitrise: La décision finale sur le tracé de ligne TGV devrait intervenir à la fin du premier semestre. Nous faisons confiance à l'ensemble des acteurs, élus, riverains des différents tracés, pour faire le choix le plus juste. Quant à nous, nous prendrons nos responsabilités... Un autre ouvrage, beaucoup moins spectaculaire celui-là, l'enfouissement de la ligne électrique moyenne tension qui alimente le hameau, devrait être réalisé autant pour l'esthétisme du paysage que par soucis d'économique à long terme dans l'hypothèse de tempêtes décennales récurrentes.

Nadine

 

Le 29/11/08

Sevrage !

Ce matin, nous sevrons nos poulains de l'année. Le sevrage est une étape naturelle dans la vie d'un cheval, mais il induit toujours une crise physiologique et psychologique qui sera d'autant mieux tolérée que le sevrage aura été bien préparé.

Le sevrage brutal:
C'est la méthode classique, qui reste la plus employée. Il consiste à séparer définitivement le poulain de sa mère. Le poulain est enfermé seul ou avec d'autres poulains de son âge.

Le sevrage progressif:
C'est la méthode qui se développe. Le poulain est sorti du groupe de chevaux durant deux heures puis remis au pré avec sa mère. L'opération est répétée les jours suivants, en augmentant progressivement la durée des séparations. Avant de passer à une séparation complète qui sera ainsi mieux supportée.

Dans la nature, le sevrage s'éffectue de lui-même: le poulain tète de plus en plus rarement, et ne cessera totalement de le faire que lorsque sa mère aura un autre poulain, au printemps suivant. Les poulinages ayant lieu au printemps, la jument ressaillie le mois suivant sera pleine de cinq ou six mois à l'entrée de l'hiver où elle devra affronter à la fois les intempéries, les fatigues de la gestation et celles d'une lactation "de luxe".

Les poulains de races primitives comme le Barbe, deviennent autonomes relativement tôt. Dans le désert, la nécessité de parcourir de grandes distances pour découvrir l'eau ou l'herbe exige que les jeunes soient plus vite adultes.

A Groboz, nos méthodes d'élevage sont inspirées de l'observation du cheval dans son environnement naturel (sans l'introduction de la main de l'homme).

Nous laissons les poulains dans la prairie d'élevage et ce sont les juments et l'étalon qui sont transférés dans une autre prairie durant le mois de décembre. La particularité du sevrage à Groboz réside dans le fait que nous remettons tout le monde ensemble en janvier dans la prairie d'élevage pendant trois mois. En effet, le poulain est alors sevré mais il continue sont apprentissage de la vie du groupe tel qu'on le trouve à l'état naturel.

Nadine

 

Le 19/11/08 à 14h00

Débourrage !

Novembre est traditionnellement le mois des salons et des rendez-vous. Cet après midi, j'ai quelques appels à donner pour tenter de réunir les uns fédéraux et les autres puristes de l'équitation western qui devrait faire l'affiche de la première édition du festival.

Ce beau jour qui pourrait être un des derniers de l'année, me pousse dehors! A moins que ce soit pour profiter du spectacle... J'aime volontier m'égarer à regarder Nadine et Marie quand elles travaillent les poulains.

En novembre, ils sont répartis en trois groupes:
Un pour les poulains de dix huit mois.
Un pour les pouliches de dix huit mois.
Un pour les poulains et les pouliches de six mois qui sont encore avec leurs mères.

A six mois, un poulain supporte le licol et est capable de rester à l'attache.
A dix huit mois, il est capable de: venir quant on l'appelle au pré, se déplacer en longe et seul sur une route, monter dans un van, donner ses pieds, travailler en longe aux trois allures.

Mais je m'égare de mon emploi du temps. L'idéal pour l'amour du cheval, serait d'organiser un festival du rock et du cheval où toutes les équitations seraient représentées au fil des éditions, dans leurs plus pures traditions, sans concurrence et dans une seule fédération.

 

Le 26/10/08 à 16h00

Couleurs d'automne !

Pour ce rendez-vous avec la lumière d'automne, le pays a revêtu la palette des rouges et jaunes. La terre s'unit aux feuilles humides pour embaumer. La brise caresse la peau.

Nous sommes aux pommes !

Aussi loin que mes souvenirs remontent, j'ai toujours aimé cette saison. Peut être parce que c'est elle qui aiguise le plus les sens.

Qui ne se souvient pas de l'odeur des cartables neufs, le jour de la rentrée ?

 

Le 11/10/08 à 09h00

Projet LGV Rhin Rhône !

Suite au journal du 30/09/08, certains d'entre vous nous contactent pour connaître l'avenir de Groboz!

Groboz est un patrimoine vivant qui répond à petite échelle, à des enjeux majeurs pour le développement de la société .Autour de nous, il y a des vocations semblables à la notre. Toutes ont quelque chose en commun, elles sont conçues autour de l'idée qu'elles doivent durer. Pourtant, remettre en cause leur avenir est envisageable dans le cas où l'intérêt collectif est supérieur.

Loin des sentiments que nous pouvons éprouver, la seule question qu'il faut se poser est:

Est-ce que l'intérêt collectif de la ligne à grande vitesse Rhin Rhône secteur sud, est supérieur aux intérêts particuliers et collectifs qui seraient anéantis où réduits suite à sa construction, Groboz y compris ?

Alors il faudra accepter la décision qui sera rendue à l'automne 2009 et voir Groboz disparaître.

Depuis le début de l'année, la vie à Groboz continue comme si de rien n'était. Seuls les travaux des deux chambres d'hôtes dans le bâtiment de four, sont suspendus jusqu'à l'automne 2009.

 

Le 30/09/08 à 20h00

Projet TGV Rhin Rhône !

"Arrêtez d'être fatalistes! dites leur Non! On ne veut pas de votre TGV!"

Cà y est, nous y sommes... Nous l'avions prévu en préparant la réunion publique de ce soir, ce type de réaction est devenue commune.

Pourtant Groboz est touché de plein fouet par ce projet, par le progrès... J'ai le coeur serré, mais ma préoccupation est ailleurs...

Dès le début de l'été, j'ai alerté notre conseiller général sur la nécessité de fédérer nos concitoyens autour de l'état de droit, seul capable de préserver l'unité pour accompagner le développement:

Nous devons nous rendre à une évidence. Les mentalités ont évolué imperceptiblement depuis trente ans. A l'état de droit c'est peu à peu substitué, l'état providence...

 

Le 16/09/08 à 09h00

Vivre tout simplement!

"Alors ton festival! Il a été annulé à ce qui parait... Vous n'avez pas eu de chance avec le temps!"

Ces quelques mots résument la vision que nous avons de notre existence...

Le plus souvent, les évènements se succèdent les uns aux autres. On est dans celui qu'on vit, en attendant le suivant. A ce rythme, chaque évènement est destiné à meubler son temps...

Dans certains cas, il y a une catastrophe pour meubler la conversation qui devient à elle seule un évènement.

Et puis çà sert à quoi un festival? Cà rapporte quoi?

Vivre tout simplement!

Et même subsister pour les plus modestes d'entre nous.

Aujourd'hui, nous prenons à nouveau conscience qu'il faut créer de la richesse pour vivre! Pour créer de la richesse, il faut l'enthousiasme de chacun.

L'enthousiasme ne naît que des histoires d'amour que l'on est capable de provoquer.

Nos chevaux, comme notre goût pour un art, ont besoin de s'exprimer dans des évènements que nous aurons voulu où pas.

L'annulation d'un évènement n'est pas insignifiante, elle ne concerne pas que les quelques centaines de spectateurs attendus. L'annulation d'un évènement, c'est avant tout se résigner à laisser nos sensibilités rester lettres mortes.

Il y a ceux qui se sont mouillés. Il y a ceux qui ont osé un nouveau programme improvisé, sans attendre de matériel supplémentaire, uniquement par passion. Il y a ceux qui ont osé décevoir ce public prédisposé à meubler la conversation du lendemain...

Cette attitude que vous avez adopté pour ce numéro zéro, sera le pilier majeur du festival du rock et du cheval...

 

Le 04/09/08 à 19h00

Festival de Groboz!

Jeudi à 19h00, Patrick n'est pas venu nous saluer tout de suite. Il est descendu de voiture et a filé en direction de la carrière.

"C'est jouable!". Ses yeux brillent.

Nous revenons de loin, il s'est abattu depuis deux jours l'équivalent d'un mois de précipitations sur la région de Bourg en Bresse.

La décision de poursuivre le show western n'en revenait qu'à lui seul.

Vendredi est un régal, le vent du sud souffle et ne semble pas fléchir. Le sentiment est celui que l'on ressent quant on va retrouver pour un premier rendez-vous, une fille qui a fait chavirer votre vie la veille.

Plusieurs fois dans la nuit, je me relève en espérant que le vent du sud qui a faiblit avec la tombée de la nuit ne arrête pas.

Samedi à 05h00, je n'aurai pas ce loisir, j'entends depuis mon lit la pluie tomber.

Toute la matinée, le sentiment est terrible, entre l'espoir que çà cesse, là maintenant! alors que çà sera récupérable et l'envie de se résigner pour passer à autre chose, plutôt que ressasser tout le travail de ces derniers mois qui ne fera jamais rêver, pas même un enfant.

A midi, nous devons prendre la décision d'annuler le show western de cet après midi. Le sol de la carrière ne supportera pas une nouvelle journée de pluie! Nous avons de plus le loisir de le faire car nous avions communiqué dans la presse un numéro de téléphone à contacter si la météo est incertaine.

La question de l'annulation de la soirée rock est plus difficile à prendre.

Nadine veut que l'on continue, Olivier ne le souhaite pas, nous décidons finalement de remplacer la soirée rock par une soirée line danse.

Il sera plus facile sur ce type de spectacle de tirer parti de la réduction du public par l'annulation du show western.

Tout çà ne gomme pas la déception, car ce n'est plus l'esprit du festival...

Dimanche matin, nous décidons de vivre chaque instant avec intensité sans attendre rien de la prochaine demi-heure.

A 11h00, tout c'est mis en place sans que l'on s'en rende compte et le site est conforme aux divers arrêtés préfectoraux.

Carol prend le micro et lance l'ouverture de la fête de Groboz, le public est là! et pas comme on a l'habitude de le voir! chacun semble s'approprié quelque chose de la fête et c'est peut être là que réside le point de départ de l'esprit du Festival de Groboz.

 

Le 30/08/08 à 11h30

Festival de Groboz!

Novembre 2002, çà fait presque un an que l'on cherche une ferme pour vivre au milieu des chevaux. J'ai rendez-vous pour la visite d'une ferme Bressane à vendre. Le chemin goudronné ne laisse rien présager de particulier, pas plus que les trois bâtiments typiques. Nous contournons le bâtiment principal et là, alors que toutes les préoccupations d'usage en pareils circonstances, auraient du m'accaparer, je suis intrigué par la galerie ouest du bâtiment principal. Les niveaux, les pentes, à moins que ce soit ce patrimoine vieux du dix huitième siècle, l'ensemble laisse entrevoir, au travers des moellons, un décor de théâtre.

Les mois passent, la vie se construit, autour des chevaux, comme prévu. Peu à peu apparaît le besoin de donner du sens à leur vie avec nous. Comme avant, il y avait du sens pour les gens à les utiliser pour vivre. Les chevaux ne se suffisent pas à eux-mêmes, il faut les mettre en résonance avec la culture et le patrimoine.

Juin 2007, un soir de fête de la musique à Lyon, je parviens à associer les trois éléments du puzzle :
Un patrimoine, un rôle pour les chevaux et un groupe de rock qui rencontre son public.
Ce soir là, naît l'idée d'un festival.

Le week-end des 06 et 07 septembre, le festival du rock et du cheval va vivre son premier rendez-vous, sous la forme d'une fête.

Septembre 2009 verra la première édition du Festival de Groboz sous sa forme définitive, en fonction des enseignements recueillis cette année.

 

Le 14/08/08 à 11h30

Camargue!

En fin de matinée, je regarde Nadine et les enfants s'éloigner en direction du phare de la Gacholle.

Il pleut et nous avons mangé dans la voiture.

J'enclenche la marche arrière et m'aventure sur leurs traces en improvisant une manière de conduire propice au franchissement des cratères creusés par les intempéries. La technique consiste à ne jamais aborder de face la crête mais de coté à la manière d'un skieur en slalom.

Marie n'est pas étonnée de me revoir!

- C'est une bonne idée Papa! Je crois que çà aurait été trop dur pour Martin... Il n'a que cinq ans!

Heureux de ce soutien, je trouve que la randonnée de 15 km au lieu des 18 Km initialement prévus, a bien meilleur allure.

Après avoir laissé la voiture aux Saintes, j'opère la jonction par l'autre coté de la digue à la mer, à l'endroit prévu. Martin a parcouru 8 Km en moins de deux heures.

Nous passons une partie de l'après midi, pratiquement seuls, sur une plage de 1 500 Ha.

Sur la deuxième partie, nous rencontrons des chevaux et là: Martin nous explique qu'il s'agit de juments. Les arguments du petit bonhomme ne manquent pas d'attirer l'attention du groupe de cavaliers et la proposition pour lui de continuer le parcours à cheval.

Après avoir gagné quelques Kilomètres au début de la randonnée, Martin se paye un autre répit dans la traversée de la Camargue entre mer et Vaccarès. Nous le récupérerons dans la soirée sur la route de Cacharel.

 

Le 26/07/08 à 20h30

La cause animale!

Le halo de lumière des projecteurs donne à la scène encore plus de relief!

Sur la carrosserie de la berline de luxe, quatre verres et une bouteille de pastis, ultime parfum du midi pour accompagner les chevaux qui ne sont pas de race camarguaise mais Lusitaniens.

Comme le midi de la France, comme toutes ces régions fascinantes qui cultivent le goût, l'envie, ..., et souvent l'amour des chevaux, grâce à la conviction que nos vie passent mais que le sens que l'on leur donne reste...

Le Portugal est à l'honneur ce soir à la féria de Marboz.

Là au pied des arènes érigées pour la circonstance, cinq entiers Lusitaniens sont alignés le long d'un camion immatriculé dans les Bouches du Rhône.

Cinq chevaux dont le halo de lumière mais en relief leur allure, mais c'est dans leur regard que l'on puise toute l'amplitude de leur vie.Vie rendue possible par l'amour de leurs propriétaires.

Plus tard dans les tribunes, des gens semblent percevoir cette différence par rapport aux multitudes de spectacles qui nous sont habituellement donnés à consommer.

J'ai une pensée pour ceux qui lutte contre la corrida. La puissance de leur engagement est du même tonneau que celle qui anime nos passions ancestrales, car elles viennent toutes deux du c?ur.

La cause animale a besoin de toutes les forces, même si elles sembles contradictoires de premier abord.

Sous peine à terme de faire de chaque combat un chemin qui conduise à devenir des Ayatollah de la cause animale.

 

Le 12/07/08 à 17h00 :

Nous négocions les lacets de Saint Just les uns après les autres.
Nous nous aventurons à remonter le temps! Il y a... seize ans déjà.Je sillonnais le même paysage avec Catherine cette fois et nous venions de te laisser sur le parcours du TREC de Grandris, avec le même enthousiasme pour les chevaux qu'aujourd'hui...

Nous avons rendez-vous avec Lauris que j'ai abondamment eu au téléphone à propos du tri de bétail qui doit figurer au programme du premier festival.

Ce "come back" nous amuse puis nous entraine au fil des mots sur nos passions, du mal dont on les rend coupables, sacrifiées sur hôtel de nos peurs.

Le panneau indique "Col de la croix de l'Orme 733m". Il est temps d'abandonner la voiture pour suivre l'itinéraire fléché qui doit nous conduire chez Nicolas et l'épreuve de tri de bétail qu'il organise...

 

Le 29/06/08 à 15h15:

Où es tu?

Je suis obligé de plonger la clé dans la serrure... Tiens Marie n'est pas là! Ah... C'est vrai! je me rappelle...

Je me souviens des jours qui ont suivi notre installation il y a cinq ans... Tu es venue voir ta mère pour lui demander: "Je veux apprendre à monter... Je le veux vraiment!"

Tu venais de perdre tes amis de Monthieux pour semble-t-il t'enterrer au milieu des chevaux!

Tu venais de sortir des urgences après un accident au milieu des chevaux...

J'ai posé une seule condition: que tu fasses la discipline qui te plaira, où tu voudras, mais ailleurs que chez nous!

Aujourd'hui cinq ans après, tu as atteint tous les objectifs que tu t'étais fixés et tu prépares la fête du cheval de septembre, ailleurs que chez nous à... Monthieux!

Tu me manques un peu parce tu ne prépares pas "LA FETE DE GROBOZ Le rendez vous rock et cheval", mais tu me manques beaucoup parce chaque jour à tes cotés est un enchantement.

 

Le 15/06/08 à 05h00:

Ils annoncent des orages à la radio pour la fin de journée! juste au moment où je passe devant la grange...

Je ne suis pas en avance, mais je coupe le contact et ne peux résister au plaisir de me planter un instant au milieu des bottes, de sentir à plein poumon l'odeur du foin... avec la satisfaction du devoir accompli! Nous avons fini les foins samedi...

Cà fait cinq ans que je fais le trajet vers l'aéroport, le contraste me saisit avec la même intensité que la première fois! la rupture entre ce travail ancestral où la réussite ne dépend que des éléments naturels et l'autre travail qui m'attend, avec ses règles "normalisées" où seules semblent compter les préoccupations du moment.